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SangLipides et risque cardiovasculairePreuve validée

Cholestérol non-HDL

Aussi appelée Non-HDL-c · Cholestérol non HDL

Les repères

  • Objectif si risque très élevé (moins de 2,2 mmol/L) moins de 0,85 g/L
  • Objectif si risque élevé (moins de 2,6 mmol/L) 0,85 à 1 g/L
  • Objectif si risque modéré (moins de 3,4 mmol/L) 1 à 1,3 g/L
  • Au-dessus des objectifs ESC/EAS 1,3 à 1,5 g/L
  • Signalé anormal sur un bilan non à jeun (3,9 mmol/L et plus) plus de 1,5 g/L

Source : Recommandations ESC/EAS 2019 sur les dyslipidémies (Mach et al., European Heart Journal 2020) ; Consensus EAS/EFLM sur le bilan lipidique non à jeun (Nordestgaard et al., European Heart Journal 2016). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le cholestérol non-HDL correspond au cholestérol total moins le HDL-c. Il réunit le cholestérol de toutes les particules capables d'encrasser les artères, ce qui en fait un repère plus complet que le LDL-c quand les triglycérides montent.

Pourquoi on la demande

  • Estimer tout le cholestérol athérogène, y compris celui des particules riches en triglycérides.
  • Remplacer ou compléter le LDL-c quand les triglycérides sont élevés ou le prélèvement non à jeun.
  • Suivre un objectif secondaire chez une personne diabétique, obèse ou atteinte d'un syndrome métabolique.
  • Vérifier qu'un traitement agit aussi sur les particules riches en triglycérides.

Ce qui peut la fausser

  • Erreur sur le cholestérol total ou le HDL-c : elle se reporte directement sur le calcul.
  • Repas habituel : baisse moyenne de 0,2 mmol/L au plus, sans portée clinique.
  • Infection aiguë, chirurgie, infarctus récent : baisse passagère de tous les lipides.
  • Lipoprotéine (a) élevée : son cholestérol est inclus dans le non-HDL.
  • Changement récent de traitement ou de régime : attendre une stabilisation avant de comparer deux bilans.

Causes d’une valeur haute

  • Alimentation riche en graisses saturées, surpoids, sédentarité, prédisposition familiale
  • Excès de particules riches en triglycérides : résistance à l'insuline, diabète, alcool
  • Hypothyroïdie, syndrome néphrotique
  • Hyperlipidémie familiale combinée
  • Hypercholestérolémie familiale

Causes d’une valeur basse

  • Traitement hypolipémiant
  • Inflammation aiguë, infection, période qui suit un infarctus
  • Dénutrition, hyperthyroïdie, insuffisance hépatique
  • Abêtalipoprotéinémie ou hypobêtalipoprotéinémie (très rares)

Prise de sangExploration d'une anomalie lipidique (EAL) : calculé sans surcoût à partir du cholestérol total et du HDL-c ; suivi des traitements hypolipémiants.

g/LPreuve validée6 sources

Profil sportif

Le cholestérol non-HDL suit le LDL-c et les particules riches en triglycérides : chez le sportif d'endurance, la baisse des triglycérides et la hausse du HDL-c tendent à l'abaisser. Les stéroïdes anabolisants l'aggravent à double titre : dans le British Journal of Sports Medicine, ils ont effondré le HDL-c sans faire baisser le cholestérol total, et fait monter l'apolipoprotéine B.

Ce que mesure l’analyse

Ce paramètre se calcule en retirant le HDL-c du cholestérol total. Il regroupe le cholestérol de toutes les particules athérogènes, LDL, remnants et Lp(a), et reste fiable même sans jeûne.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le cholestérol non-HDL n’est pas dosé. Il se calcule : cholestérol total moins HDL-c.

Le résultat additionne le cholestérol de toutes les lipoprotéines porteuses d’apolipoprotéine B : les LDL, les VLDL fabriquées par le foie, les remnants qui en dérivent et la lipoprotéine (a). Ce sont précisément les particules capables de pénétrer la paroi des artères. Le cholestérol des HDL, lui, est retiré du calcul.

Autrement dit : le non-HDL mesure tout le cholestérol athérogène, celui qui favorise l’athérosclérose.

Sa force tient à cette exhaustivité. Le LDL-c ne voit que les LDL. Quand les triglycérides montent, une part croissante du cholestérol voyage dans les remnants. Le LDL-c la manque. Le non-HDL la capte.

Comment se passe le prélèvement

Aucun prélèvement supplémentaire : le calcul utilise le bilan lipidique standard. Le jeûne n’est pas nécessaire. Selon le consensus de la Société européenne d’athérosclérose et de la Fédération européenne de biologie clinique (EAS/EFLM), publié dans l’European Heart Journal, un repas habituel ne le fait baisser que de 0,2 mmol/L au plus en moyenne.

Les précautions sont celles du bilan lipidique. Pas d’infection en cours. Pas d’infarctus ni de chirurgie dans les semaines précédentes. Et un traitement stable depuis plusieurs semaines si l’on veut juger de son effet.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en g/L ; pour obtenir des mmol/L, multipliez par 2,59. Comme pour le LDL-c, il n’existe pas de norme unique. Les recommandations européennes ESC/EAS 2019 fixent des objectifs secondaires selon le risque cardiovasculaire :

  • Risque très élevé : moins de 0,85 g/L (2,2 mmol/L) ;
  • Risque élevé : moins de 1,00 g/L (2,6 mmol/L) ;
  • Risque modéré : moins de 1,30 g/L (3,4 mmol/L).

Moyen mnémotechnique : chaque objectif dépasse celui du LDL-c de 0,30 g/L. La recommandation américaine ACC/AHA de 2026 adopte les mêmes valeurs, 0,85, 1,00 ou 1,30 g/L selon le risque, et en fait un objectif à part entière aux côtés du LDL-c.

Pour signaler un résultat sans connaître le risque du patient, le consensus EAS/EFLM propose un seuil de 1,50 g/L (3,9 mmol/L) sur un bilan non à jeun et de 1,45 g/L à jeun.

Ce qui compte vraiment : l’écart avec le LDL-c. Cet écart correspond pour l’essentiel au cholestérol des remnants. Le consensus EAS/EFLM juge ce cholestérol résiduel anormal à partir de 0,35 g/L sur un bilan non à jeun. Au-delà, les particules riches en triglycérides pèsent lourd dans votre profil.

Ce que dit la science

Le cholestérol non-HDL a reçu une reconnaissance large. Les recommandations ESC/EAS 2019 conseillent de l’évaluer pour estimer le risque, en particulier en cas de triglycérides élevés, de diabète, d’obésité ou de LDL-c très bas. Aux États-Unis, il reste un objectif de traitement même quand les triglycérides sont élevés.

Ses limites sont connues. Il reste une mesure de cholestérol, pas de particules.

Une analyse de près de 390 000 personnes de la biobanque britannique et de patients de deux grands essais (JAMA Cardiology) l’illustre. Mesurés ensemble, l’apolipoprotéine B, le cholestérol non-HDL et les triglycérides ont été comparés. Seule l’apolipoprotéine B restait associée au risque d’infarctus. Le non-HDL s’en approche, sans l’égaler quand les particules sont petites et pauvres en cholestérol.

En pratique, son principal atout est son coût nul. Il se calcule à partir d’analyses déjà faites, sans jeûne, sur n’importe quel compte rendu. Vous pouvez le vérifier vous-même : retirez le HDL-c du cholestérol total.

Les analyses à associer

Le LDL-c reste l’objectif principal ; le comparer au non-HDL révèle la part du cholestérol portée par les remnants. Les triglycérides expliquent cet écart. Le remnant cholestérol le chiffre directement. L’apolipoprotéine B, enfin, compte les particules que le non-HDL estime en cholestérol.

À retenir

  • Le non-HDL additionne le cholestérol de toutes les particules athérogènes ;
  • Il se calcule sans surcoût et sans jeûne ;
  • Les objectifs ESC/EAS vont de 0,85 à 1,30 g/L selon le risque ;
  • Il devient le repère courant le plus juste quand les triglycérides sont élevés.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Comment le cholestérol non-HDL est-il obtenu ?

  2. 02Pour une personne à risque cardiovasculaire élevé, l'objectif européen (ESC/EAS) de cholestérol non-HDL est…

  3. 03Pourquoi le préférer au LDL-c quand les triglycérides sont élevés ?

  4. 04Faut-il être à jeun pour l'obtenir ?

  5. 05À partir de quelle valeur un bilan non à jeun le signale-t-il comme anormal ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Mach F, Baigent C, Catapano AL, et al. 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias: lipid modification to reduce cardiovascular risk. Eur Heart J. 2020;41(1):111-188.
  2. 2Nordestgaard BG, Langsted A, Mora S, et al. Fasting is not routinely required for determination of a lipid profile: clinical and laboratory implications including flagging at desirable concentration cut-points. A joint consensus statement from the European Atherosclerosis Society and European Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine. Eur Heart J. 2016;37(25):1944-1958.
  3. 3Blumenthal RS, Morris PB, Gaudino M, et al. 2026 ACC/AHA/AACVPR/ABC/ACPM/ADA/AGS/APhA/ASPC/NLA/PCNA Guideline on the Management of Dyslipidemia. J Am Coll Cardiol. 2026.
  4. 4Labcorp. 2026 ACC/AHA dyslipidemia guideline update: key recommendations for laboratory reporting and clinical interpretation (objectifs de LDL-c et de cholestérol non-HDL selon le risque).

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.