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SangGlycémie et insulinePreuve courante

Indice HOMA-IR

Aussi appelée HOMA · HOMA-IR · Modèle HOMA · Index d'insulinorésistance

Les repères

  • Sous le seuil associé au syndrome métabolique (étude EPIRCE) moins de 2,05 sans unité (calcul)
  • Au-delà du seuil associé au syndrome métabolique (EPIRCE) 2,05 à 3,46 sans unité (calcul)
  • Au-delà du 90e percentile de la population espagnole (EPIRCE plus de 3,46 sans unité (calcul)

Source : Gayoso-Diz P et al., BMC Endocr Disord 2013 (étude EPIRCE, adultes espagnols). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'indice HOMA-IR estime la résistance à l'insuline à partir de la glycémie et de l'insuline à jeun. Simple à calculer, il est très utilisé, mais aucun seuil ne fait consensus.

Pourquoi on la demande

  • Estimer la résistance à l'insuline à partir d'une seule prise de sang à jeun.
  • Compléter le bilan d'un surpoids ou d'un syndrome métabolique, en sachant que les seuils ne font pas consensus.
  • Comparer des groupes de personnes dans des études, l'usage pour lequel la méthode est la mieux validée.

Ce qui peut la fausser

  • Insuline et glycémie doivent provenir du même prélèvement, à jeun.
  • Technique de dosage de l'insuline : elle change la valeur de l'indice et les seuils proposés.
  • Faible précision : coefficient de variation d'environ 31 % pour la résistance à l'insuline dans l'étude d'origine.
  • Traitement par insuline : l'insuline injectée est dosée, l'indice n'a alors plus de sens.
  • Tous les pièges de l'insuline : hémolyse, biotine, effort intense juste avant.

Causes d’une valeur haute

  • Résistance à l'insuline
  • Surpoids abdominal, syndrome métabolique
  • Erreur préanalytique (prélèvement non à jeun)

Prise de sangBilans métaboliques ; études de cohorte ; certains bilans de médecine fonctionnelle.

sans unité (calcul)Preuve courante4 sources

Ce que mesure l’analyse

Cet indice se calcule à partir du sucre et de l'insuline mesurés à jeun. Il estime à quel point votre organisme résiste à l'action de l'insuline, mais son interprétation individuelle reste imprécise.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

L’indice HOMA-IR (homeostasis model assessment of insulin resistance) n’est pas un dosage mais un calcul. Il estime la résistance à l’insuline, c’est-à-dire la difficulté des tissus à répondre à cette hormone, à partir de deux valeurs mesurées à jeun : la glycémie et l’insuline.

Le principe a été décrit par Matthews et ses collègues (Diabetologia, 1985). À jeun, glycémie et insuline s’équilibrent par une boucle de rétroaction : si les tissus résistent à l’insuline, le pancréas en sécrète davantage pour garder une glycémie normale. Le modèle compare les valeurs d’une personne à celles qu’il prédit pour différents degrés de résistance et de défaillance du pancréas.

Comment se passe le prélèvement

Il faut une seule prise de sang, à jeun, sur laquelle on dose la glycémie et l’insuline. Toutes les précautions de l’insuline s’appliquent : jeûne, absence d’hémolyse, arrêt de la biotine, pas d’effort intense juste avant.

La formule la plus utilisée, reprise par exemple par Gayoso-Diz et ses collègues (BMC Endocrine Disorders, 2013), est : insuline à jeun (µUI/mL) × glycémie à jeun (mmol/L) ÷ 22,5. Par exemple, une insuline de 10 µUI/mL et une glycémie de 5 mmol/L (0,90 g/L) donnent un indice d’environ 2,2. Pour convertir une glycémie en g/L, multipliez-la par 5,55 environ.

Comment lire le résultat

Plus l’indice est élevé, plus la résistance à l’insuline estimée est forte. Mais il n’existe aucun seuil consensuel. Gayoso-Diz et ses collègues ont recensé des seuils publiés allant d’environ 1,5 à 3,8 selon les pays et les méthodes, le plus souvent fondés sur un percentile de la population.

Dans leur propre étude, EPIRCE, menée chez 2 459 adultes espagnols, le seuil passait de 3,46 avec le critère du 90e percentile à 2,05 quand on cherchait à repérer les personnes atteintes d’un syndrome métabolique. Les seuils variaient aussi selon le sexe et, chez les femmes, selon l’âge : au-delà de 70 ans, l’indice ne permettait plus de distinguer les femmes à risque. La valeur moyenne de l’indice passait de 1,7 sans aucun critère de syndrome métabolique à 5,3 avec les cinq critères. Ces chiffres ne valent que pour cette population et sa technique de dosage de l’insuline.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est intermédiaire. L’indice est validé face aux méthodes de référence : dans l’étude d’origine, il était bien corrélé au clamp euglycémique, la mesure de référence de la sensibilité à l’insuline. Mais Matthews et ses collègues notaient déjà une faible précision, avec un coefficient de variation d’environ 31 %.

Wallace, Levy et Matthews (Diabetes Care, 2004), dont l’un des concepteurs du modèle, en précisent le bon usage : il est adapté aux études de cohorte et épidémiologiques, à condition que les dosages soient fiables et interprétés avec prudence. Ils mettent en garde contre certains usages inappropriés. Jones et Hattersley (2013) ajoutent qu’il n’a pas de sens chez une personne traitée par insuline, car l’insuline injectée est dosée.

En pratique, un HOMA-IR isolé donne une tendance, pas un diagnostic, et se discute avec le médecin à la lumière du reste du bilan.

Les analyses à associer

  • Glycémie à jeun et insuline à jeun : les deux composantes du calcul.
  • Rapport triglycérides sur HDL : un autre marqueur de la résistance à l’insuline.
  • Hémoglobine glyquée : l’équilibre glycémique sur plusieurs mois.

À retenir

  • Le HOMA-IR se calcule : insuline (µUI/mL) × glycémie (mmol/L) ÷ 22,5.
  • Il estime la résistance à l’insuline à partir d’une seule prise de sang à jeun.
  • Aucun seuil ne fait consensus ; dans l’étude EPIRCE, 2,05 était associé au syndrome métabolique.
  • Sa précision individuelle est limitée.
  • Il n’a pas de sens sous insuline.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Dans l'étude espagnole EPIRCE, quel seuil d'HOMA-IR était associé au syndrome métabolique ?

  2. 02Existe-t-il un seuil d'HOMA-IR reconnu par tous ?

  3. 03L'indice HOMA-IR a-t-il un sens chez une personne traitée par insuline ?

  4. 04Pour quel usage le modèle HOMA est-il le mieux adapté ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Matthews DR, Hosker JP, Rudenski AS, et al. Homeostasis model assessment: insulin resistance and beta-cell function from fasting plasma glucose and insulin concentrations in man. Diabetologia. 1985;28(7):412-419. PMID 3899825.
  2. 2Wallace TM, Levy JC, Matthews DR. Use and abuse of HOMA modeling. Diabetes Care. 2004;27(6):1487-1495. PMID 15161807.
  3. 3Gayoso-Diz P, Otero-González A, Rodriguez-Alvarez MX, et al. Insulin resistance (HOMA-IR) cut-off values and the metabolic syndrome in a general adult population: effect of gender and age: EPIRCE cross-sectional study. BMC Endocr Disord. 2013;13:47. PMID 24131857.
  4. 4Jones AG, Hattersley AT. The clinical utility of C-peptide measurement in the care of patients with diabetes. Diabet Med. 2013;30(7):803-817. PMID 23413806.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.