Ce que mesure l’analyse
L’hémoglobine est la protéine des globules rouges qui transporte l’oxygène. Le glucose du sang s’y fixe spontanément, sans enzyme : c’est la glycation. Plus la glycémie est élevée longtemps, plus la part d’hémoglobine glyquée augmente. L’HbA1c est la forme glyquée la plus étudiée.
Comme un globule rouge vit quelques mois, l’HbA1c reflète la glycémie moyenne des deux à trois derniers mois, selon l’American Diabetes Association (ADA). Little (ADLM, 2024) rappelle qu’elle dépend à la fois de la glycémie et de la durée de vie des globules rouges : c’est la clé de ses pièges.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang classique, sans jeûne. Elle peut se faire à n’importe quel moment de la journée. La HAS (2024) propose de réévaluer le traitement d’un diabète tous les trois à six mois, ce qui rythme souvent la fréquence des dosages.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en pourcentage, et, dans certains pays européens, en mmol/mol, une unité du système international ; Little précise que les deux systèmes sont reliés par une équation de conversion. Les repères dépendent de la situation.
Sans diabète connu, selon l’ADA :
- moins de 5,7 % : normal ;
- 5,7 à 6,4 % : prédiabète ;
- 6,5 % ou plus : seuil du diabète, en général à confirmer.
Chez une personne diabétique de type 2, la HAS (2013) recommande pour la plupart des patients une HbA1c d’au plus 7 % ; au-delà, le traitement doit être instauré ou réévalué. Cet objectif est individualisé et peut évoluer avec le temps ; la HAS l’a maintenu dans ses recommandations de 2024.
Le résultat peut être faussé. Little cite les situations qui modifient la durée de vie des globules rouges, comme les anémies hémolytiques, la carence en fer ou la drépanocytose, et les variants de l’hémoglobine (S, C, D, E), dont l’interférence dépend de la technique. L’OMS (2011) ajoute certaines anémies et les situations de renouvellement accéléré des globules rouges, comme le paludisme.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est élevé pour le suivi du diabète. Pour le diagnostic, les positions diffèrent. L’OMS (2011) accepte une HbA1c de 6,5 % ou plus comme critère de diagnostic, à condition d’un contrôle de qualité strict et d’un dosage standardisé, en l’absence de situation qui fausse la mesure. Elle précise qu’une valeur sous 6,5 % n’exclut pas un diabète et juge les preuves insuffisantes pour interpréter les valeurs plus basses ; la zone de 5,7 à 6,4 % est une proposition de l’ADA. En France, la HAS (2024) définit toujours le diabète par la glycémie, pas par l’HbA1c.
Pendant la grossesse, l’IADPSG (2010) retient aussi une HbA1c d’au moins 6,5 %, mesurée avec une technique standardisée, pour repérer un diabète avéré méconnu, tout en rappelant que les variants de l’hémoglobine sont fréquents dans certaines populations. La fiabilité du dosage s’est beaucoup améliorée. Little rappelle que deux réseaux, le NGSP américain et l’IFCC international, encadrent la standardisation : le premier fixe des limites de performance fondées sur les besoins cliniques, le second relie les fabricants à une référence de très haut niveau. Certaines techniques détectent les variants de l’hémoglobine, d’autres non.
Les analyses à associer
- Glycémie à jeun : le critère de diagnostic retenu par la HAS.
- Fructosamine : une alternative quand l’HbA1c n’est pas fiable.
- Hémoglobine et électrophorèse de l’hémoglobine : pour repérer une anémie ou un variant.
À retenir
- L’HbA1c reflète la glycémie moyenne des deux à trois derniers mois, sans jeûne.
- Selon l’ADA, elle est normale sous 5,7 % ; le seuil du diabète est de 6,5 %.
- Chez la plupart des personnes diabétiques de type 2, la HAS vise 7 % ou moins.
- Anémies, carence en fer et variants de l’hémoglobine peuvent la fausser.
- En France, le diagnostic du diabète repose sur la glycémie.