Ce que mesure l’analyse
L’insuline est une hormone produite par les cellules bêta du pancréas. Elle fait entrer le glucose dans les muscles et le tissu graisseux et freine la production de glucose par le foie. À jeun, son taux reflète l’effort que doit fournir le pancréas pour maintenir une glycémie normale.
Quand les tissus répondent mal à l’insuline, on parle de résistance à l’insuline. Selon Mayo Clinic Laboratories, le diabète de type 2 se caractérise par cette résistance : au début, l’insuline est normale ou élevée, puis elle baisse quand la sécrétion s’épuise.
L’insuline mesurée dans le sang ne reflète qu’imparfaitement ce que sécrète le pancréas. Jones et Hattersley (Diabetic Medicine, 2013) rappellent qu’environ la moitié de l’insuline est retenue par le foie dès son premier passage, de façon variable d’une personne à l’autre. C’est pourquoi le peptide C est souvent préféré pour évaluer la sécrétion.
Comment se passe le prélèvement
La prise de sang se fait à jeun ; Mayo exige huit heures de jeûne. Plusieurs précautions comptent :
- pas de complément contenant de la biotine (vitamine B8) dans les douze heures précédentes, car elle perturbe certaines techniques ;
- pas d’hémolyse : les globules rouges abîmés libèrent des enzymes qui dégradent l’insuline ;
- une centrifugation rapide, dans les deux heures selon Mayo ;
- pas d’entraînement intense juste avant.
Signalez un traitement par insuline : la technique de Mayo dose l’insuline humaine recombinante, mais ne reconnaît pas les autres analogues injectables courants. Les personnes qui ont des anticorps anti-insuline peuvent avoir des résultats inexacts ; Mayo propose alors une autre technique.
Comment lire le résultat
L’insuline s’exprime en µUI/mL, ou mUI/L, ce qui revient au même. Mayo donne un facteur de conversion : multipliez par 6,945 pour obtenir des pmol/L. L’intervalle de référence à jeun de Mayo Clinic Laboratories (technique ECLIA) va de 2,6 à 24,9 µUI/mL. Chaque laboratoire a le sien.
Une insuline ne se lit jamais seule. Une insuline élevée avec une glycémie normale suggère que le pancréas compense une résistance à l’insuline. En cas d’hypoglycémie, la lecture change : selon Mayo, une insuline élevée, avec un peptide C et une proinsuline élevés, pendant un jeûne prolongé où la glycémie descend sous 0,40 g/L, évoque un insulinome. Une insuline élevée avec un peptide C effondré évoque au contraire de l’insuline injectée. Cette exploration se fait dans un cadre spécialisé.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est intermédiaire. L’insuline à jeun est utile pour explorer une hypoglycémie et pour calculer des indices de résistance à l’insuline, mais elle n’est pas un critère de diagnostic du diabète. Il n’existe pas de seuil consensuel de « résistance à l’insuline » fondé sur l’insuline seule : les intervalles de référence décrivent une population, pas un risque.
Chez le sportif, le moment du prélèvement compte. Marliss et Vranic (Diabetes, 2002) expliquent que l’effort modéré freine la sécrétion d’insuline, alors qu’à l’épuisement d’un effort très intense, l’insuline monte fortement pendant 40 à 60 minutes pour ramener la glycémie à la normale. Un dosage fait dans cette fenêtre n’a pas de sens comme valeur de base.
Les analyses à associer
- Glycémie à jeun : indispensable pour lire l’insuline.
- Peptide C : la sécrétion réelle du pancréas.
- Indice HOMA-IR : l’estimation de la résistance à l’insuline.
- Proinsuline : dans l’exploration d’un insulinome.
À retenir
- L’insuline à jeun reflète l’effort du pancréas pour maintenir la glycémie.
- Elle se lit toujours avec la glycémie du même prélèvement.
- Chez Mayo, l’intervalle de référence à jeun va de 2,6 à 24,9 µUI/mL.
- Hémolyse, biotine et effort intense récent faussent le résultat.
- Pour mesurer la sécrétion du pancréas, le peptide C est souvent plus fiable.