Aller au contenu

SangLipides et risque cardiovasculairePreuve émergente

Nombre de particules LDL

Aussi appelée LDL-P · LDL particle number · Concentration en particules LDL

Les repères

  • Bas (sous le 20e percentile de la cohorte MESA) moins de 1 000 nmol/L
  • Modéré 1 000 à 1 300 nmol/L
  • Limite haute 1 300 à 1 600 nmol/L
  • Élevé 1 600 à 2 000 nmol/L
  • Très élevé (au-delà du 95e percentile) plus de 2 000 nmol/L

Source : Labcorp, LDL-P par RMN (test 123828). Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le nombre de particules LDL, ou LDL-P, compte directement les LDL circulantes par résonance magnétique nucléaire. Il peut révéler un risque caché quand le LDL-c paraît normal, mais reste un examen de spécialité, surtout américain.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher une discordance entre LDL-c et nombre de particules, fréquente en cas de résistance à l'insuline.
  • Évaluer un risque résiduel chez une personne traitée dont le LDL-c est dans l'objectif.
  • Compléter un profil avancé des lipoprotéines dans un cadre de prévention ou de recherche.
  • Juger la réponse à un traitement chez certains patients à haut risque, usage revendiqué par Labcorp.

Ce qui peut la fausser

  • Tube de prélèvement : Labcorp recommande un tube dédié (LipoTube) ; les autres tubes à gel séparateur sont refusés.
  • Délai avant centrifugation et conservation : à respecter strictement selon les consignes du laboratoire.
  • Protéines sanguines très élevées : interférence décrite par Labcorp.
  • Jeûne : les consignes varient selon les laboratoires ; suivez celles du vôtre.
  • Technique : un résultat obtenu par RMN ne se compare pas à celui d'une autre méthode de comptage.

Causes d’une valeur haute

  • Résistance à l'insuline, syndrome métabolique, diabète de type 2
  • Triglycérides élevés et HDL-c bas
  • Surpoids abdominal, sédentarité
  • Hypercholestérolémie, dont les formes familiales
  • Hypothyroïdie

Causes d’une valeur basse

  • Traitement hypolipémiant
  • Profil métabolique favorable
  • Hypobêtalipoprotéinémie (rare)

Prise de sangNMR LipoProfile de Labcorp (technique issue de LipoScience) et profils de lipoprotéines par RMN ; examen surtout proposé par des laboratoires américains.

nmol/LPreuve émergente7 sources

Profil sportif

Dans l'essai STRRIDE (New England Journal of Medicine), un volume d'exercice élevé a amélioré plusieurs paramètres des lipoprotéines mesurés par RMN, avec un effet lié à la quantité d'exercice plus qu'à son intensité. Aucun repère propre au sportif n'existe.

Ce que mesure l’analyse

Le LDL-P compte les particules de LDL au lieu de mesurer leur cholestérol. Quand les LDL sont petites et pauvres en cholestérol, leur nombre peut être élevé alors que le LDL-c semble rassurant.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le LDL-c pèse le cholestérol des LDL. Le LDL-P, lui, les compte. Il donne la concentration de particules LDL, exprimée en nanomoles par litre (nmol/L).

La mesure repose sur la résonance magnétique nucléaire (RMN), la même physique que l’IRM. Les lipides de chaque lipoprotéine émettent un signal dont la forme dépend de la taille de la particule. Un logiciel décompose le signal global et en déduit le nombre de particules de chaque taille.

Pourquoi compter ? Parce que le cholestérol par particule varie. Une LDL petite et dense en transporte moins qu’une LDL volumineuse. Deux personnes au même LDL-c peuvent donc avoir des nombres de particules très différents.

Or c’est le nombre de particules qui conditionne leur entrée dans la paroi artérielle.

Le même examen fournit d’autres paramètres, comme le nombre de particules HDL ou la taille moyenne des LDL. Le LDL-P reste toutefois la donnée principale du compte rendu.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang veineuse, avec des contraintes techniques propres à la RMN. Chez Labcorp, laboratoire américain qui commercialise la technique développée par LipoScience, le tube recommandé est un tube dédié, le LipoTube. Les tubes à gel séparateur classiques sont refusés. Le sérum doit être séparé rapidement, puis conservé au froid.

Les consignes de jeûne varient selon les laboratoires : suivez celles du vôtre. Un taux de protéines sanguines très élevé peut aussi gêner la mesure.

Ce test est surtout proposé par des laboratoires américains. Les résultats d’une autre technique de comptage ne se comparent pas directement.

Comment lire le résultat

Labcorp classe le résultat en cinq zones : bas sous 1000 nmol/L, modéré de 1000 à 1299, limite haute de 1300 à 1599, élevé de 1600 à 2000, très élevé au-delà de 2000.

Ces bornes ne sont pas des seuils de décision. Elles correspondent aux 20e, 50e, 80e et 95e percentiles d’une population de référence : 5 362 participants de la cohorte américaine MESA, sans traitement hypolipémiant.

Autrement dit : un LDL-P sous 1000 nmol/L vous place parmi les 20 % les plus bas de cette population.

Labcorp précise que ce test a été développé et validé par ses soins, sans autorisation de la FDA, l’agence américaine du médicament.

Ce qui compte vraiment : la comparaison avec le LDL-c. Un LDL-P relativement plus haut que le LDL-c signale des particules petites et nombreuses.

Ce que dit la science

L’étude la plus citée vient de la cohorte MESA, 6 814 personnes sans maladie cardiovasculaire, publiée dans le Journal of Clinical Lipidology. Les chercheurs ont isolé la moitié des participants chez qui LDL-c et LDL-P divergeaient. Dans ce groupe, seul le LDL-P restait associé aux événements cardiovasculaires. L’épaisseur de la paroi des carotides suivait aussi le nombre de particules, pas le cholestérol.

Un point à connaître : le premier auteur travaillait pour LipoScience, qui commercialisait alors le test.

Le principe est confirmé par d’autres travaux. Une analyse de la biobanque britannique et de deux grands essais, publiée dans JAMA Cardiology, montre que le nombre de particules porteuses d’apolipoprotéine B résume le mieux le risque d’infarctus. Mais cette étude utilisait l’ApoB, pas la RMN.

D’où un niveau de preuve émergent. Le concept est solide. L’outil, lui, n’est pas standardisé entre laboratoires ni retenu par les recommandations européennes ESC/EAS 2019. Celles-ci préfèrent l’apolipoprotéine B, un dosage standardisé et disponible dans la plupart des laboratoires.

Les analyses à associer

L’apolipoprotéine B est l’alternative la plus accessible pour compter les particules. Le LDL-c permet de repérer une discordance. Les triglycérides en expliquent souvent l’origine. Les LDL petites et denses précisent la taille des particules comptées.

À retenir

  • Le LDL-P compte les LDL par résonance magnétique nucléaire ;
  • Les zones de Labcorp sont des percentiles de population, pas des objectifs ;
  • Il éclaire les discordances avec le LDL-c ;
  • En France, l’apolipoprotéine B rend un service comparable, à moindre coût.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Un LDL-P supérieur à 2000 nmol/L est classé par Labcorp comme…

  2. 02Un LDL-c normal exclut-il un LDL-P élevé ?

  3. 03Sous quel seuil Labcorp classe-t-il le LDL-P comme bas ?

  4. 04Les zones de Labcorp sont-elles des objectifs de traitement ?

  5. 05Les recommandations européennes retiennent-elles le LDL-P ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 7

  1. 1Labcorp. LDL-P (test 123828), résonance magnétique nucléaire : prélèvement, interférences et intervalles de référence.
  2. 2Labcorp. Exemple de compte rendu NMR LipoProfile : zones de LDL-P aux 20e, 50e, 80e et 95e percentiles de 5 362 participants de la cohorte MESA sans traitement hypolipémiant.
  3. 3OhioHealth Laboratory Services. Profil des lipoprotéines par RMN (test LAB1048) : LDL-P, HDL-P, petites LDL-P et taille des LDL avec leurs percentiles.
  4. 4Otvos JD, Mora S, Shalaurova I, Greenland P, Mackey RH, Goff DC Jr. Clinical implications of discordance between low-density lipoprotein cholesterol and particle number. J Clin Lipidol. 2011;5(2):105-113.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.