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TSH

Aussi appelée Thyréostimuline · Thyrotropine · TSH ultrasensible · TSH-us

La TSH est l'hormone par laquelle l'hypophyse commande la thyroïde. C'est le premier dosage recommandé par la HAS devant une suspicion de trouble thyroïdien.

Prise de sangFamille : thyroïdePreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Trop basse : sous la limite du laboratoire moins de 0,27 mUI/L (équivalent à mIU/L et à
  • Valeur de référence adulte (Roche Elecsys) 0,27 à 4,2 mUI/L (équivalent à mIU/L et à
  • À surveiller : TSH modérément élevée avec T4 libre normale ( 4,2 à 10 mUI/L (équivalent à mIU/L et à
  • Élevée : au-delà de ce seuil sur deux examens, un traitement plus de 10 mUI/L (équivalent à mIU/L et à

Adulte · Source des repères : Roche Elecsys TSH (Reference Intervals for Children and Adults, Roche Diagnostics Ltd, 2021), repris par Gloucestershire Hospitals NHS ; HAS, fiche pertinence Hypothyroïdie (2019).

mUI/L (équivalent à mIU/L et à

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La TSH est l'hormone par laquelle l'hypophyse commande la thyroïde. Elle monte quand la thyroïde produit trop peu d'hormones et baisse quand elle en produit trop. Son seuil dépend de la méthode, de l'âge et de la grossesse.

À lire avec

Prise de sangBilan thyroïdien de première intention ; bilan de suivi sous lévothyroxine ; bilan préconceptionnel ou de début de grossesse.

mUI/L (équivalent à mIU/L et àPreuve validée18 sources

Profil sportif

Un déficit énergétique marqué (jeûne, restriction, charge d'entraînement élevée) ralentit l'axe thyroïdien. Chez des femmes entraînées, la T3 baissait et la T3 inverse montait en quelques jours de manque d'énergie (Loucks et Callister, 1993). Lors du jeûne, les hormones thyroïdiennes baissent sans hausse de la TSH (Boelen et al., 2008). Une TSH normale n'écarte donc pas ce ralentissement : lisez-la avec la T4 libre et la T3 libre, et signalez vos compléments de biotine.

Pourquoi on la demande

  • Symptômes pouvant évoquer une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie : c'est l'examen de première intention recommandé par la HAS
  • Contrôle d'une TSH anormale, avant toute décision de traitement
  • Suivi d'un traitement par lévothyroxine : 6 à 8 semaines après un début ou un changement de dose, puis une fois par an (HAS)
  • Période préconceptionnelle ou début de grossesse, surtout en cas d'antécédents familiaux, de maladie auto-immune ou de difficultés à concevoir (HAS, 2023)
  • Après 65 ans, uniquement en cas de symptômes évocateurs, de troubles cognitifs récents ou inexpliqués, ou d'antécédents cardiovasculaires (HAS, 2023)

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Hyperthyroïdie : maladie de Basedow (environ 70 % des hyperthyroïdies selon la HAS) ou nodules toxiques
  • Traitement par lévothyroxine trop dosé
  • Début de grossesse : une TSH transitoirement basse est souvent observée (ATA, 2017)
  • Hypothyroïdie d'origine centrale (hypophyse ou hypothalamus) : la TSH peut être normale ou basse malgré une T4 libre basse (HAS)
  • Maladie sévère non thyroïdienne : TSH normale ou légèrement abaissée (Fliers et al., 2015)
  • Biotine à forte dose (artefact de dosage)

Causes d’une valeur haute

  • Hypothyroïdie primaire, le plus souvent d'origine auto-immune (thyroïdite de Hashimoto), avérée ou fruste
  • Traitement par lévothyroxine insuffisant ou pris de façon irrégulière
  • Thyroïdite subaiguë ou convalescence d'une maladie aiguë (hausse transitoire)
  • Médicaments comme le lithium ou l'amiodarone

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Biotine (vitamine B8) à forte dose : TSH faussement basse sur certains dosages
  • Maladie aiguë ou convalescence : TSH parfois élevée de façon transitoire puis normalisée (HAS)
  • Médicaments : amiodarone et lithium, entre autres (ETA, 2013)
  • Heure du prélèvement : la TSH est plus haute la nuit que dans la journée ; préférez un horaire matinal et constant d'un bilan à l'autre
  • Grossesse : les seuils changent à chaque trimestre
  • Âge : la limite haute observée augmente chez les personnes très âgées
  • Méthode de dosage : les repères diffèrent d'un laboratoire à l'autre

Ce que mesure l’analyse

La TSH (thyréostimuline) est une hormone fabriquée par l’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau. Son rôle : commander la thyroïde. Elle fonctionne comme un thermostat. Quand les hormones thyroïdiennes baissent, l’hypophyse envoie plus de TSH. Quand elles montent, elle en envoie moins. Une petite variation de T4 libre provoque une grande variation de TSH : c’est pourquoi la TSH est plus sensible que le dosage direct des hormones (ETA, 2018). La HAS en tire une règle simple : une TSH normale suffit à écarter une dysthyroïdie, c’est-à-dire un trouble du fonctionnement thyroïdien. L’exception principale est l’hypothyroïdie centrale, où l’hypophyse ne commande plus correctement la thyroïde et où la TSH peut être normale ou basse.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang. Les recommandations consultées n’exigent pas de préparation particulière, mais l’horaire compte. La TSH suit un rythme sur 24 heures : plus haute la nuit, plus basse le jour (Weeke et Gundersen, 1978). Une mesure à 9 h reflète bien la sécrétion de la journée (Society for Endocrinology). Faites vos contrôles à une heure comparable, de préférence le matin.

Signalez vos compléments. La biotine à forte dose (cheveux, ongles, peau) peut rendre la TSH faussement basse sur certains automates (FDA, 2017, mise à jour 2019). Un laboratoire hospitalier britannique demande d’attendre 8 heures après la dernière prise au-delà de 5 mg par jour (Gloucestershire Hospitals NHS). Si vous prenez de la lévothyroxine, suivez la consigne de votre médecin pour l’heure de la prise.

Comment lire le résultat

L’unité est le mUI/L, équivalent du mIU/L et du µUI/mL. Pour le test Roche Elecsys, la fourchette adulte va de 0,27 à 4,2 mUI/L. Dans l’enquête américaine NHANES III, la limite haute (97,5e percentile) était de 4,12 mUI/L chez 13 344 personnes sans maladie thyroïdienne ni anticorps (Hollowell et al., 2002).

Pour la HAS, une TSH au-delà de 4 mUI/L avec une T4 libre normale définit l’hypothyroïdie fruste. Une TSH au-delà de 10 mUI/L, confirmée sur deux examens, ouvre la discussion d’un traitement. L’ETA (2013) conseille de recontrôler une TSH élevée après 2 à 3 mois, avec la T4 libre et les anti-TPO, car une hausse peut être passagère.

Trois situations changent la lecture. L’âge d’abord : chez les adultes de 20 à 29 ans, la limite haute observée est de 3,56 mUI/L, contre 7,49 mUI/L à partir de 80 ans, et 70 % des personnes âgées dont la TSH dépasse 4,5 mUI/L restaient dans leur propre fourchette d’âge (Surks et Hollowell, 2007). La grossesse ensuite : les seuils sont propres à chaque trimestre. Enfin, l’individu lui-même : la HAS rappelle que l’intervalle de normalité d’une personne peut être plus étroit que celui du laboratoire (notion de « set point »).

Ce que dit la science

La HAS ne recommande pas de dépister l’hypothyroïdie chez les personnes sans symptôme. En 2013, 30 % des débuts de traitement par lévothyroxine se faisaient sans dosage préalable de TSH, ce que la HAS juge inacceptable. Après 65 ans, l’âge seul ne justifie pas le dosage.

Le seuil « idéal » fait débat. Des experts américains avaient proposé une limite haute de 2,5 mUI/L, mais dans NHANES III, 10,6 % des 20 à 29 ans sans maladie dépassent déjà 2,5 mUI/L, et 40 % des 80 ans et plus (Surks et Hollowell, 2007). Les valeurs dites « optimales » de la médecine fonctionnelle ne font donc pas consensus. L’ETA retient une cible de 0,4 à 2,5 mUI/L seulement pour les personnes traitées par lévothyroxine.

La TSH élevée prédit l’évolution. Dans l’étude de Whickham, le risque annuel de devenir franchement hypothyroïdien était d’environ 4,3 % chez les femmes cumulant TSH élevée et anticorps, contre environ 2 % pour les anticorps seuls (Vanderpump et al., 1995).

Une TSH peut aussi être trompeuse : élevée après une maladie aiguë, basse lors d’une maladie sévère non thyroïdienne (Fliers et al., 2015), basse en début de grossesse (ATA, 2017).

Les analyses à associer

La T4 libre classe la TSH anormale. Les anticorps anti-TPO cherchent une origine auto-immune. La T3 libre et les anticorps anti-récepteur de la TSH aident quand la TSH est basse.

À retenir

  • La TSH est le premier examen recommandé par la HAS devant des symptômes thyroïdiens.
  • Les repères changent avec la méthode, l’âge et le trimestre de grossesse.
  • Une TSH un peu au-dessus de la norme n’est pas une maladie à elle seule : elle se contrôle.
  • Biotine, maladie récente, médicaments et horaire peuvent la déplacer.
  • Chez le sportif en déficit d’énergie, une TSH normale n’exclut pas une T3 basse.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Devant des symptômes évocateurs d'une thyroïde paresseuse, quel dosage la HAS recommande-t-elle en premier ?

  2. 02Pour le test Roche Elecsys, quelle est la limite haute de la TSH chez l'adulte ?

  3. 03Selon la HAS, à partir de quelle TSH, confirmée sur deux dosages successifs, discute-t-on un traitement d'une hypothyroïdie fruste ?

  4. 04Vous prenez de la biotine à forte dose. Que peut-il arriver à votre TSH ?

  5. 05Pendant la grossesse, comment lit-on la TSH ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 18

  1. 1HAS. Hypothyroïdie : ressenti du patient, clinique et TSH sont essentiels (fiche pertinence des soins, 2019)
  2. 2HAS. Dysthyroïdies : la HAS publie un socle complet de recommandations (communiqué, 14 mars 2023)
  3. 3Le Quotidien du Médecin. Dysthyroïdies : un nouveau socle de recommandations de la HAS (2023)
  4. 4Pearce SHS et al. 2013 ETA Guideline: Management of Subclinical Hypothyroidism. Eur Thyroid J 2013;2:215-228. doi:10.1159/000356507

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.