Ce que mesure l’analyse
Les HDL (lipoprotéines de haute densité) sont les plus petites et les plus denses des lipoprotéines. Leur protéine principale s’appelle l’apolipoprotéine A1.
Elles captent l’excès de cholestérol des cellules, y compris dans la paroi des artères, et le ramènent vers le foie qui l’élimine dans la bile. On parle de transport inverse du cholestérol.
Le HDL-c ne mesure pas cette fonction. Il mesure la quantité de cholestérol contenue dans les HDL à un instant donné.
Nuance capitale : une particule peut être riche en cholestérol et peu efficace, ou l’inverse. Le chiffre renseigne sur un stock, pas sur un service rendu.
Comment se passe le prélèvement
Une prise de sang veineuse, le plus souvent dans le cadre d’une exploration d’une anomalie lipidique (EAL). Le jeûne n’est pas nécessaire pour ce paramètre. Le consensus de la Société européenne d’athérosclérose et de la Fédération européenne de biologie clinique (EAS/EFLM), publié dans l’European Heart Journal, ne relève aucune variation du HDL-c après un repas habituel.
Deux précautions comptent davantage. Évitez le prélèvement pendant une infection ou dans les semaines qui suivent une chirurgie : l’inflammation fait chuter le HDL-c. Signalez aussi tout traitement hormonal ou toute prise de stéroïdes anabolisants, qui modifient fortement le résultat.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en g/L, avec souvent l’équivalent en mmol/L. Pour convertir, multipliez les g/L par 2,59.
Il n’existe pas d’objectif de traitement pour le HDL-c. Les recommandations européennes ESC/EAS 2019 l’utilisent pour affiner l’estimation du risque global, pas comme une cible. Le seuil bas le plus utilisé vient de la définition harmonisée du syndrome métabolique, publiée dans Circulation :
- Chez l’homme : HDL-c bas en dessous de 0,40 g/L (1,0 mmol/L) ;
- Chez la femme : HDL-c bas en dessous de 0,50 g/L (1,3 mmol/L).
Le consensus EAS/EFLM propose un seuil commun de 0,40 g/L pour signaler un résultat sur le compte rendu, tout en admettant des seuils propres à chaque sexe.
Plus haut n’est pas toujours mieux. Dans deux grandes cohortes de Copenhague, plus de 116 000 adultes (European Heart Journal), la relation entre HDL-c et mortalité dessine une courbe en U. La mortalité la plus basse correspondait à 1,9 mmol/L chez l’homme et à 2,4 mmol/L chez la femme. Elle remontait au-delà de 2,5 mmol/L (0,97 g/L) chez l’homme et de 3,5 mmol/L (1,35 g/L) chez la femme.
Les auteurs demandent une confirmation par d’autres études. Ces repères hauts restent donc indicatifs.
Ce que dit la science
Le lien observé est solide. Dans les études de population, un HDL-c bas accompagne davantage d’infarctus.
La causalité, elle, ne tient pas. Une étude de randomisation mendélienne publiée dans The Lancet a suivi des variants génétiques qui élèvent le HDL-c sans toucher aux autres lipides. Ils ne réduisaient pas le risque d’infarctus. À l’inverse, les variants qui élèvent le LDL-c l’augmentaient nettement. Les auteurs concluent qu’élever le HDL-c ne se traduit pas forcément par moins d’infarctus.
En clair : le HDL-c est un témoin, pas un acteur. Il reflète un terrain, fait de sédentarité, de tabac, de graisse abdominale et de résistance à l’insuline, plus qu’il ne protège par lui-même.
Côté entraînement, la méta-analyse de Kodama (Archives of Internal Medicine) chiffre l’effet de l’exercice aérobie à environ 0,025 g/L en moyenne. Un volume minimal d’environ 120 minutes par semaine semblait nécessaire, et la durée des séances comptait plus que leur intensité.
Le niveau de preuve reste élevé pour son usage comme marqueur de risque, présent dans toutes les recommandations. La recherche s’intéresse désormais à la fonction des HDL, comme leur capacité à extraire le cholestérol des cellules, encore hors pratique courante.
Les analyses à associer
Le HDL-c prend tout son sens avec les triglycérides : un HDL-c bas et des triglycérides élevés forment le profil typique de la résistance à l’insuline. L’apolipoprotéine A1 mesure la protéine principale des HDL. Le cholestérol non-HDL, enfin, utilise le HDL-c pour estimer l’ensemble du cholestérol athérogène.
À retenir
- Le HDL-c mesure le cholestérol des HDL, pas leur efficacité ;
- Sous 0,40 g/L chez l’homme et 0,50 g/L chez la femme, il signale un terrain à risque ;
- Très élevé, il ne protège pas davantage ;
- Ce n’est pas une cible de traitement, mais un indicateur.