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Rapport T3 libre sur T3 inverse

Le rapport T3 libre sur T3 inverse compare la forme active et la forme inactive issues de la thyroxine. Aucun seuil n'est validé hors du contexte du grand malade.

Prise de sangFamille : thyroïdePreuve non validée

Testez-vous en 4 questions

En bref

Ce rapport compare la T3 libre, active, à la T3 inverse, inactive. Il baisse lors d'une maladie sévère ou d'un déficit d'énergie. Aucun repère validé ne permet de l'utiliser pour décider d'un traitement.

À lire avec

Prise de sangRapport calculé à partir d'un dosage de T3 libre et d'un dosage de T3 inverse, parfois proposé dans des bilans de médecine fonctionnelle.

Rapport sans unité : il dépendPreuve non validée8 sources

Profil sportif

Le déficit énergétique fait baisser la T3 et monter la T3 inverse, donc baisser leur rapport (Loucks et Callister, 1993). Chez le sportif, un rapport bas traduit surtout un manque d'énergie disponible. Il ne remplace ni l'évaluation de l'alimentation et de la charge d'entraînement, ni l'avis d'un médecin du sport.

Pourquoi on la demande

  • Demandé par certains praticiens de médecine fonctionnelle pour évaluer la « conversion » de la T4 en T3, sans seuil validé
  • En recherche chez le grand malade : le rapport T3 sur T3 inverse a une valeur pronostique
  • Pour décrire un ralentissement thyroïdien d'adaptation (maladie, jeûne, déficit énergétique) à partir de deux dosages déjà faits

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Maladie sévère (rapport T3 sur T3 inverse bas, associé à une mortalité plus élevée en soins intensifs)
  • Jeûne ou déficit énergétique marqué
  • Certains médicaments qui augmentent la T3 inverse (amiodarone, propranolol, dexaméthasone)

Causes d’une valeur haute

  • T3 libre élevée : hyperthyroïdie, prise de T3
  • T3 inverse basse : hypothyroïdie

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Toute cause qui fausse la T3 libre ou la T3 inverse fausse le rapport
  • Méthode et unités : T3 libre et T3 inverse n'ont pas toujours le même laboratoire ni les mêmes unités
  • Biotine à forte dose : T3 libre faussement haute sur certains dosages
  • Saison : la T3 inverse est plus haute en été chez l'euthyroïdien
  • Maladie aiguë, jeûne, déficit énergétique : le rapport baisse sans maladie de la thyroïde
  • Médicaments qui modifient la T3 inverse (propranolol, amiodarone, dexaméthasone, phénytoïne)

Ce que mesure l’analyse

Ce rapport n’est pas un dosage : c’est un calcul. On divise la T3 libre, forme active des hormones thyroïdiennes, par la T3 inverse, forme inactive. L’idée est séduisante. Si l’organisme transforme la thyroxine (T4) davantage vers la T3 inverse que vers la T3, le rapport baisse. On y voit un indicateur de la « conversion » de la T4. Dans le corps, cette transformation est assurée par des enzymes, les désiodases, qui adaptent la production de T3 à la situation (Gomes-Lima et al., 2019).

Le rapport n’a pas d’unité propre. Selon les unités de la T3 libre et de la T3 inverse, le résultat change d’un facteur dix ou davantage. C’est une première raison de ne jamais comparer deux rapports calculés par des laboratoires différents.

Comment se passe le prélèvement

Il faut deux dosages, donc une prise de sang. Idéalement les deux sont faits sur le même échantillon et au même laboratoire. Signalez la biotine à forte dose, qui peut fausser la T3 libre sur certains dosages (Health Sciences Authority, 2019), et vos médicaments : l’amiodarone, le propranolol et la dexaméthasone augmentent la T3 inverse, la phénytoïne la diminue (Bumrungrad ; Mayo Clinic Laboratories).

Comment lire le résultat

Il n’existe aucun repère validé pour ce rapport dans les sources consultées pour cette fiche. Pour cette raison, la zone des repères est laissée vide. Des seuils circulent sur internet, mais nous n’avons trouvé ni recommandation officielle, ni référence de laboratoire, ni publication permettant de les vérifier. Si votre compte rendu en affiche un, vérifiez qu’il précise la méthode, les unités et le laboratoire.

Les composantes du rapport, elles, ont des repères : voyez les fiches de la T3 libre et de la T3 inverse. La T3 inverse change avec la méthode (Biomnis et Mayo n’utilisent pas les mêmes unités) et avec la saison : chez l’euthyroïdien, elle est plus haute en été de 25 à 40 % (Biomnis). Le rapport hérite de toutes ces variations.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est faible pour un usage en consultation courante : « non validée ». Voici ce que l’on sait.

Chez le grand malade, T3 et T3 inverse varient en sens inverse. Un rapport T3 sur T3 inverse bas à l’admission en soins intensifs est associé à une mortalité plus élevée, chez l’adulte (Peeters et al., 2005) comme chez l’enfant (Thyroid, 2019). C’est un marqueur de gravité, et il n’est pas utilisé pour traiter.

Chez la personne qui consulte pour fatigue, la situation est différente. Selon la revue de Gomes-Lima, Wartofsky et Burman (2019), aucune preuve ne soutient aujourd’hui l’usage de la T3 inverse pour surveiller un traitement par lévothyroxine, seule ou associée à la T3. Et la T3 inverse n’a pas permis de distinguer de façon fiable une hypothyroïdie d’un syndrome de basse T3 chez le malade (étude hospitalière, PubMed 8808092). Une analyse des commandes d’un grand laboratoire américain a de plus constaté que la majorité des plus gros prescripteurs de T3 inverse relevaient de la médecine fonctionnelle, sans que la littérature justifie ces volumes (Thyroid, 2018).

Chez le sportif, le manque d’énergie suffit à faire baisser la T3 et monter la T3 inverse en quelques jours (Loucks et Callister, 1993). Le rapport baisse donc, ce qui décrit une adaptation. Il ne remplace pas l’évaluation de l’alimentation et de la charge d’entraînement.

Les analyses à associer

La T3 libre et la T3 inverse sont les deux composantes. La T4 libre et la TSH situent la fonction de la thyroïde.

À retenir

  • Le rapport T3 libre sur T3 inverse est un calcul, sans repère validé.
  • Il baisse lors d’une maladie sévère, d’un jeûne ou d’un manque d’énergie.
  • Il dépend des unités, de la méthode et du laboratoire : ne comparez que des résultats du même laboratoire.
  • Aucune preuve ne soutient son usage pour décider d’un traitement.

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Existe-t-il un seuil du rapport T3 libre sur T3 inverse validé par les sociétés savantes ?

  2. 02Un rapport T3 libre sur T3 inverse bas peut-il se voir lors d'une maladie sévère ou d'un jeûne ?

  3. 03Le rapport suffit-il pour décider d'un traitement par T3 ?

  4. 04Pour comparer deux rapports faits à des dates différentes, que faut-il vérifier ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 8

  1. 1Peeters RP, Wouters PJ, van Toor H, Kaptein E, Visser TJ, Van den Berghe G. Serum 3,3',5'-triiodothyronine (rT3) and 3,5,3'-triiodothyronine/rT3 are prognostic markers in critically ill patients. J Clin Endocrinol Metab 2005;90:4559-4565 (citée dans la référence suivante)
  2. 2Thyroid 2019. Peripheral inactivation of thyroid hormone, T3/rT3 and outcome in critically ill children. doi:10.1089/thy.2018.0420
  3. 3Gomes-Lima C, Wartofsky L, Burman K. Can reverse T3 assay be employed to guide T4 vs. T4/T3 therapy in hypothyroidism? Front Endocrinol 2019;10:856. doi:10.3389/fendo.2019.00856
  4. 4Gomes-Lima C, Burman KD. Reverse T3 or perverse T3? Still puzzling after 40 years. Cleve Clin J Med 2018;85:450-455

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.