Ce que mesure l’analyse
La glycémie est la concentration de glucose, le principal sucre de l’organisme, dans le sang. À jeun, elle reflète surtout l’équilibre entre le glucose libéré par le foie et l’action de l’insuline, l’hormone du pancréas qui fait entrer le glucose dans les cellules et freine sa production par le foie. Quand l’insuline manque ou agit mal, la glycémie à jeun monte.
C’est l’examen de base du dépistage et du diagnostic du diabète en France. La HAS (2024) définit le diabète de type 2 par une glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/L (7,0 mmol/L) à deux reprises, par une glycémie d’au moins 2 g/L avec des symptômes, ou par une glycémie d’au moins 2 g/L deux heures après la prise de 75 g de glucose.
Comment se passe le prélèvement
La prise de sang se fait le matin, à jeun. L’American Diabetes Association (ADA) définit le jeûne comme l’absence d’apport calorique depuis au moins huit heures ; l’eau est autorisée.
La glycémie de référence se mesure sur plasma veineux, rappelle l’OMS (2006). Les lecteurs de glycémie au doigt servent à la surveillance, pas au diagnostic. Le délai compte aussi : dans le tube, les globules rouges continuent de consommer du glucose. L’IADPSG (2010) insiste sur un prélèvement et un traitement rapides pour limiter cette baisse artificielle.
Évitez un entraînement très intense juste avant la prise de sang : il peut élever transitoirement la glycémie.
Comment lire le résultat
En France, les résultats sont rendus en g/L, souvent avec l’équivalent en mmol/L. Selon l’OMS (2006) :
- moins de 1,10 g/L (6,1 mmol/L) : glycémie à jeun normale ;
- de 1,10 à 1,25 g/L : hyperglycémie modérée à jeun, un état intermédiaire souvent appelé prédiabète ;
- 1,26 g/L (7,0 mmol/L) ou plus : seuil du diabète, à confirmer sur un second prélèvement.
Les seuils ne sont pas tout à fait universels. L’ADA place le prédiabète dès 1,00 g/L (100 mg/dL). L’OMS a choisi de garder 1,10 g/L, faute de preuve qu’un seuil plus bas réduise les complications ou le passage au diabète, et pour ne pas augmenter fortement le nombre de personnes classées en prédiabète.
Pendant la grossesse, les seuils sont plus bas. Selon l’IADPSG (Diabetes Care, 2010), une glycémie à jeun d’au moins 0,92 g/L (5,1 mmol/L) définit un diabète gestationnel, et d’au moins 1,26 g/L un diabète avéré.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé : la glycémie à jeun est un critère de diagnostic reconnu par l’OMS, l’ADA et la HAS. Sa principale limite est sa variabilité : c’est une photographie d’un instant, sensible au jeûne, au stress, à l’effort et aux conditions de prélèvement. D’où la règle de confirmation sur deux prélèvements.
Le seuil du diabète en grossesse vient de l’étude HAPO, menée chez environ 25 000 femmes. L’IADPSG y a observé un lien continu entre la glycémie maternelle et les complications, comme un poids de naissance élevé. Les seuils retenus correspondent au niveau où la probabilité de ces complications atteint 1,75 fois celle observée à la glycémie moyenne.
Chez le sportif, l’effort intense a un effet propre. Marliss et Vranic (Diabetes, 2002) expliquent qu’au-delà d’environ 80 % de la capacité aérobie maximale, la production de glucose par le foie est multipliée par sept à huit, plus que son utilisation par les muscles : la glycémie monte, sous l’effet des catécholamines, les hormones du stress.
Les analyses à associer
- Hémoglobine glyquée : la glycémie moyenne des derniers mois.
- Insuline à jeun : l’effort fourni par le pancréas.
- Hyperglycémie provoquée par voie orale : quand le résultat est limite.
- Triglycérides : un autre marqueur du syndrome métabolique.
À retenir
- La glycémie à jeun se mesure après au moins huit heures sans apport calorique.
- Selon l’OMS, elle est normale sous 1,10 g/L ; le seuil du diabète est de 1,26 g/L.
- Un diabète se confirme sur deux prélèvements.
- Pendant la grossesse, une glycémie à jeun de 0,92 g/L ou plus définit un diabète gestationnel.
- Un effort très intense juste avant peut faire monter la glycémie.