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SangLipides et risque cardiovasculairePreuve validée

Apolipoprotéine B

Aussi appelée ApoB · Apo B · Apolipoprotéine B100 · Apo B100

Les repères

  • Objectif si risque très élevé moins de 0,65 g/L
  • Objectif si risque élevé 0,65 à 0,8 g/L
  • Objectif si risque modéré 0,8 à 1 g/L
  • Signalée élevée sur le compte rendu (1,0 g/L et plus) plus de 1 g/L

Source : Recommandations ESC/EAS 2019 sur les dyslipidémies (Mach et al., European Heart Journal 2020) ; Consensus EAS/EFLM sur le bilan lipidique non à jeun (Nordestgaard et al., European Heart Journal 2016). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

L'apolipoprotéine B est la protéine de structure des LDL, des VLDL et de la Lp(a). Chaque particule en porte une seule : son dosage compte donc les particules qui encrassent les artères, là où le LDL-c ne mesure que leur cholestérol.

Pourquoi on la demande

  • Estimer le nombre de particules athérogènes, puisque chacune porte une seule molécule d'ApoB.
  • Affiner le risque quand les triglycérides sont élevés, en cas de diabète, d'obésité ou de syndrome métabolique.
  • Rechercher un risque résiduel quand le LDL-c est déjà bas ou dans l'objectif.
  • Aider au diagnostic de certaines dyslipidémies génétiques (hyperlipidémie familiale combinée, abêtalipoprotéinémie).
  • Suivre l'effet d'un traitement hypolipémiant.

Ce qui peut la fausser

  • Repas : aucun effet notable, le jeûne est inutile.
  • Inflammation aiguë, infection, période qui suit un infarctus : baisse passagère possible.
  • Hypothyroïdie non traitée, grossesse : hausse.
  • Stéroïdes anabolisants : hausse marquée.
  • Changement de laboratoire : les trousses sont standardisées, mais un léger écart reste possible ; comparez dans le même laboratoire.

Causes d’une valeur haute

  • Alimentation riche en graisses saturées, surpoids, sédentarité
  • Résistance à l'insuline, diabète de type 2, syndrome métabolique
  • Hypothyroïdie, syndrome néphrotique
  • Stéroïdes anabolisants
  • Hyperlipidémie familiale combinée, hypercholestérolémie familiale

Causes d’une valeur basse

  • Traitement hypolipémiant
  • Inflammation aiguë, dénutrition, insuffisance hépatique, hyperthyroïdie
  • Hypobêtalipoprotéinémie familiale
  • Abêtalipoprotéinémie (très rare, valeur presque nulle)

Prise de sangBilan lipidique élargi ; évaluation du risque cardiovasculaire résiduel ; souvent couplée à l'apolipoprotéine A1 pour calculer le rapport ApoB sur ApoA1.

g/LPreuve validée7 sources

Profil sportif

L'ApoB reflète le nombre de particules athérogènes, quel que soit leur contenu en cholestérol. La donnée la plus nette chez le sportif concerne le dopage : chez des athlètes de force, les stéroïdes anabolisants l'ont fait passer de 0,96 à 1,32 g/L, sans retour à la normale six semaines après l'arrêt (British Journal of Sports Medicine).

Ce que mesure l’analyse

L'apolipoprotéine B est présente en un seul exemplaire sur chaque particule de LDL, de VLDL ou de Lp(a). La doser revient à compter les particules qui favorisent l'athérosclérose, ce qui affine le risque quand le LDL-c paraît rassurant.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Toutes les lipoprotéines athérogènes partagent une même protéine de structure : l’apolipoprotéine B100. On la trouve sur les VLDL fabriquées par le foie, sur les remnants qui en dérivent, sur les LDL et sur la lipoprotéine (a).

Sa propriété décisive : chaque particule en porte une seule molécule. Doser l’ApoB revient donc à compter ces particules, quel que soit leur contenu. Les LDL dominent ce décompte, car elles circulent bien plus longtemps que les autres.

Pourquoi est-ce important ? Le cholestérol d’une LDL varie. Petites et denses, elles en portent moins. À LDL-c égal, deux personnes peuvent donc avoir des nombres de particules très différents. Or c’est le nombre de particules qui conditionne leur passage dans la paroi des artères.

Le dosage repose sur une méthode immunologique, l’immunoturbidimétrie : des anticorps reconnaissent l’ApoB et forment un trouble que l’automate mesure.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang veineuse, souvent couplée au bilan lipidique. Le jeûne n’est pas nécessaire. Le consensus de la Société européenne d’athérosclérose et de la Fédération européenne de biologie clinique (EAS/EFLM), publié dans l’European Heart Journal, ne relève aucune variation de l’ApoB après un repas habituel.

Comme pour les autres lipides, évitez une période d’infection ou les semaines qui suivent un infarctus. Pour suivre une évolution, gardez le même laboratoire.

Comment lire le résultat

En France, le résultat s’exprime en g/L (multipliez par 100 pour obtenir des mg/dL). Les recommandations européennes ESC/EAS 2019 en font un objectif secondaire, fixé selon le risque cardiovasculaire :

  • Risque très élevé : moins de 0,65 g/L ;
  • Risque élevé : moins de 0,80 g/L ;
  • Risque modéré : moins de 1,00 g/L.

Sans information sur le risque, le consensus EAS/EFLM propose de signaler toute valeur à partir de 1,00 g/L. Dans la population danoise étudiée, cela concernait 59 % des adultes : un seuil volontairement prudent.

Aux États-Unis, la recommandation ACC/AHA de 2026 propose des objectifs de 0,55, 0,70 ou 0,90 g/L selon le risque, une fois atteints ceux du LDL-c et du cholestérol non-HDL.

Ce qui compte vraiment : la discordance. Une ApoB élevée avec un LDL-c normal signale des particules nombreuses et pauvres en cholestérol, typiques de la résistance à l’insuline. C’est la situation où ce dosage change la lecture du bilan.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé. Les recommandations ESC/EAS 2019 conseillent l’ApoB pour estimer le risque, surtout en cas de triglycérides élevés, de diabète, d’obésité, de syndrome métabolique ou de LDL-c très bas. Elles la jugent utilisable à la place du LDL-c comme mesure principale. La recommandation américaine de 2026 l’intègre à son tour pour traquer le risque résiduel.

L’argument le plus fort vient d’une analyse publiée dans JAMA Cardiology. Elle a porté sur près de 390 000 personnes de la biobanque britannique et sur plus de 40 000 patients des essais FOURIER et IMPROVE-IT.

Mesurés ensemble, l’ApoB, le cholestérol non-HDL et les triglycérides ont été comparés. Seule l’ApoB restait associée au risque d’infarctus, en prévention comme chez les patients déjà malades. Le contenu des particules, cholestérol ou triglycérides, ne comptait plus.

Le consensus de l’EAS sur la causalité des LDL va dans le même sens : le bénéfice d’une baisse du LDL-c suppose une baisse concordante du nombre de particules.

Sa principale limite est pratique. Le dosage ne figure pas dans le bilan lipidique standard et son coût s’y ajoute.

Les analyses à associer

Le LDL-c et le cholestérol non-HDL donnent la mesure en cholestérol ; leur écart avec l’ApoB révèle des particules petites et nombreuses. Les triglycérides éclairent l’origine de cet écart. La lipoprotéine (a), enfin, porte elle aussi une ApoB mais un risque propre, à mesurer à part.

À retenir

  • Une ApoB par particule : son dosage compte les particules athérogènes ;
  • Le jeûne est inutile ;
  • Les objectifs ESC/EAS vont de 0,65 à 1,00 g/L selon le risque ;
  • Elle révèle un risque que le LDL-c sous-estime, surtout en cas de résistance à l’insuline.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01L'ApoB compte-t-elle les particules ou leur cholestérol ?

  2. 02Une ApoB à 0,80 g/L chez une personne à risque cardiovasculaire très élevé, c'est…

  3. 03Faut-il être à jeun pour doser l'ApoB ?

  4. 04À partir de quelle valeur l'ApoB est-elle signalée comme élevée sur un compte rendu ?

  5. 05Les stéroïdes anabolisants font-ils monter l'ApoB ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 7

  1. 1Mach F, Baigent C, Catapano AL, et al. 2019 ESC/EAS Guidelines for the management of dyslipidaemias: lipid modification to reduce cardiovascular risk. Eur Heart J. 2020;41(1):111-188.
  2. 2Nordestgaard BG, Langsted A, Mora S, et al. Fasting is not routinely required for determination of a lipid profile: clinical and laboratory implications including flagging at desirable concentration cut-points. A joint consensus statement from the European Atherosclerosis Society and European Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine. Eur Heart J. 2016;37(25):1944-1958.
  3. 3Marston NA, Giugliano RP, Melloni GEM, et al. Association of apolipoprotein B-containing lipoproteins and risk of myocardial infarction in individuals with and without atherosclerosis: distinguishing between particle concentration, type, and content. JAMA Cardiol. 2022;7(3):250-256.
  4. 4Blumenthal RS, Morris PB, Gaudino M, et al. 2026 ACC/AHA/AACVPR/ABC/ACPM/ADA/AGS/APhA/ASPC/NLA/PCNA Guideline on the Management of Dyslipidemia. J Am Coll Cardiol. 2026.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.