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SangLipides et risque cardiovasculairePreuve émergente

LDL petites et denses

Aussi appelée sdLDL · sdLDL-c · Small dense LDL · LDL denses

Les repères

  • Sous le seuil de risque accru moins de 50 mg/dL
  • Risque coronarien accru plus de 50 mg/dL

Source : Quest Diagnostics, sdLDL (code 36406), méthode enzymatique Denka. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Les LDL petites et denses sont la fraction la plus compacte des LDL, abondante en cas de triglycérides élevés et de résistance à l'insuline. Leur dosage direct prédit le risque coronarien dans de grandes cohortes, sans être entré dans les recommandations.

Pourquoi on la demande

  • Affiner le risque coronarien quand le LDL-c semble normal mais que le profil métabolique est défavorable.
  • Explorer un profil associant triglycérides élevés et HDL-c bas.
  • Compléter un bilan avancé des lipoprotéines en prévention.
  • Suivre l'évolution après un changement d'hygiène de vie ou de traitement, dans les centres qui proposent le dosage.

Ce qui peut la fausser

  • Jeûne : demandé par Mayo Clinic Laboratories ; un repas riche en graisses élève les triglycérides, étroitement liés à cette fraction.
  • Technique : un dosage enzymatique direct ne se compare pas à une électrophorèse ou à une mesure par RMN.
  • Conservation : Mayo Clinic Laboratories préfère un sérum congelé si l'analyse est différée.
  • Hémolyse, lipémie ou ictère marqués : échantillon refusé par certains laboratoires.
  • Alcool la veille, diabète déséquilibré : ils peuvent élever le résultat en faisant monter les triglycérides.

Causes d’une valeur haute

  • Résistance à l'insuline, syndrome métabolique, diabète de type 2
  • Triglycérides élevés, HDL-c bas
  • Surpoids abdominal, sédentarité
  • Alimentation riche en sucres rapides
  • Hyperlipidémie familiale combinée

Causes d’une valeur basse

  • Triglycérides bas, bonne sensibilité à l'insuline
  • Traitement hypolipémiant
  • Perte de poids, activité physique régulière

Prise de sangsdLDL de Quest Diagnostics (code 36406) et de Mayo Clinic Laboratories, par dosage enzymatique direct (réactif Denka) ; profils avancés des lipoprotéines.

mg/dLPreuve émergente7 sources

Profil sportif

Aucune valeur propre au sportif n'a été établie. Les LDL petites et denses suivent étroitement les triglycérides et la résistance à l'insuline, deux paramètres que l'entraînement améliore. Dans l'essai STRRIDE (New England Journal of Medicine), un volume d'exercice élevé a amélioré plusieurs paramètres des lipoprotéines mesurés par RMN.

Ce que mesure l’analyse

Ce dosage mesure le cholestérol porté par les LDL les plus petites et les plus denses. Elles s'accumulent quand les triglycérides sont élevés et franchiraient plus facilement la paroi des artères.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Les LDL ne sont pas toutes identiques. Leur taille et leur densité varient. Les plus volumineuses transportent beaucoup de cholestérol. Les plus petites et les plus denses en transportent moins, mais se comportent de façon plus agressive pour les artères.

Leur formation suit une mécanique précise. Quand les triglycérides sont élevés, les VLDL échangent leurs triglycérides contre le cholestérol des LDL. Une enzyme du foie, la lipase hépatique, dégrade ensuite ces triglycérides. La LDL rétrécit et se densifie.

C’est pourquoi les LDL petites et denses abondent en cas de résistance à l’insuline.

Une fois formées, elles se lient moins bien au récepteur des LDL du foie. Elles circulent donc plus longtemps, s’oxydent plus facilement et franchissent mieux la paroi des vaisseaux.

Le dosage enzymatique direct, mis au point par le fabricant japonais Denka, mesure le cholestérol contenu dans cette fraction : on parle de sdLDL-c.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang veineuse. Mayo Clinic Laboratories demande un jeûne et préfère un sérum congelé si l’analyse est différée. Comme la fraction dense dépend des triglycérides, évitez un repas riche en graisses, l’alcool et un effort inhabituel la veille.

Ce test est surtout proposé par des laboratoires américains, comme Quest Diagnostics ou Mayo Clinic Laboratories. Les résultats d’une autre technique, électrophorèse ou résonance magnétique nucléaire, ne se comparent pas directement.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en mg/dL, l’unité des laboratoires américains. Pour obtenir des g/L, divisez par 100.

Quest Diagnostics et Mayo Clinic Laboratories retiennent un seuil unique. En dessous de 50 mg/dL, la valeur se situe dans l’intervalle de référence. À partir de 50 mg/dL, le risque coronarien est jugé accru.

Quest précise que ce seuil correspond approximativement au 75e percentile de sujets en bonne santé de la cohorte américaine MESA. Le risque pourrait augmenter encore avec la concentration.

Ce qui compte vraiment : le contexte. Un sdLDL-c élevé accompagne le plus souvent des triglycérides hauts et un HDL-c bas. Il confirme alors un profil déjà visible sur un bilan standard plus qu’il ne le découvre.

Ce que dit la science

Deux grandes cohortes plaident pour ce marqueur.

Dans l’étude ARIC, plus de 11 000 participants suivis environ 11 ans (Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology), le quart de la population au sdLDL-c le plus élevé présentait un risque coronarien accru de 51 % par rapport au quart le plus bas. L’association persistait chez des personnes jugées à faible risque d’après leur LDL-c.

Dans la cohorte de Framingham, 3 094 personnes suivies 16 ans (Journal of the American Heart Association), le sdLDL-c était le paramètre lipidique le plus fortement associé aux maladies cardiovasculaires. Une fois intégré au calcul de risque, aucun autre paramètre spécialisé n’apportait d’information supplémentaire.

Mais la question de fond reste ouverte. Les LDL petites sont-elles plus dangereuses en elles-mêmes, ou simplement plus nombreuses ?

Une analyse de la biobanque britannique et de deux grands essais (JAMA Cardiology) montre que le risque d’infarctus suit le nombre de particules porteuses d’apolipoprotéine B, indépendamment de leur type ou de leur contenu.

D’où un niveau de preuve émergent. Aucune recommandation ne fait du sdLDL-c une cible, et l’apolipoprotéine B capte une grande partie de son information.

Les analyses à associer

Les triglycérides pilotent la formation des LDL petites et denses. L’apolipoprotéine B compte toutes les particules, quelle que soit leur taille. Le nombre de particules LDL précise si les petites LDL sont aussi nombreuses. Le HDL-c complète le profil de la résistance à l’insuline.

À retenir

  • Les LDL petites et denses naissent surtout d’un excès de triglycérides ;
  • Les laboratoires américains signalent un risque accru à partir de 50 mg/dL ;
  • Elles prédisent le risque coronarien dans de grandes cohortes ;
  • L’apolipoprotéine B, plus accessible, en capte l’essentiel.

Testez-vous

4 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01À partir de quelle valeur Quest Diagnostics signale-t-il un risque accru ?

  2. 02Les LDL petites et denses sont-elles plus abondantes quand le profil lipidique est défavorable ?

  3. 03Une valeur inférieure à 50 mg/dL…

  4. 04Les LDL petites et denses sont-elles plus dangereuses en elles-mêmes, ou surtout plus nombreuses ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 7

  1. 1Quest Diagnostics. sdLDL (code 36406), méthode enzymatique : intervalle de référence inférieur à 50,0 mg/dL.
  2. 2Quest Diagnostics. sdLDL, test summary (seuil de 50 mg/dL approché du 75e percentile de sujets sains de la cohorte MESA ; réactif s LDL-EX « Seiken », Denka).
  3. 3Mayo Clinic Laboratories. Small Dense Low Density Lipoprotein Cholesterol, Serum (SDLDL) : jeûne, conservation congelée, valeurs de référence (fiche reprise dans un catalogue d'établissement partenaire).
  4. 4Hoogeveen RC, Gaubatz JW, Sun W, et al. Small dense low-density lipoprotein-cholesterol concentrations predict risk for coronary heart disease: the Atherosclerosis Risk In Communities (ARIC) study. Arterioscler Thromb Vasc Biol. 2014;34(5):1069-1077.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.