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SangLipides et risque cardiovasculairePreuve validée

Lipoprotéine (a)

Aussi appelée Lp(a) · Lp petit a · Lipoprotéine a

Les repères

  • Risque exclu (moins de 30 mg/dL, soit moins de 75 nmol/L) moins de 0,3 g/L
  • Zone grise (75 à 125 nmol/L) 0,3 à 0,5 g/L
  • Risque augmenté (plus de 125 nmol/L) 0,5 à 1,8 g/L
  • Risque proche d'une hypercholestérolémie familiale (430 nmol plus de 1,8 g/L

Source : Consensus EAS sur la Lp(a) (Kronenberg et al., European Heart Journal 2022) ; Recommandations ESC/EAS 2019 sur les dyslipidémies (Mach et al., European Heart Journal 2020). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

La lipoprotéine (a) est une LDL modifiée, dont le taux dépend presque entièrement des gènes. Une mesure suffit le plus souvent pour savoir si elle alourdit votre risque d'infarctus, d'accident vasculaire cérébral ou de rétrécissement aortique.

Pourquoi on la demande

  • Mesurer au moins une fois à l'âge adulte ce facteur de risque génétique, comme le recommandent les sociétés européennes et américaines.
  • Explorer un infarctus ou un accident vasculaire cérébral précoce, personnel ou familial, sans explication évidente.
  • Affiner le risque d'une personne proche d'un seuil de décision thérapeutique.
  • Dépister les apparentés d'une personne dont la Lp(a) est élevée.
  • Explorer un rétrécissement calcifié de la valve aortique.
  • Comprendre un LDL-c qui baisse moins que prévu sous traitement.

Ce qui peut la fausser

  • Unité et méthode : mg/dL, g/L et nmol/L ne se convertissent pas de façon exacte ; comparez dans le même laboratoire.
  • Taille variable de l'apolipoprotéine (a) : selon la trousse, le résultat peut être sous-estimé ou surestimé.
  • Inflammation aiguë : légère hausse possible.
  • Maladie rénale chronique, syndrome néphrotique : hausse.
  • Ménopause : hausse possible ; une seconde mesure peut se discuter.
  • Grossesse : hausse passagère.
  • Repas : aucun effet, le jeûne est inutile.

Causes d’une valeur haute

  • Héritage génétique (gène LPA), de loin la cause la plus fréquente
  • Maladie rénale chronique, syndrome néphrotique
  • Ménopause, hypothyroïdie
  • Inflammation
  • Grossesse

Causes d’une valeur basse

  • Profil génétique, souvent lié à une grande taille de l'apolipoprotéine (a)
  • Insuffisance hépatique, cirrhose
  • Hyperthyroïdie
  • Alcoolisme chronique
  • Certains traitements : anti-PCSK9 (baisse modérée) ; stéroïdes anabolisants

Prise de sangÀ doser au moins une fois à l'âge adulte, souvent avec le premier bilan lipidique ; bilan d'un accident cardiovasculaire précoce ; dépistage familial.

g/LPreuve validée14 sources

Profil sportif

La Lp(a) dépend surtout des gènes : l'entraînement, le régime et la perte de poids la modifient peu. Les stéroïdes anabolisants l'abaissent, mais dégradent fortement le reste du profil lipidique (British Journal of Sports Medicine) : ce n'est en rien un bénéfice.

Ce que mesure l’analyse

La Lp(a) ressemble à une LDL à laquelle s'accroche une protéine supplémentaire, l'apolipoprotéine (a). Son taux est fixé surtout par l'hérédité et change peu au cours de la vie : une mesure unique renseigne pour longtemps.

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À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Prenez une LDL ordinaire. Accrochez-y, par un pont chimique, une grande protéine en forme de chaîne : l’apolipoprotéine (a). Vous obtenez la lipoprotéine (a), ou Lp(a).

Cette protéine dérive du gène du plasminogène, une molécule qui dissout les caillots, et lui ressemble. La Lp(a) cumule donc plusieurs défauts. Elle dépose du cholestérol dans la paroi des artères, comme une LDL. Elle transporte aussi des phospholipides oxydés, qui entretiennent l’inflammation de la paroi et la calcification de la valve aortique.

Son taux est fixé par le gène LPA. Selon le consensus de la Société européenne d’athérosclérose (EAS), publié dans l’European Heart Journal, plus de 90 % de la concentration dépend de la génétique. Elle s’étend de moins de 0,1 mg/dL à plus de 300 mg/dL selon les personnes.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang veineuse, sans jeûne : le consensus EAS/EFLM, publié dans la même revue, ne relève aucun effet du repas. Chez une même personne, le taux varie de moins de 10 % au fil du temps. Une seule mesure suffit donc le plus souvent.

Quelques situations la modifient. Une maladie rénale ou un syndrome néphrotique la font monter. Une insuffisance hépatique ou une hyperthyroïdie la font baisser. Une inflammation aiguë peut l’augmenter un peu. Après la ménopause, une seconde mesure peut se discuter avec votre médecin.

Comment lire le résultat

Deux familles d’unités coexistent. Les unités de masse, mg/dL ou g/L, encore fréquentes en France. Et l’unité molaire, le nmol/L, qui compte les particules et que les sociétés savantes préfèrent.

Aucun facteur de conversion n’est exact, car la taille de l’apolipoprotéine (a) varie d’une personne à l’autre. Le consensus EAS déconseille donc de convertir, et recommande de comparer les résultats dans le même laboratoire.

Ce consensus propose une lecture par zones :

  • Risque exclu : moins de 0,30 g/L (moins de 75 nmol/L) ;
  • Zone grise : de 0,30 à 0,50 g/L (75 à 125 nmol/L) ;
  • Risque augmenté : au-delà de 0,50 g/L (plus de 125 nmol/L) ;
  • Risque proche d’une hypercholestérolémie familiale : au-delà de 1,80 g/L (430 nmol/L), selon les recommandations ESC/EAS 2019.

La mise à jour européenne de 2025 retient un seuil de 50 mg/dL (105 nmol/L) pour affiner et éventuellement reclasser le risque. La recommandation américaine ACC/AHA de 2026 parle de risque accru à partir de 125 nmol/L, et d’un risque au moins doublé vers 250 nmol/L.

Ce qui compte vraiment : la Lp(a) ne se lit jamais seule. Son poids dépend de votre risque de base. Selon le consensus EAS, l’excès de risque lié à une Lp(a) plus élevée d’environ 120 nmol/L, sur toute une vie, est compensé par un LDL-c plus bas d’environ 0,5 mmol/L (0,21 g/L).

Ce que dit la science

La causalité ne fait plus débat. Des travaux danois de randomisation mendélienne, publiés dans JAMA, ont montré que les personnes génétiquement porteuses d’une Lp(a) élevée font davantage d’infarctus. Le consensus EAS y ajoute le rétrécissement aortique calcifié. D’où la recommandation, en Europe comme aux États-Unis, de la doser au moins une fois chez tout adulte.

Reste la question décisive : la faire baisser protège-t-elle ?

Le premier grand essai sur les événements cardiovasculaires, Lp(a)HORIZON, a testé le pélacarsen chez 8 323 patients déjà atteints d’une maladie cardiovasculaire et bien traités. Selon les premiers résultats annoncés par Novartis, le médicament a abaissé la Lp(a) sans réduire les événements cardiovasculaires. Les données complètes restent attendues. D’autres essais, avec l’olpasiran ou le lépodisiran, sont en cours.

Ce résultat ne retire rien au rôle de marqueur de la Lp(a). La National Lipid Association rappelle qu’elle reste un facteur de risque indépendant, à mesurer. En revanche, aucun traitement ciblé n’a encore prouvé un bénéfice clinique. Aujourd’hui, une Lp(a) élevée conduit surtout à renforcer le contrôle des autres facteurs de risque, LDL-c en tête.

Les analyses à associer

Le LDL-c inclut le cholestérol de la Lp(a) et devient l’objectif à renforcer si elle est élevée. L’apolipoprotéine B compte toutes les particules athérogènes, Lp(a) comprise. La protéine C réactive ultrasensible et le débit de filtration glomérulaire repèrent une inflammation ou une maladie rénale qui modifient le résultat.

À retenir

  • La Lp(a) est un facteur de risque génétique et causal ;
  • Une mesure à l’âge adulte suffit le plus souvent, sans jeûne ;
  • Au-delà de 0,50 g/L (125 nmol/L), le risque augmente ;
  • Aucun traitement ciblé n’a encore prouvé qu’il réduit les accidents cardiovasculaires.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Combien de fois faut-il doser la Lp(a) ?

  2. 02Une Lp(a) supérieure à 0,50 g/L, c'est…

  3. 03Le régime et le sport font-ils nettement baisser la Lp(a) ?

  4. 04Faut-il être à jeun pour doser la Lp(a) ?

  5. 05Au-delà de 1,80 g/L, le risque est comparable à celui…

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Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 14

  1. 1Kronenberg F, Mora S, Stroes ESG, et al. Lipoprotein(a) in atherosclerotic cardiovascular disease and aortic stenosis: a European Atherosclerosis Society consensus statement. Eur Heart J. 2022;43(39):3925-3946.
  2. 2Mach F, Baigent C, Catapano AL, et al. 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias: lipid modification to reduce cardiovascular risk. Eur Heart J. 2020;41(1):111-188.
  3. 3Mach F, et al. 2025 Focused Update of the 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias. Eur Heart J. 2025:ehaf190.
  4. 4Société européenne de cardiologie. 2025 Focused Update on dyslipidaemias (objectifs de LDL-c inchangés, Lp(a) au-delà de 50 mg/dL ou 105 nmol/L comme modificateur de risque).

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.