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Étude · Guide aliments

Ce n’est pas le lycopène : le vrai atout santé caché dans la tomate

Par · Diététicienne nutritionnistePublié le
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ce nest pas le lycopene le vrai atout sante cache dans la tomate
Crédit photo © Docteur-Fitness.com
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Le lycopène, tout le monde connait. C’est LE composé star de la tomate. Celui que les magazines de santé citent à longueur d’articles. Celui qu’on retrouve sur les étiquettes de compléments alimentaires avec la mention “antioxydant puissant”.

Sauf que voilà : une équipe de chercheurs américains vient de montrer qu’un autre composé de la tomate, bien moins connu et totalement invisible à l’oeil nu, serait plus efficace pour protéger l’un de nos organes les plus importants.

Et celui-là, quasiment personne n’en parle.

L’étude en brefÉtude chez l'animal

La phytoène peut-elle protéger le foie contre la stéatose métabolique ?

  • ParticipantsSouris, n = 8 à 13 par groupe
  • Durée24 semaines
  • Publiée dansMolecular Nutrition & Food Research

Ce qu’elle montre

La 15-cis-phytoène a atténué la MASLD induite par un régime riche en glucides raffinés chez les souris sauvages.

Ses limites

Étude menée chez la souris. L’effet protecteur n’a pas été retrouvé chez les souris dépourvues de BCO1 et BCO2.

Un problème de santé massif et sous-estimé

Avant de révéler de quel composé il s’agit, il faut comprendre pourquoi cette découverte est importante.

La stéatose hépatique, c’est le nom médical du “foie gras humain”. Rien à voir avec le canard : il s’agit d’une accumulation anormale de graisses dans le foie. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, elle touche aussi des personnes qui ne boivent pas d’alcool. C’est pour ça qu’on parle de “maladie du foie gras non alcoolique”.

Les chiffres donnent le vertige :

  • 38% des adultes américains sont touchés ;
  • Ce chiffre monte à 75% chez les personnes obèses ou diabétiques ;
  • Environ 100 millions d’adultes sont concernés rien qu’aux États-Unis.

Et le pire dans tout ça : il n’existe pas de traitement médicamenteux vraiment efficace. La prévention par l’alimentation reste aujourd’hui la piste la plus sérieuse.

C’est justement là que la tomate entre en jeu. Mais pas par le chemin qu’on imagine.

Une étude de six mois avec un composé inattendu

L’équipe de la Friedman School of Nutrition Science and Policy de l’Université de Tufts (rattachée au Jean Mayer USDA Human Nutrition Research Center on Aging) a mené une étude sur six mois(1).

Le principe : des souris nourries avec un régime riche en glucides raffinés, exactement le type d’alimentation qui favorise la maladie du foie gras. La moitié des souris a reçu en parallèle un composé issu de la tomate. L’autre moitié servait de groupe témoin, sans supplément.

La dose ? L’équivalent humain de trois à quatre tomates crues de taille moyenne, ou environ 100 grammes de pâte de tomate par jour.

Le résultat : les souris qui ont reçu le composé ont développé nettement moins de stéatose hépatique que les autres.

Jusque-là, on pourrait penser au lycopène. Sauf que ce n’est pas du lycopène que les chercheurs leur ont donné.

La phytoène : le composé invisible que tout le monde ignorait

Le composé en question s’appelle la phytoène. C’est un caroténoïde (une molécule de la même famille que le bêta-carotène, celui qui donne leur couleur orange aux carottes). Sauf que la phytoène est totalement incolore.

Pourquoi incolore ? Parce que c’est un précurseur du lycopène. En clair : la tomate fabrique d’abord la phytoène, puis la transforme progressivement en lycopène au fil de sa maturation. La phytoène, c’est en quelque sorte la version “brute” du lycopène, avant qu’il ne devienne rouge.

Et c’est précisément parce qu’elle n’a pas de couleur que la recherche l’a longtemps mise de côté. Pas de couleur, pas d’intérêt, pas d’études.

Sauf que Na Youn Lee, doctorante à Tufts et première auteure de l’étude, apporte une information qui change la donne : “La phytoène est en réalité plus facilement absorbée par l’organisme” que le lycopène purifié.

Le corps absorbe donc mieux ce composé invisible que la star rouge des tomates. Difficile à croire, et pourtant…

Comment la phytoène protège le foie

La phytoène agit en activant plusieurs protéines clés qui régulent le métabolisme hépatique. En termes simples : ces protéines aident le foie à brûler l’excès de graisse au lieu de la stocker.

Mais un détail important : ce n’est pas la phytoène en elle-même qui fait le travail. Ce sont ses métabolites, c’est-à-dire les substances que le corps produit quand il décompose la phytoène.

La preuve : les chercheurs ont aussi testé des souris génétiquement modifiées, dépourvues des enzymes nécessaires pour décomposer la phytoène. Ces souris accumulaient bien la phytoène dans leur organisme, mais elles n’étaient pas protégées contre le foie gras.

Ce qui signifie que c’est la transformation de la phytoène par le corps qui produit l’effet protecteur, pas la molécule telle quelle.

Vrai ou faux ?

La phytoène protège le foie même lorsqu’elle ne peut pas être métabolisée.

C’est faux.

Faux. Chez les souris dépourvues des enzymes BCO1 et BCO2 nécessaires à son métabolisme, la phytoène s’accumulait mais ne protégeait pas contre la MASLD.

Une différence entre mâles et femelles

L’étude a aussi révélé que les femelles accumulaient davantage de phytoène dans le foie que les mâles. En revanche, aucun effet n’a été observé sur le microbiome intestinal (la flore intestinale, c’est-à-dire l’ensemble des bactéries qui vivent dans les intestins).

Où trouver de la phytoène

La bonne nouvelle, c’est que la phytoène ne se limite pas aux tomates. Comme le précise Xiang-Dong Wang, scientifique principal de l’étude : “La phytoène est non seulement abondante dans les tomates jaunes, orange et rouges, mais elle existe aussi dans de nombreux fruits et légumes courants.”

Les principales sources alimentaires :

  • Les tomates (jaunes, orange et rouges) ;
  • Les carottes ;
  • Les poivrons rouges ;
  • Le pamplemousse rose ;
  • La pastèque ;
  • Les abricots.
Quiz

Testez vos connaissances sur la phytoène

3 questions
  1. Question 1 sur 3

    Quel composé de la tomate est au cœur de cette étude ?

    Bonne réponse : B. La phytoène est un précurseur incolore du lycopène et le composé étudié dans ce travail.

  2. Question 2 sur 3

    Sur quel modèle l’effet protecteur a-t-il été observé ?

    Bonne réponse : B. L’étude a été menée chez des souris. Il n’est donc pas possible de conclure que le même effet existe chez l’humain.

  3. Question 3 sur 3

    Que s’est-il passé chez les souris incapables de métaboliser correctement la phytoène ?

    Bonne réponse : B. La protection n’a pas été retrouvée chez les souris dépourvues de BCO1 et BCO2, ce qui suggère un rôle des métabolites de la phytoène.

Ce qu’il faut retenir

Cette étude ne dit pas que le lycopène est inutile. Elle montre simplement qu’un autre composé de la tomate, longtemps ignoré parce qu’il est invisible, pourrait jouer un rôle clé dans la protection du foie contre l’accumulation de graisses.

La dose utilisée dans l’étude reste accessible : l’équivalent de 3 à 4 tomates crues par jour ou 100 g de pâte de tomate. Et la phytoène se retrouve dans des fruits et légumes que beaucoup de gens consomment déjà au quotidien.

Un point essentiel à garder en tête : il s’agit pour l’instant d’une étude menée sur des souris. Les résultats devront être confirmés chez l’humain avant d’en tirer des conclusions définitives.

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