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Étude · Prévention

Microplastiques : cette étude révèle comment ils pourraient favoriser le foie gras

Par · JournalistePublié le Relu par THAI Jimmy, Rédacteur en chef
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Crédit photo © Docteur-Fitness.com
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Les microplastiques sont partout. Dans l’eau, les aliments et même certains organes humains. Mais leur présence dans l’organisme signifie-t-elle qu’ils peuvent perturber son fonctionnement ? Une nouvelle étude publiée dans Nature Metabolism(1) apporte un début de réponse. Chez la souris, les chercheurs ont découvert que ces particules pouvaient perturber des cellules immunitaires du foie et modifier la façon dont cet organe gère les graisses.

Le résultat est préoccupant, mais le mécanisme découvert est plus subtil qu’une simple accumulation de plastique dans les tissus.

L’étude en brefÉtude chez l'animal

Les microplastiques peuvent-ils perturber le métabolisme du foie ?

  • ParticipantsSouris, principalement des mâles jeunes ; effectifs variables selon les expériences
  • Durée12 semaines d’exposition chronique
  • Publiée dansNature Metabolism

Ce qu’elle montre

Les microplastiques de 500 nm s’accumulent principalement dans les macrophages du foie, altèrent leur fonction et aggravent l’accumulation de lipides dans un contexte d’obésité induite par l’alimentation. Les nanoplastiques de 50 nm produisent des effets métaboliques différents.

Ses limites

Étude animale, doses expérimentales élevées par rapport aux expositions humaines habituelles et résultats qui ne démontrent pas un lien causal chez l’humain.

Le foie possède un système de nettoyage que le plastique pourrait perturber

Le foie ne se contente pas de transformer les nutriments et d’éliminer certaines substances. Il abrite également des cellules immunitaires spécialisées, les macrophages, qui jouent un rôle essentiel dans la défense de l’organisme.

Parmi elles, les cellules de Kupffer surveillent le sang qui traverse le foie. Elles capturent notamment des agents pathogènes, des débris cellulaires et différentes particules étrangères. Elles participent aussi à la régulation du métabolisme.

Le problème est que ces cellules peuvent absorber les microplastiques sans parvenir à les dégrader efficacement. Les particules s’accumulent alors à l’intérieur de ces cellules, avec des conséquences possibles sur leur fonctionnement.

C’est précisément ce phénomène que l’équipe de recherche a étudié. Les scientifiques ont exposé des souris à des particules de plastique par voie orale pendant douze semaines, avant d’analyser leurs organes et leur métabolisme.

Comment le plastique pourrait favoriser l’accumulation de graisses dans le foie

Les chercheurs ont observé que les microplastiques s’accumulaient principalement dans les cellules de Kupffer. Cette accumulation s’accompagnait d’une altération de leur activité et de leur capacité à éliminer certaines cellules circulant dans le sang.

Mais la découverte la plus intéressante concerne les conséquences de cette perturbation sur les cellules voisines.

Les macrophages exposés au plastique modifiaient leur activité et les signaux qu’ils transmettaient aux hépatocytes, les principales cellules du foie. Ces dernières réagissaient en accumulant davantage de lipides dans certaines conditions expérimentales.

Autrement dit, les particules ne semblent pas uniquement agir en s’accumulant dans les tissus. Elles pourraient également perturber le dialogue entre les cellules immunitaires et les cellules qui assurent les fonctions métaboliques du foie.

Pour vérifier ce mécanisme, les scientifiques ont réalisé des expériences en laboratoire en mettant en présence des hépatocytes et des cellules de Kupffer provenant de souris exposées aux microplastiques. Les hépatocytes ont alors présenté davantage d’accumulation de gouttelettes lipidiques lorsque les macrophages provenaient de souris exposées aux microplastiques.

Cette observation renforce l’hypothèse d’un effet indirect du plastique sur le stockage des graisses hépatiques. Elle ne démontre toutefois pas que les mêmes mécanismes provoquent une maladie chez l’humain.

Toutes les particules de plastique ne produisent pas les mêmes effets

L’étude révèle également une différence importante selon la taille des particules.

Les chercheurs ont comparé des microplastiques de 500 nanomètres à des nanoplastiques de 50 nanomètres. Un nanomètre correspond à un milliardième de mètre.

Les effets observés n’étaient pas identiques. Les microplastiques étaient associés à une accumulation accrue de graisses dans le foie, notamment chez les souris soumises à un régime favorisant l’obésité. Les nanoplastiques, eux, modifiaient certains paramètres du métabolisme du glucose et de la dépense énergétique.

Ces résultats suggèrent que la taille des particules influence leur distribution dans l’organisme et leurs effets biologiques. Ils montrent aussi pourquoi il est difficile de résumer les risques des microplastiques à une seule conséquence sur la santé.

Il faut néanmoins rester prudent : les effets observés chez des animaux dans des conditions expérimentales ne permettent pas de déterminer directement les risques liés à l’exposition quotidienne des humains.

Les microplastiques sont-ils responsables de la maladie du foie gras ?

La stéatose hépatique, souvent appelée maladie du foie gras, correspond à une accumulation excessive de graisses dans le foie. Elle peut évoluer vers une inflammation, une fibrose et, dans certains cas, des lésions plus graves.

Cette maladie est associée à plusieurs facteurs, notamment les troubles métaboliques, l’obésité et le diabète de type 2. L’étude publiée dans Nature Metabolism suggère qu’une exposition aux microplastiques pourrait constituer un facteur environnemental supplémentaire à examiner.

Cependant, les chercheurs n’ont pas démontré que les microplastiques provoquaient une stéatose chez l’humain. Leur travail porte sur des souris et sur des expériences cellulaires. Il ne permet pas non plus d’établir quelle quantité de plastique ingérée serait nécessaire pour produire de tels effets chez une personne.

La véritable découverte n’est donc pas que le plastique provoque le foie gras chez l’humain, mais qu’il pourrait perturber un mécanisme immunitaire impliqué dans la régulation des graisses du foie. C’est une piste scientifique importante qui devra être confirmée par des études complémentaires, notamment chez l’humain.

Vrai ou faux ?

Cette étude prouve que les microplastiques provoquent le foie gras chez l’humain.

C’est faux.

Les résultats proviennent d’expériences sur des souris et de travaux sur des cellules. Ils suggèrent un mécanisme biologique possible, mais ne démontrent pas que les microplastiques provoquent une stéatose hépatique chez l’humain.

Quiz

Avez-vous bien compris l’étude ?

3 questions
  1. Question 1 sur 3

    Quelles cellules du foie accumulent principalement les particules étudiées ?

    Bonne réponse : B. Les cellules de Kupffer sont des macrophages résidents du foie qui capturent notamment les particules étrangères.

  2. Question 2 sur 3

    Combien de temps durait le protocole principal d’exposition chronique ?

    Bonne réponse : C. Les souris ont reçu les particules par voie orale une fois par semaine pendant 12 semaines dans le protocole chronique principal.

  3. Question 3 sur 3

    Que démontre cette étude concernant l’humain ?

    Bonne réponse : C. Les résultats proviennent principalement d’expériences animales. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour déterminer leur portée chez l’humain.

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