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Physiologie

Le sport protège le foie, mais les chercheurs viennent peut-être de découvrir pourquoi

Par · JournalistePublié le Relu par THAI Jimmy, Rédacteur en chef
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le sport protege le foie
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
Sommaire

On savait déjà que l’activité physique pouvait réduire la graisse accumulée dans le foie. On savait aussi que les personnes ayant une meilleure capacité aérobie semblaient moins exposées à la stéatose hépatique, ce que l’on appelle aujourd’hui la MASLD, pour maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique.

Mais une question restait largement sans réponse : comment le sport agit-il réellement sur le foie ?

Une étude publiée dans Function1 apporte une réponse étonnante. Et elle ne concerne ni la perte de poids, ni directement la glycémie.

Les chercheurs ont découvert que l’un des effets protecteurs de l’exercice pourrait passer par… la bile.

L’étude en brefÉtude chez l'animal

L’exercice protège-t-il le foie en stimulant les acides biliaires ?

  • ParticipantsRats HCR/LCR et souris C57BL/6J, n=8 par groupe dans l'étude avec roue
  • Durée4 semaines pour l'exercice volontaire chez les souris
  • Publiée dansFunction

Ce qu’elle montre

L’exercice a augmenté la synthèse de plusieurs acides biliaires chez les souris. Lorsque Cyp7a1, une enzyme clé de leur synthèse, était supprimée dans le foie, l’exercice ne réduisait plus les triglycérides hépatiques.

Ses limites

Étude réalisée chez le rat et la souris. Les résultats ne démontrent pas que ce mécanisme fonctionne de façon identique chez l’être humain.

Le foie ne se contente pas de stocker les graisses

La stéatose hépatique correspond à une accumulation excessive de graisse dans le foie. Elle est souvent associée à l’obésité, à la résistance à l’insuline et aux troubles métaboliques.

Mais le foie joue également un rôle central dans le traitement du cholestérol.

Une partie de ce cholestérol peut en effet être transformée en acides biliaires, des molécules indispensables à la digestion des graisses. Ces acides biliaires sont ensuite libérés dans l’intestin, puis une partie est éliminée dans les selles.

C’est précisément cette voie que les chercheurs ont étudiée.

Et leur expérience donne un résultat particulièrement intéressant : les animaux les plus capables de faire de l’exercice fabriquent davantage d’acides biliaires et en éliminent davantage par les selles.

Autrement dit, le sport semble modifier la manière dont le foie traite le cholestérol.

Plus l’organisme est entraîné, plus le foie change son fonctionnement

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont utilisé des rats présentant naturellement une capacité d’endurance élevée ou faible.

Les deux groupes ont notamment été exposés à une alimentation riche en graisses.

Les rats présentant la meilleure capacité aérobie ont produit davantage d’acides biliaires dans le foie. Ils en ont également perdu davantage dans les selles et présentaient des concentrations plus faibles d’acides biliaires dans le sang.

Mais les chercheurs ne se sont pas arrêtés à cette comparaison.

Ils ont ensuite utilisé des souris génétiquement identiques, dont certaines avaient accès à une roue leur permettant de courir volontairement pendant plusieurs semaines.

Résultat : l’exercice a lui aussi augmenté la synthèse des acides biliaires dans le foie.

Ce point est important. Il suggère que la différence ne dépend pas uniquement d’animaux naturellement plus performants. L’activité physique elle-même peut modifier cette voie métabolique.

Vrai ou faux ?

Le sport protège le foie uniquement parce qu’il fait perdre du poids.

C’est faux.

Dans cette étude animale, la protection du foie était liée à une augmentation de la synthèse des acides biliaires. Les auteurs soulignent aussi que l’effet de l’exercice sur la stéatose peut se produire sans perte de poids.

Puis les chercheurs ont supprimé une pièce essentielle du mécanisme

C’est probablement la partie la plus intéressante de l’expérience.

Les chercheurs se sont intéressés à une enzyme appelée CYP7A1. Son rôle est central dans la fabrication des acides biliaires à partir du cholestérol.

Ils ont donc étudié des souris chez lesquelles cette enzyme pouvait être supprimée spécifiquement dans le foie.

Et là, le scénario change.

Chez les souris normales nourries avec une alimentation riche en graisses, l’exercice réduisait les triglycérides présents dans le foie.

Chez les souris privées de CYP7A1, cet effet protecteur disparaissait. Même lorsqu’elles faisaient de l’exercice, leur foie ne bénéficiait plus de la même réduction de l’accumulation de graisse.

Cela suggère quelque chose de beaucoup plus précis que « le sport est bon pour le foie ».

La fabrication des acides biliaires pourrait être l’un des mécanismes indispensables par lesquels l’exercice protège le foie contre la stéatose.

Le cholestérol prend alors un autre chemin

Pourquoi cette découverte est-elle intéressante ?

Parce qu’elle donne une nouvelle lecture du métabolisme hépatique.

Le foie ne doit pas simplement éviter d’accumuler des graisses. Il doit aussi gérer en permanence le cholestérol et différents lipides.

En stimulant la production d’acides biliaires, l’exercice pourrait favoriser la conversion du cholestérol en acides biliaires, puis leur élimination.

Les acides biliaires ne servent d’ailleurs pas uniquement à digérer les graisses. Ils participent également à des signaux métaboliques qui influencent la façon dont l’organisme utilise les sucres et les lipides.

Le sport pourrait donc agir sur le foie en profondeur, en modifiant son fonctionnement métabolique plutôt qu’en se contentant de faire disparaître quelques kilos sur la balance.

Mais il y a un détail que les gros titres pourraient facilement oublier

L’étude est spectaculaire, mais elle ne prouve pas que courir permet de prévenir la stéatose chez l’être humain grâce aux acides biliaires.

Les expériences principales ont été réalisées chez des rats et des souris.

Les chercheurs ont observé les effets de la capacité aérobie et de l’exercice sur le métabolisme des acides biliaires, puis manipulé expérimentalement CYP7A1 chez la souris. Le mécanisme est donc solidement documenté dans ces modèles animaux, mais il reste à déterminer dans quelle mesure il fonctionne de la même façon chez l’homme.

C’est justement ce qui rend le résultat intéressant plutôt que définitif.

Car derrière une observation aussi simple que « l’exercice protège le foie » pourrait se cacher une mécanique beaucoup plus complexe.

Et cette fois, le foie ne semble pas seulement brûler davantage de graisse pendant l’effort.

Il pourrait surtout apprendre à mieux s’en débarrasser.

Quiz

Testez vos connaissances

3 questions
  1. Question 1 sur 3

    Chez quels animaux cette étude a-t-elle principalement étudié le lien entre exercice, acides biliaires et graisse du foie ?

    Bonne réponse : A. L'étude a utilisé plusieurs modèles de rats et de souris. Elle ne permet donc pas de conclure directement que le même mécanisme est démontré chez l'être humain.

  2. Question 2 sur 3

    Quelle molécule enzymatique était au centre de l'expérience mécanistique ?

    Bonne réponse : A. CYP7A1 intervient dans la synthèse des acides biliaires. Sa suppression dans le foie a empêché l'exercice de réduire les triglycérides hépatiques chez les souris étudiées.

  3. Question 3 sur 3

    Combien de temps les souris ont-elles eu accès à une roue de course dans le principal protocole d'exercice ?

    Bonne réponse : A. Les souris ont eu accès à une roue de course volontaire pendant 4 semaines.

Et vous ?

Quelle activité pratiquez-vous le plus régulièrement ?

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