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Anticorps anti-thyroglobuline

Aussi appelée Anti-Tg · TgAb · Ac anti-Tg

Les anticorps anti-thyroglobuline visent la protéine de stockage des hormones thyroïdiennes. Leur intérêt tient moins au diagnostic de thyroïdite qu'au suivi d'un cancer thyroïdien différencié.

Prise de sangFamille : thyroïdePreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Négatif : Roche Elecsys Anti-Tg, électrochimiluminescence moins de 115 UI/mL
  • Positif : Roche Elecsys Anti-Tg plus de 115 UI/mL

Source des repères : Alfred Health Pathology Handbook, Anti-Thyroglobulin Antibodies.

UI/mL

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Les anti-Tg sont des auto-anticorps dirigés contre la thyroglobuline. Isolés, ils renseignent peu sur une maladie de la thyroïde. Ils comptent surtout parce qu'ils peuvent fausser le dosage de la thyroglobuline après un cancer thyroïdien.

Pourquoi on la demande

  • Accompagner chaque dosage de thyroglobuline dans le suivi d'un cancer thyroïdien différencié, car ces anticorps peuvent fausser la thyroglobuline
  • Suivre la tendance des anticorps après traitement d'un cancer thyroïdien différencié : une hausse est un signal à discuter
  • Compléter les anti-TPO pour documenter une thyroïdite auto-immune, avec un intérêt limité s'ils sont isolés

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Thyroïdite de Hashimoto
  • Maladie de Basedow
  • Cancer thyroïdien différencié : des anti-Tg sont détectés chez 20 à 40 % des patients (Biomnis)
  • Médicaments cités plus haut
  • Positivité sans maladie connue : environ une personne sur dix dans NHANES III

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Méthode et seuil : Roche Elecsys indique 115 UI/mL, d'autres réactifs utilisent un seuil différent
  • Changement de réactif entre deux bilans : un biais a été signalé sur certains lots (ANSM, lettre de sécurité Siemens)
  • Biotine à forte dose : elle peut donner des anti-Tg faussement élevés sur certains dosages
  • Thyroglobuline très élevée : au-delà de 2 000 µg/L, les anti-Tg peuvent paraître faussement élevés
  • Plasma sur héparine de lithium : tube non adapté à certains dosages
  • Médicaments inducteurs d'anticorps antithyroïdiens : amiodarone, lithium, interféron alpha, interleukine 2, GM-CSF

Ce que mesure l’analyse

La thyroglobuline (Tg) est une grosse protéine fabriquée uniquement par les cellules de la thyroïde. Elle sert de réserve : c’est sur elle que se fabriquent les hormones thyroïdiennes. Les anticorps anti-thyroglobuline (anti-Tg) sont des auto-anticorps dirigés contre cette protéine. Ils sont un ensemble d’anticorps d’affinité variable, retrouvés dans la thyroïdite de Hashimoto, la maladie de Basedow et le cancer thyroïdien. De faibles taux existent chez des personnes normales (Eurofins Biomnis).

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang. Un laboratoire hospitalier australien précise que le plasma sur héparine de lithium n’est pas adapté à ce dosage, que le sérum se conserve 8 jours entre 2 et 8 °C, et qu’une prise de biotine peut donner des résultats faussement élevés (Alfred Health Pathology). Signalez donc toute supplémentation en biotine.

Comment lire le résultat

L’unité est l’UI/mL. Pour le test Roche Elecsys Anti-Tg, un résultat inférieur à 115 UI/mL est négatif. D’autres réactifs utilisent d’autres seuils : celui du test Atellica IM de Siemens est de 60 U/mL selon la notice, et l’ANSM a signalé en 2018 un biais positif sur certains lots. Une personne qui change de laboratoire ou de réactif peut donc voir son résultat changer sans que sa thyroïde ait changé. Comparez toujours deux résultats obtenus avec la même méthode.

La valeur exacte compte moins que le sens et la tendance. Un anti-Tg isolé, sans anti-TPO, est peu informatif sur une maladie thyroïdienne. Chez une personne suivie pour un cancer, c’est la variation dans le temps qui compte.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est celui d’un examen courant. Dans NHANES III, les anti-Tg étaient positifs chez 10,4 % des adultes sans maladie thyroïdienne connue, plus souvent chez les femmes et avec l’âge. Contrairement aux anti-TPO, ils n’étaient pas significativement associés à une hypo- ou une hyperthyroïdie lorsqu’ils étaient seuls (Hollowell et al., 2002).

Leur grand intérêt est ailleurs : ils peuvent fausser le dosage de la thyroglobuline, utilisée comme marqueur de suivi après un cancer thyroïdien différencié. Selon Biomnis, ils sont détectés chez 20 à 40 % des patients atteints d’un tel cancer. Avec un dosage de type sandwich, leur présence entraîne une valeur de thyroglobuline faussement basse, et le seul moyen sûr est de juger le résultat ininterprétable plutôt que de le croire rassurant.

Quand les anti-Tg sont présents, ils servent eux-mêmes de marqueur. Après un traitement complet, ils disparaissent en règle générale en deux à trois ans : leur persistance ou leur réapparition en regard d’une thyroglobuline indétectable est un indicateur possible de maladie persistante (Biomnis). Les recommandations de l’ATA (2015) classent une hausse des anti-Tg avec imagerie négative comme une réponse biochimique incomplète, et une mise à jour de 2025 insiste davantage sur la tendance des anti-Tg que sur leur valeur isolée (Endocrine, 2025). Ces éléments se discutent avec l’équipe médicale.

Les limites sont nettes : pas de standard commun entre réactifs, interférences (biotine, thyroglobuline très élevée), et un intérêt limité hors suivi du cancer thyroïdien.

Les analyses à associer

La thyroglobuline se dose avec les anti-Tg. Les anti-TPO et la TSH complètent le bilan thyroïdien. Les anticorps anti-récepteur de la TSH sont ceux de la maladie de Basedow.

À retenir

  • Les anti-Tg sont surtout utiles pour savoir si la thyroglobuline est fiable.
  • Isolés, ils renseignent peu sur une maladie thyroïdienne.
  • Leur seuil dépend du réactif : ne comparez que des résultats issus de la même méthode.
  • Après un cancer thyroïdien, c’est leur évolution qui est suivie.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Pourquoi dose-t-on les anti-Tg en même temps que la thyroglobuline ?

  2. 02Dans NHANES III, des anti-Tg seuls, sans anti-TPO, étaient-ils associés à une maladie thyroïdienne ?

  3. 03Chez une personne suivie après un cancer thyroïdien différencié, que peut signifier une hausse des anti-Tg ?

  4. 04Après un traitement complet d'un cancer thyroïdien différencié, que deviennent en général les anti-Tg ?

  5. 05Le seuil de positivité des anti-Tg est-il le même quel que soit le réactif ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 8

  1. 1Alfred Health Pathology Handbook. Anti-Thyroglobulin Antibodies (intervalle de référence inférieur à 115 UI/mL, biotine, plasma héparine de lithium, Tg élevée)
  2. 2Institut de chimie clinique, Université de Magdeburg. Information 1/2018 : passage aux tests Roche, anti-Tg inférieur à 115 UI/mL
  3. 3ANSM. Lettre de sécurité Siemens Healthineers FSCA CC19-04 : biais positif du test Atellica IM Anti-Thyroglobulin (seuil 60 U/mL selon la notice)
  4. 4Eurofins Biomnis. Précis de biopathologie : thyroglobuline (interférence des anticorps anti-Tg, suivi, médicaments)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.