Ce que mesure l’analyse
La SHBG (sex hormone-binding globulin, ou protéine porteuse des hormones sexuelles) est une protéine du sang qui transporte les hormones sexuelles. Selon Mayo Clinic Laboratories, il s’agit d’un homodimère de 95 kDa, fabriqué surtout par le foie, dont la demi-vie est d’environ sept jours. Elle fixe fortement la dihydrotestostérone (DHT), moyennement la testostérone et l’œstradiol, et faiblement l’œstrone, la DHEA, l’androstènedione et l’œstriol. L’albumine fixe aussi les hormones sexuelles, mais environ 100 fois moins fortement pour la testostérone.
La SHBG influence ainsi l’équilibre entre androgènes et œstrogènes disponibles pour les tissus : plus elle est élevée, moins il reste de testostérone libre.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang. La SHBG varie peu au cours de la journée (Brambilla et coll., 2009) : suivez simplement les consignes de votre laboratoire pour le jeûne et l’heure, souvent dictées par les autres dosages du bilan. Signalez les traitements hormonaux (œstrogènes, androgènes, antiandrogènes, hormones thyroïdiennes) : ils modifient la SHBG.
Mayo prévient que, chez les personnes atteintes de cirrhose ou de troubles thyroïdiens infracliniques, les résultats peuvent être erronés, et que des anticorps hétérophiles peuvent perturber un immunodosage.
Comment lire le résultat
L’unité est le nmol/L. Le laboratoire Mayo Clinic donne, avec un immunodosage enzymatique de type sandwich (Beckman Access), 13,3 à 89,5 nmol/L chez l’homme de 18 ans et plus, 18,2 à 135,5 nmol/L chez la femme de 18 à 46 ans, et 16,8 à 125,2 nmol/L chez la femme ménopausée de 47 à 91 ans. Il n’a pas établi de valeurs de référence pour la femme enceinte. Ces intervalles dépendent de la méthode : comparez toujours votre résultat à celui imprimé sur votre compte rendu.
Ce qui fait varier la SHBG, selon Mayo :
- elle augmente avec les hormones thyroïdiennes (hyperthyroïdie), les œstrogènes, l’anorexie mentale et la grossesse ;
- elle diminue avec les androgènes, l’insuline élevée et la résistance à l’insuline ;
- elle remonte quand la résistance à l’insuline diminue (perte de poids, metformine) ;
- elle augmente progressivement avec l’âge chez l’homme.
Un variant génétique de la SHBG (Asp327Asn), présent chez 10 à 20 % de la population, ralentit sa dégradation et élève sa concentration (Mayo).
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « courant » (b). La Society for Endocrinology et l’ACB recommandent de vérifier la SHBG chez les hommes dont une affection peut la modifier et chez ceux dont la testostérone totale est limite ; la testostérone libre calculée aide alors à trancher (Jayasena et coll., 2023). L’EAU invite aussi à y songer quand la SHBG est susceptible d’être anormale.
Le lien avec le diabète est solide mais son usage individuel reste à démontrer. Dans l’étude de Ding et coll. (NEJM 2009), les femmes ménopausées et les hommes dont la SHBG était la plus basse avaient un risque nettement plus élevé de diabète de type 2 que ceux dont elle était la plus haute ; les auteurs notent que l’utilité clinique de la SHBG pour stratifier ce risque mérite d’être étudiée plus avant. Mayo la présente comme un possible complément d’évaluation, particulièrement chez la femme.
Les analyses à associer
La testostérone totale et la testostérone libre se lisent avec la SHBG. L’indice HOMA-IR estime la résistance à l’insuline, dont la SHBG basse est un marqueur. La TSH situe la fonction thyroïdienne, car les hormones thyroïdiennes augmentent la SHBG.
À retenir
- La SHBG fixe les hormones sexuelles et réduit la fraction libre.
- Une SHBG basse évoque une résistance à l’insuline ou un excès d’androgènes ; une SHBG haute évoque une hyperthyroïdie, des œstrogènes, une dénutrition ou l’âge.
- Elle sert surtout à interpréter la testostérone, pas à elle seule à poser un diagnostic.
- Les intervalles dépendent de la méthode ; discutez toute valeur anormale avec un médecin.