Ce qui se passe dans le corps
Le cholestérol est indispensable. Il entre dans la composition de nos cellules et sert à fabriquer certaines hormones et la vitamine D. Le foie en produit la plus grande partie. Pour circuler dans le sang, il voyage à bord de transporteurs, les lipoprotéines.
Les lipoprotéines de basse densité, ou LDL, apportent le cholestérol aux tissus. En excès, elles s’infiltrent dans la paroi des artères et participent à la formation de plaques : c’est l’athérosclérose. Les recommandations européennes de cardiologie considèrent le LDL-cholestérol comme une cause de ces maladies, pas seulement comme un marqueur. Plus il est élevé, et longtemps, plus le risque d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral augmente.
Le HDL, souvent appelé « bon cholestérol », rapporte une partie du cholestérol vers le foie. Mais faire monter le HDL avec des médicaments n’a pas montré de bénéfice. L’objectif principal reste le LDL. Un taux élevé ne donne en général aucun symptôme : seule une prise de sang permet de le repérer.
Les causes les plus fréquentes
- Une alimentation riche en graisses saturées et en acides gras trans ;
- La génétique, en particulier l’hypercholestérolémie familiale, qui élève fortement le LDL dès l’enfance ;
- Le surpoids et la sédentarité ;
- Une hypothyroïdie, certaines maladies des reins ou du foie ;
- Certains médicaments, comme les corticoïdes ;
- La ménopause, qui s’accompagne souvent d’une hausse du LDL.
Ce qui aide, selon les études
Changer de graisses
L’OMS recommande de limiter les graisses saturées à 10 % des apports caloriques au plus, et de les remplacer par des graisses insaturées d’origine végétale ou par des glucides issus d’aliments riches en fibres : céréales complètes, légumes, fruits, légumineuses. Les graisses saturées se trouvent surtout dans les viandes grasses, le beurre, les produits laitiers gras, le saindoux, l’huile de palme et l’huile de coco. Les huiles de colza et d’olive, les noix et les graines apportent au contraire des graisses insaturées.
Avoine et orge
Une méta-analyse de 58 essais, publiée dans le British Journal of Nutrition, montre que les bêta-glucanes de l’avoine, une fibre soluble, abaissent le LDL-cholestérol. L’effet est modeste mais régulier. Ces fibres se trouvent dans les flocons et le son d’avoine, ainsi que dans l’orge.
Les médicaments selon le risque global
Selon les recommandations européennes de cardiologie, publiées dans l’European Heart Journal, le traitement ne se décide pas sur le seul taux de cholestérol. Le médecin estime le risque cardiovasculaire global : âge, sexe, tabac, tension, diabète, maladie rénale, antécédents personnels et familiaux. Plus ce risque est élevé, plus l’objectif de LDL est bas. Les statines sont le médicament de première intention, et d’autres traitements peuvent s’y ajouter.
Levure de riz rouge et compléments
La levure de riz rouge contient de la monacoline K, une molécule identique à une statine, la lovastatine. L’EFSA, l’autorité européenne de sécurité des aliments, n’a pas pu définir de quantité sans risque : des effets indésirables musculaires et hépatiques ont été rapportés, comme avec le médicament. En prendre revient à prendre une statine sans suivi médical.
Plus largement, la mise à jour des recommandations européennes de cardiologie ne recommande pas les compléments alimentaires ou vitamines dont la sécurité et l’effet sur le LDL ne sont pas documentés pour réduire le risque cardiovasculaire.
Ce que propose la médecine chinoise
La médecine chinoise, présentée ici comme une tradition, ne connaît pas le cholestérol, qui est une mesure de laboratoire moderne. Elle décrit plutôt des terrains : les Mucosités-Humidité, attribuées à une alimentation trop riche et à un Vide de Qi de la Rate, et la Stase de Sang, une circulation jugée ralentie.
Les ouvrages de pharmacopée mentionnent le fruit d’aubépine chinoise (shan zha), traditionnellement utilisé contre la « stagnation alimentaire », la graine de casse (jue ming zi) et la racine de sauge rouge (dan shen). Ces plantes restent peu étudiées sur le cholestérol. La sauge rouge peut interagir avec les anticoagulants : jamais sans avis médical.
Quand consulter
Un bilan lipidique se discute avec votre médecin, surtout en cas d’antécédents familiaux, de diabète, d’hypertension ou de tabagisme. Consultez rapidement en cas de dépôts jaunâtres sur les paupières ou les tendons, ou d’infarctus précoce dans la famille. Appelez le 15 sans attendre en cas de douleur ou d’oppression dans la poitrine, d’essoufflement brutal, de faiblesse d’un côté du corps, de difficulté à parler ou de déformation du visage.
À retenir
- Le LDL-cholestérol est une cause de l’athérosclérose, pas un simple marqueur ;
- Remplacer les graisses saturées par des graisses insaturées le fait baisser ;
- Avoine et orge apportent des fibres qui l’abaissent modestement ;
- Le traitement se décide selon le risque cardiovasculaire global ;
- La levure de riz rouge agit comme une statine, avec les mêmes risques.
