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SangLipides et risque cardiovasculairePreuve courante

Rapport ApoB sur ApoA1

Aussi appelée ApoB/ApoA1 · Rapport Apo B / Apo A1

Les repères

  • Cible proposée en prévention primaire moins de 0,9 sans unité
  • Zone intermédiaire 0,9 à 1 sans unité
  • Risque augmenté plus de 1 sans unité

Homme · Source : Millán et al., Vascular Health and Risk Management 2009, tableau 1 (seuils proposés d'après Walldius et Jungner). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le rapport ApoB sur ApoA1 met en balance le nombre de particules athérogènes et la quantité de HDL. Il a fait ses preuves dans de grandes études, mais les recommandations lui préfèrent l'apolipoprotéine B seule.

Pourquoi on la demande

  • Résumer en un seul chiffre l'équilibre entre particules athérogènes (ApoB) et HDL (ApoA1).
  • Affiner le risque quand le LDL-c paraît normal mais que le profil métabolique est défavorable.
  • Compléter un bilan de prévention chez une personne aux antécédents familiaux d'accidents cardiovasculaires précoces.
  • Suivre l'évolution globale du profil lipidique après un changement d'hygiène de vie ou de traitement.

Ce qui peut la fausser

  • Unités différentes : diviser des g/L par des mg/dL donne un rapport faux ; les deux valeurs doivent venir du même compte rendu.
  • Inflammation aiguë : l'ApoA1 baisse et le rapport monte de façon artificielle.
  • Stéroïdes anabolisants : l'ApoB monte et l'ApoA1 chute, le rapport s'envole.
  • Œstrogènes par voie orale, alcool : l'ApoA1 monte et le rapport baisse, sans bénéfice démontré pour les artères.
  • Repas : aucun effet, le jeûne est inutile.

Causes d’une valeur haute

  • Résistance à l'insuline, syndrome métabolique, diabète de type 2
  • Surpoids abdominal, sédentarité, tabac
  • Alimentation riche en graisses saturées
  • Hypercholestérolémie, dont les formes familiales
  • Stéroïdes anabolisants

Causes d’une valeur basse

  • Profil lipidique favorable, activité physique régulière
  • Traitement hypolipémiant
  • Hyperalphalipoprotéinémie familiale
  • Abêtalipoprotéinémie (très rare)

Prise de sangBilan lipidique élargi avec apolipoprotéines A1 et B, proposé par certains laboratoires.

sans unitéPreuve courante8 sources

Profil sportif

Le rapport cumule les deux effets du dopage aux stéroïdes anabolisants. Dans une étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine, l'ApoB est montée de 0,96 à 1,32 g/L et l'ApoA1 a chuté de 1,41 à 0,71 g/L chez des athlètes de force. Aucun seuil propre au sportif n'existe.

Ce que mesure l’analyse

Ce rapport compare les particules qui déposent le cholestérol dans les artères à celles qui l'en retirent. Plus il est haut, plus la balance penche du côté défavorable.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Ce rapport n’est pas un dosage. Il divise deux résultats : l’apolipoprotéine B, présente sur chaque particule athérogène (LDL, VLDL, remnants, Lp(a)), par l’apolipoprotéine A1, protéine principale des HDL.

L’idée est celle d’une balance. D’un côté, les particules qui apportent le cholestérol à la paroi des artères. De l’autre, celles qui l’en retirent. Plus le rapport monte, plus la balance penche du mauvais côté.

Sa logique rappelle celle du rapport cholestérol total sur HDL-c. Une différence de taille, pourtant : il compte des protéines, donc des particules, et non du cholestérol. Il échappe ainsi aux variations liées au contenu des lipoprotéines.

Comment se passe le prélèvement

Une seule prise de sang suffit pour les deux apolipoprotéines. Le jeûne n’est pas nécessaire. Selon le consensus de la Société européenne d’athérosclérose et de la Fédération européenne de biologie clinique (EAS/EFLM), publié dans l’European Heart Journal, ni l’ApoB ni l’ApoA1 ne varient après un repas habituel.

Les deux valeurs doivent venir du même prélèvement et être exprimées dans la même unité. Sinon, le rapport n’a aucun sens.

Évitez une infection en cours : l’ApoA1 baisse lors d’une inflammation aiguë et le rapport grimpe artificiellement.

Comment lire le résultat

Le rapport n’a pas d’unité. Aucune société savante n’a fixé de seuil officiel.

Les repères les plus cités viennent de l’équipe suédoise de Walldius et Jungner. Millán et ses collègues les ont réunis dans Vascular Health and Risk Management pour la prévention primaire :

  • Chez l’homme : cible sous 0,9, risque augmenté au-delà de 1,0 ;
  • Chez la femme : cible sous 0,8, risque augmenté au-delà de 0,9.

Entre les deux, la zone est intermédiaire. Ces seuils sont des propositions d’auteurs, utiles pour situer un résultat. Ce ne sont pas des normes de traitement.

Ce qui compte vraiment : la cause d’un rapport élevé. Une ApoB haute et une ApoA1 basse n’ont pas le même sens. La première traduit un excès de particules athérogènes, cible des traitements. La seconde reflète un terrain métabolique : sédentarité, tabac, résistance à l’insuline.

Ce que dit la science

Les données épidémiologiques sont solides. Dans l’étude INTERHEART, menée dans 52 pays et publiée dans The Lancet, le rapport ApoB sur ApoA1 expliquait la plus grande part des infarctus parmi les indices lipidiques étudiés : 54 % du risque attribuable dans la population. Il surpassait les rapports fondés sur le cholestérol, chez les hommes comme chez les femmes, à tous les âges et dans tous les groupes ethniques.

Détail utile pour la pratique : les prélèvements de l’étude avaient été réalisés sans jeûne. Le rapport reste donc interprétable quelle que soit l’heure du dernier repas.

La cohorte suédoise AMORIS va dans le même sens. Plus de 137 000 personnes ont été suivies près de 18 ans (PLOS Medicine). Chez celles qui ont présenté un accident cardiovasculaire, le rapport était plus élevé environ deux décennies avant l’événement.

Pourtant, les recommandations ne l’ont pas adopté. Les recommandations européennes ESC/EAS 2019 ne fixent aucun objectif pour ce rapport : elles retiennent le LDL-c, puis le cholestérol non-HDL et l’ApoB.

Raison principale : l’ApoA1 ne se traite pas. Une analyse publiée dans JAMA Cardiology montre d’ailleurs que le nombre de particules porteuses d’ApoB résume à lui seul le risque d’infarctus.

D’où un niveau de preuve courant : un indice utilisé et bien étudié, sans consensus pour en faire une cible.

Les analyses à associer

L’apolipoprotéine B et l’apolipoprotéine A1, ses deux composantes, se lisent séparément avant le rapport. Le HDL-c confirme ce que l’ApoA1 dit des HDL. Le LDL-c reste l’objectif de référence pour décider d’un traitement.

À retenir

  • Le rapport oppose les particules athérogènes aux HDL ;
  • Les cibles proposées sont de 0,9 chez l’homme et de 0,8 chez la femme ;
  • Il prédit bien l’infarctus dans de grandes études ;
  • Les recommandations lui préfèrent l’ApoB seule comme repère d’action.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Chez un homme, un rapport ApoB/ApoA1 supérieur à 1,0 indique…

  2. 02Chez la femme, quelle cible est proposée en prévention primaire ?

  3. 03Les recommandations ESC/EAS en font-elles un objectif de traitement ?

  4. 04Faut-il être à jeun pour ce bilan ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 8

  1. 1Millán J, Pintó X, Muñoz A, et al. Lipoprotein ratios: physiological significance and clinical usefulness in cardiovascular prevention. Vasc Health Risk Manag. 2009;5:757-765.
  2. 2Walldius G, Jungner I. The apoB/apoA-I ratio: a strong, new risk factor for cardiovascular disease and a target for lipid-lowering therapy, a review of the evidence. J Intern Med. 2006;259(5):493-519.
  3. 3McQueen MJ, Hawken S, Wang X, et al. Lipids, lipoproteins, and apolipoproteins as risk markers of myocardial infarction in 52 countries (the INTERHEART study): a case-control study. Lancet. 2008;372(9634):224-233.
  4. 4Walldius G, de Faire U, Alfredsson L, et al. Long-term risk of a major cardiovascular event by apoB, apoA-1, and the apoB/apoA-1 ratio: experience from the Swedish AMORIS cohort. PLoS Med. 2021;18(12):e1003853.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.