Ce que mesure l’analyse
Le LDL-c pèse le cholestérol des LDL. Le LDL-P, lui, les compte. Il donne la concentration de particules LDL, exprimée en nanomoles par litre (nmol/L).
La mesure repose sur la résonance magnétique nucléaire (RMN), la même physique que l’IRM. Les lipides de chaque lipoprotéine émettent un signal dont la forme dépend de la taille de la particule. Un logiciel décompose le signal global et en déduit le nombre de particules de chaque taille.
Pourquoi compter ? Parce que le cholestérol par particule varie. Une LDL petite et dense en transporte moins qu’une LDL volumineuse. Deux personnes au même LDL-c peuvent donc avoir des nombres de particules très différents.
Or c’est le nombre de particules qui conditionne leur entrée dans la paroi artérielle.
Le même examen fournit d’autres paramètres, comme le nombre de particules HDL ou la taille moyenne des LDL. Le LDL-P reste toutefois la donnée principale du compte rendu.
Comment se passe le prélèvement
Une prise de sang veineuse, avec des contraintes techniques propres à la RMN. Chez Labcorp, laboratoire américain qui commercialise la technique développée par LipoScience, le tube recommandé est un tube dédié, le LipoTube. Les tubes à gel séparateur classiques sont refusés. Le sérum doit être séparé rapidement, puis conservé au froid.
Les consignes de jeûne varient selon les laboratoires : suivez celles du vôtre. Un taux de protéines sanguines très élevé peut aussi gêner la mesure.
Ce test est surtout proposé par des laboratoires américains. Les résultats d’une autre technique de comptage ne se comparent pas directement.
Comment lire le résultat
Labcorp classe le résultat en cinq zones : bas sous 1000 nmol/L, modéré de 1000 à 1299, limite haute de 1300 à 1599, élevé de 1600 à 2000, très élevé au-delà de 2000.
Ces bornes ne sont pas des seuils de décision. Elles correspondent aux 20e, 50e, 80e et 95e percentiles d’une population de référence : 5 362 participants de la cohorte américaine MESA, sans traitement hypolipémiant.
Autrement dit : un LDL-P sous 1000 nmol/L vous place parmi les 20 % les plus bas de cette population.
Labcorp précise que ce test a été développé et validé par ses soins, sans autorisation de la FDA, l’agence américaine du médicament.
Ce qui compte vraiment : la comparaison avec le LDL-c. Un LDL-P relativement plus haut que le LDL-c signale des particules petites et nombreuses.
Ce que dit la science
L’étude la plus citée vient de la cohorte MESA, 6 814 personnes sans maladie cardiovasculaire, publiée dans le Journal of Clinical Lipidology. Les chercheurs ont isolé la moitié des participants chez qui LDL-c et LDL-P divergeaient. Dans ce groupe, seul le LDL-P restait associé aux événements cardiovasculaires. L’épaisseur de la paroi des carotides suivait aussi le nombre de particules, pas le cholestérol.
Un point à connaître : le premier auteur travaillait pour LipoScience, qui commercialisait alors le test.
Le principe est confirmé par d’autres travaux. Une analyse de la biobanque britannique et de deux grands essais, publiée dans JAMA Cardiology, montre que le nombre de particules porteuses d’apolipoprotéine B résume le mieux le risque d’infarctus. Mais cette étude utilisait l’ApoB, pas la RMN.
D’où un niveau de preuve émergent. Le concept est solide. L’outil, lui, n’est pas standardisé entre laboratoires ni retenu par les recommandations européennes ESC/EAS 2019. Celles-ci préfèrent l’apolipoprotéine B, un dosage standardisé et disponible dans la plupart des laboratoires.
Les analyses à associer
L’apolipoprotéine B est l’alternative la plus accessible pour compter les particules. Le LDL-c permet de repérer une discordance. Les triglycérides en expliquent souvent l’origine. Les LDL petites et denses précisent la taille des particules comptées.
À retenir
- Le LDL-P compte les LDL par résonance magnétique nucléaire ;
- Les zones de Labcorp sont des percentiles de population, pas des objectifs ;
- Il éclaire les discordances avec le LDL-c ;
- En France, l’apolipoprotéine B rend un service comparable, à moindre coût.