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SangLipides et risque cardiovasculairePreuve validée

Triglycérides

Aussi appelée TG · Triglycéridémie

Les repères

  • Souhaitable à jeun (moins de 1,7 mmol/L) moins de 1,5 g/L
  • Élevé à jeun, sous le seuil d'alerte non à jeun (2 mmol/L) 1,5 à 1,75 g/L
  • Hypertriglycéridémie légère à modérée (2 à 10 mmol/L) 1,75 à 8,8 g/L
  • Hypertriglycéridémie sévère (plus de 10 mmol/L) : risque de plus de 8,8 g/L

Source : Consensus EAS/EFLM sur le bilan lipidique non à jeun (Nordestgaard et al., European Heart Journal 2016). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les triglycérides sont les graisses de réserve transportées dans le sang par les chylomicrons et les VLDL. Leur dosage renseigne sur le métabolisme des sucres et des graisses, sur le risque cardiovasculaire et, à des taux extrêmes, sur le risque de pancréatite.

Pourquoi on la demande

  • Compléter l'exploration d'une anomalie lipidique (EAL) et vérifier si le LDL-c calculé est fiable.
  • Rechercher un syndrome métabolique ou une résistance à l'insuline.
  • Évaluer le risque de pancréatite aiguë devant des triglycérides très élevés.
  • Faire le point avant un médicament qui peut les faire monter (corticoïdes, œstrogènes, rétinoïdes).
  • Suivre une hypertriglycéridémie connue, un diabète ou une consommation d'alcool.

Ce qui peut la fausser

  • Repas récent : hausse moyenne d'environ 0,3 mmol/L après un repas habituel, bien plus après un repas très gras.
  • Alcool la veille : il peut élever nettement les triglycérides.
  • Effort prolongé ou inhabituel la veille : il tend à les abaisser.
  • Glycérol libre en excès (perfusion de lipides ou d'héparine) : le dosage peut surestimer les triglycérides.
  • Corticoïdes, œstrogènes par voie orale, rétinoïdes, certains antipsychotiques ou antirétroviraux : ils les font monter.
  • Diabète : un prélèvement à jeun peut masquer les hausses qui suivent les repas.

Causes d’une valeur haute

  • Surpoids abdominal, résistance à l'insuline, diabète de type 2
  • Alcool
  • Alimentation riche en sucres rapides et en calories
  • Hypothyroïdie, maladie rénale chronique, syndrome néphrotique
  • Médicaments : corticoïdes, œstrogènes oraux, rétinoïdes, bêtabloquants, certains antipsychotiques et antirétroviraux
  • Grossesse, surtout en fin de grossesse
  • Formes génétiques, dont le syndrome de chylomicronémie familiale (rare)

Causes d’une valeur basse

  • Activité physique régulière, alimentation pauvre en sucres rapides
  • Dénutrition, malabsorption
  • Hyperthyroïdie
  • Traitements hypolipémiants (fibrates, oméga-3 sur prescription, statines)
  • Abêtalipoprotéinémie (très rare)

Prise de sangExploration d'une anomalie lipidique (EAL) ; bilan de syndrome métabolique ; dépistage et suivi du diabète ; bilan d'une pancréatite aiguë.

g/LPreuve validée7 sources

Profil sportif

Une séance d'endurance prolongée abaisse les triglycérides dans les heures qui suivent, y compris après le repas suivant. Les sportifs d'endurance ont donc souvent des valeurs basses, sans signification pathologique. Pour un résultat représentatif, évitez un effort inhabituel et l'alcool la veille, surtout après une compétition.

Ce que mesure l’analyse

Ce dosage mesure les triglycérides, les graisses que l'organisme stocke et brûle pour produire de l'énergie. Ils varient avec les repas, l'alcool et l'activité physique, et reflètent souvent la sensibilité à l'insuline.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les triglycérides sont la forme de stockage des graisses : trois acides gras fixés sur une molécule de glycérol. Insolubles dans le sang, ils voyagent dans des lipoprotéines riches en triglycérides.

Après un repas, ce sont les chylomicrons, venus de l’intestin. Entre les repas, ce sont les VLDL (lipoprotéines de très basse densité), fabriquées par le foie.

Une enzyme fixée sur la paroi des vaisseaux, la lipoprotéine lipase, libère leurs acides gras vers les muscles et le tissu adipeux. Les particules qui restent, appelées remnants, sont plus petites et riches en cholestérol. Ce sont elles qui pénètrent la paroi artérielle.

Le dosage, enzymatique, mesure le glycérol libéré. Il donne la quantité totale de triglycérides, toutes particules confondues.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang veineuse. Le jeûne n’est plus la règle. Selon le consensus de la Société européenne d’athérosclérose et de la Fédération européenne de biologie clinique (EAS/EFLM), publié dans l’European Heart Journal, un repas habituel élève les triglycérides d’environ 0,3 mmol/L en moyenne. Une hausse jugée sans portée clinique.

Le jeûne garde sa place dans quelques cas : un résultat non à jeun supérieur à 5 mmol/L (4,4 g/L), une hypertriglycéridémie suivie en consultation spécialisée, une pancréatite récente, ou avant un médicament capable de les faire flamber.

Évitez un repas très gras juste avant, l’alcool la veille et un effort inhabituel. Chez une personne diabétique, sachez qu’un prélèvement à jeun peut masquer les hausses qui suivent les repas.

Comment lire le résultat

En France, l’unité est le g/L. Pour passer en mmol/L, multipliez par 1,14.

Le consensus EAS/EFLM propose ces repères :

  • Souhaitable à jeun : moins de 1,50 g/L (1,7 mmol/L) ;
  • Seuil d’alerte sans jeûne : 1,75 g/L (2 mmol/L) ;
  • Hypertriglycéridémie légère à modérée : de 1,75 à 8,80 g/L ;
  • Hypertriglycéridémie sévère, avec risque de pancréatite : au-delà de 8,80 g/L (10 mmol/L).

Le seuil de 1,50 g/L est aussi un critère du syndrome métabolique dans sa définition harmonisée, publiée dans Circulation.

Les triglycérides varient beaucoup d’un jour à l’autre. Un résultat isolé et modérément élevé mérite d’être recontrôlé avant toute conclusion.

Ce que dit la science

Pendant longtemps, les triglycérides ont été considérés comme de simples témoins. La génétique a changé la donne.

Des travaux danois de randomisation mendélienne, publiés dans le Journal of the American College of Cardiology, montrent que le cholestérol des remnants, porté par les particules riches en triglycérides, est un facteur causal de maladie coronaire.

Mais la molécule de triglycéride ne serait pas le coupable direct. Une analyse de la biobanque britannique et de deux grands essais (JAMA Cardiology) montre que le risque d’infarctus suit surtout le nombre de particules porteuses d’apolipoprotéine B, quelle que soit leur richesse en triglycérides.

Le vrai facteur est ailleurs : dans le nombre de particules athérogènes que des triglycérides élevés accompagnent.

Le niveau de preuve est donc double. Comme marqueur de risque et outil de dépistage métabolique, le dosage est validé par toutes les recommandations. Comme cible propre de prévention cardiovasculaire, il reste discuté. Les recommandations européennes et américaines gardent le LDL-c et le cholestérol non-HDL comme objectifs, y compris quand les triglycérides sont élevés.

Au-delà de 8,80 g/L, l’enjeu change de nature : c’est la pancréatite aiguë qu’il faut prévenir, avec un avis médical rapide.

Les analyses à associer

Le HDL-c complète la lecture : triglycérides hauts et HDL-c bas forment le profil de la résistance à l’insuline. Le remnant cholestérol et l’apolipoprotéine B traduisent le risque artériel lié à ces particules. La glycémie à jeun recherche un diabète, cause fréquente d’hypertriglycéridémie.

À retenir

  • Les triglycérides reflètent les graisses circulantes et le métabolisme de l’insuline ;
  • Le jeûne n’est pas indispensable, sauf résultat très élevé ;
  • À jeun, la valeur souhaitable reste sous 1,50 g/L ;
  • Au-delà de 8,80 g/L, le risque de pancréatite impose un avis médical rapide.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Des triglycérides à 1,50 g/L à jeun, c'est…

  2. 02Faut-il être à jeun pour doser les triglycérides ?

  3. 03À partir de quel niveau le risque de pancréatite devient-il préoccupant ?

  4. 04Boire de l'alcool la veille peut-il fausser le résultat ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 7

  1. 1Nordestgaard BG, Langsted A, Mora S, et al. Fasting is not routinely required for determination of a lipid profile: clinical and laboratory implications including flagging at desirable concentration cut-points. A joint consensus statement from the European Atherosclerosis Society and European Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine. Eur Heart J. 2016;37(25):1944-1958.
  2. 2Alberti KGMM, Eckel RH, Grundy SM, et al. Harmonizing the metabolic syndrome: a joint interim statement of the IDF Task Force on Epidemiology and Prevention; NHLBI; AHA; World Heart Federation; International Atherosclerosis Society; and International Association for the Study of Obesity. Circulation. 2009;120(16):1640-1645.
  3. 3Mach F, Baigent C, Catapano AL, et al. 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias: lipid modification to reduce cardiovascular risk. Eur Heart J. 2020;41(1):111-188.
  4. 4Varbo A, Benn M, Tybjærg-Hansen A, Jørgensen AB, Frikke-Schmidt R, Nordestgaard BG. Remnant cholesterol as a causal risk factor for ischemic heart disease. J Am Coll Cardiol. 2013;61(4):427-436.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.