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Anticorps anti-thyroperoxydase

Aussi appelée Anti-TPO · TPOAb · Ac anti-thyroperoxydase · Anticorps anti-microsomes thyroïdiens (ancien nom)

Les anticorps anti-TPO sont dirigés contre une enzyme clé de la thyroïde. Ils sont le meilleur marqueur d'auto-immunité thyroïdienne, sans être nécessaires pour diagnostiquer une hypothyroïdie.

Prise de sangFamille : thyroïdePreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Négatif : méthode historique Roche Elecsys Anti-TPO moins de 34 UI/mL (équivalent à kUI/L)
  • Positif : méthode historique Roche Elecsys Anti-TPO plus de 34 UI/mL (équivalent à kUI/L)

Source des repères : Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie : anticorps anti-thyroperoxydase (indicatif, chimiluminescence).

UI/mL (équivalent à kUI/L)

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Les anti-TPO sont des auto-anticorps qui visent une enzyme de la thyroïde. Leur présence signale une auto-immunité thyroïdienne et un risque d'évolution plus élevé, mais ne prouve pas à elle seule une maladie.

Pourquoi on la demande

  • Chercher une origine auto-immune à une TSH élevée (HAS)
  • Évaluer le risque d'évolution d'une hypothyroïdie fruste vers une hypothyroïdie avérée (HAS, ETA)
  • Femme enceinte avec une TSH supérieure à 2,5 mUI/L : l'ATA (2017) recommande de rechercher les anti-TPO
  • Suspicion de thyroïdite auto-immune (maladie de Hashimoto) devant un goitre ou des symptômes évocateurs

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Thyroïdite auto-immune de Hashimoto : les anti-TPO sont présents dans 90 à 98 % des cas selon Biomnis
  • Maladie de Basedow et autres maladies thyroïdiennes auto-immunes : les anti-TPO sont associés à l'hypothyroïdie comme à l'hyperthyroïdie (NHANES III)
  • Anticorps induits par certains médicaments (amiodarone, lithium)
  • Positivité sans maladie connue : plus d'une personne sur dix dans une population sans maladie thyroïdienne déclarée

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Méthode et réactif : le seuil de positivité n'est pas le même d'un laboratoire à l'autre
  • Changement de réactif entre deux bilans : certains laboratoires introduisent une nouvelle génération de test avec un seuil plus bas, les résultats ne sont plus comparables
  • Médicaments pouvant induire des anticorps antithyroïdiens : amiodarone, lithium, et d'autres cités par Biomnis
  • Âge et sexe : les anti-TPO sont plus fréquents chez les femmes et augmentent avec l'âge

Ce que mesure l’analyse

La thyroperoxydase (TPO) est une enzyme située dans les cellules de la thyroïde. Elle est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Les anticorps anti-TPO sont des auto-anticorps, c’est-à-dire des anticorps produits par le système immunitaire contre une cible du corps lui-même. Ils sont le meilleur marqueur d’auto-immunité thyroïdienne : ils sont toujours corrélés à l’infiltration de la thyroïde par des cellules immunitaires (Eurofins Biomnis). Dans la thyroïdite de Hashimoto, ils sont présents dans 90 à 98 % des cas et apparaissent avant les symptômes (Biomnis).

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang. Les sources consultées ne décrivent pas de préparation particulière : suivez la consigne de votre laboratoire. Signalez vos médicaments : l’amiodarone et le lithium, entre autres, peuvent être à l’origine d’anticorps antithyroïdiens (Biomnis).

Comment lire le résultat

L’unité est l’UI/mL, équivalente au kUI/L. Le seuil de positivité dépend de la méthode, ce qui est le point le plus important de cette fiche. Avec la méthode historique Roche Elecsys, un résultat inférieur à 34 UI/mL est négatif (Université de Magdeburg ; Biomnis donne à titre indicatif moins de 34 kUI/L en chimiluminescence). Mais des laboratoires changent de réactif. Un laboratoire tchèque a annoncé en juin 2026 l’adoption d’une nouvelle génération (Elecsys Anti-TPO II) : le seuil de la population saine passe de 34 à 8 kU/L, et un seuil de 20 kU/L est défini pour le diagnostic de Hashimoto et des autres maladies thyroïdiennes auto-immunes. Les résultats de l’ancienne et de la nouvelle méthode ne sont pas comparables. Quand vous comparez deux bilans, vérifiez la méthode et le seuil du laboratoire.

Retenez surtout le sens du résultat : positif ou négatif. Un résultat positif n’a pas besoin d’être refait : la HAS juge inutile de renouveler le dosage.

Ce que dit la science

Dans l’enquête américaine NHANES III, les anti-TPO étaient positifs chez 11,3 % des adultes sans maladie thyroïdienne connue, plus souvent chez les femmes, et de plus en plus avec l’âge. Ils étaient associés à l’hypothyroïdie comme à l’hyperthyroïdie (Hollowell et al., 2002). Leur présence seule ne prouve donc pas une maladie.

Ils prédisent surtout l’évolution. Dans l’étude de Whickham, au Royaume-Uni, le risque annuel de devenir franchement hypothyroïdien était d’environ 4,3 % chez les femmes cumulant TSH élevée et anticorps, contre environ 2 % pour les anticorps seuls (Vanderpump et al., 1995 ; American Family Physician, 2015). La HAS (2019) et l’ETA (2013) en tirent la même conclusion : devant une TSH élevée, les anti-TPO aident à estimer le risque d’évolution d’une hypothyroïdie fruste.

Pendant la grossesse, l’ATA (2017) recommande de rechercher les anti-TPO chez toute femme dont la TSH dépasse 2,5 mUI/L. Leur positivité abaisse le seuil de discussion d’un traitement.

Les limites sont à connaître. Un test négatif n’exclut pas une thyroïdie auto-immune : l’étude de Spencer et al. (2007) montre que la limite haute de la TSH peut être faussée par des personnes anti-TPO négatives porteuses d’une atteinte auto-immune cachée. La HAS ne propose pas de dépistage des anti-TPO sans signe d’appel.

Les analyses à associer

La TSH et la T4 libre indiquent si la thyroïde fonctionne. Les anticorps anti-thyroglobuline complètent le bilan. Les anticorps anti-récepteur de la TSH sont ceux de la maladie de Basedow.

À retenir

  • Les anti-TPO cherchent une origine auto-immune, ils ne sont pas nécessaires pour diagnostiquer une hypothyroïdie.
  • Le seuil de positivité dépend du réactif : ne comparez pas deux méthodes différentes.
  • Ils peuvent être positifs sans maladie, mais augmentent le risque d’évoluer vers une hypothyroïdie.
  • Inutile de les refaire une fois positifs, selon la HAS.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Les anti-TPO sont-ils nécessaires pour diagnostiquer une hypothyroïdie ?

  2. 02Le seuil de positivité des anti-TPO est-il le même dans tous les laboratoires ?

  3. 03Vos anti-TPO sont positifs. Faut-il les refaire à chaque bilan ?

  4. 04Des anti-TPO positifs signifient-ils forcément que vous avez une maladie de la thyroïde ?

  5. 05Avec une TSH un peu élevée, des anti-TPO positifs changent-ils quelque chose ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 11

  1. 1Eurofins Biomnis. Précis de biopathologie : anticorps anti-thyroperoxydase (seuil indicatif, étalon OMS 66/387, fréquence dans la maladie de Hashimoto, médicaments)
  2. 2Institut de chimie clinique, Université de Magdeburg. Information 1/2018 : passage aux tests Roche, anti-TPO inférieur à 34 UI/mL, anti-Tg inférieur à 115 UI/mL
  3. 3Laboratoire NEMTA (République tchèque). Changement des limites de référence pour l'anti-TPO, nouvelle génération Roche Elecsys Anti-TPO II, juin 2026
  4. 4HAS. Hypothyroïdie : ressenti du patient, clinique et TSH sont essentiels (fiche pertinence des soins, 2019)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.