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Iodurie

Aussi appelée Iode urinaire · Iodurie des 24 heures · Iode dans les urines

L'iodurie mesure l'iode éliminé dans les urines, reflet des apports récents en iode. Elle s'interprète à l'échelle d'un groupe de personnes bien plus qu'à celle d'un individu.

Recueil d’urinesFamille : thyroïdePreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Carence sévère (médiane d'une population) moins de 20 µg/L
  • Carence modérée (médiane d'une population) 20 à 49 µg/L
  • Carence légère (médiane d'une population) 50 à 99 µg/L
  • Apport adéquat (médiane d'une population) 100 à 199 µg/L
  • Au-dessus des besoins (médiane d'une population) 200 à 299 µg/L
  • Excessif (médiane d'une population) plus de 300 µg/L

Adulte · Source des repères : OMS, Urinary iodine concentrations for determining iodine status in populations (WHO/NMH/NHD/EPG/13.1), 2013.

µg/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

L'iodurie mesure la quantité d'iode éliminée dans les urines. Comme l'iode sert à fabriquer les hormones thyroïdiennes, ce dosage donne une idée des apports récents.

À lire avec

Recueil d’urinesDosage proposé notamment par Eurofins Biomnis (iode sérique et urinaire), seul ou dans l'exploration d'une dysthyroïdie (anomalie de la thyroïde).

µg/LPreuve courante9 sources

Profil sportif

Les seuils de l'OMS décrivent des groupes de population, pas des sportifs. L'effort, la chaleur et la déshydratation modifient surtout la dilution des urines : un résultat prélevé juste après une séance intense ou en période de déshydratation se lit avec prudence, et une seule mesure ne suffit pas.

Pourquoi on la demande

  • Vérifier si vos apports en iode paraissent adaptés quand vous évitez le sel iodé, le poisson, les fruits de mer ou les produits laitiers
  • Rechercher une surcharge en iode (algues, compléments, produits iodés) pendant l'exploration d'une anomalie de la thyroïde
  • Aider à interpréter une scintigraphie thyroïdienne, qu'un excès d'iode peut gêner
  • Vérifier l'absence de surcharge en iode avant un traitement par iode radioactif, à la demande du médecin
  • Suivre l'effet d'un changement d'alimentation ou d'une consommation régulière d'algues

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Apports alimentaires faibles en iode (peu de produits de la mer et de laitages, sel non iodé)
  • Urine très diluée le jour du prélèvement
  • Échantillon isolé peu représentatif de vos apports habituels
  • Besoins accrus (grossesse, allaitement) avec des apports inchangés

Causes d’une valeur haute

  • Apports récents élevés en iode : algues, compléments iodés, sel iodé, poisson et fruits de mer
  • Exposition à un produit iodé : produit de contraste radiologique, antiseptique iodé, amiodarone
  • Excès d'iode durable, associé à l'échelle d'une population à un risque d'hyperthyroïdie induite par l'iode et de maladie thyroïdienne auto-immune (OMS)
  • Contamination de l'échantillon par de l'iode

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Le moment du prélèvement : l'iodurie varie d'un jour à l'autre, voire au sein d'une même journée (OMS).
  • La dilution des urines : boire beaucoup ou peu, ou transpirer, change la concentration sans que l'apport en iode ait changé.
  • L'alimentation des jours précédents : algues, poisson, fruits de mer, laitages et sel iodé font monter l'iodurie.
  • Les produits iodés : produits de contraste radiologiques, antiseptiques à base d'iode, amiodarone, compléments contenant de l'iode ou des algues.
  • La contamination : un recueil de 24 heures fait à domicile y expose (INRS), et l'OMS rappelle que des contaminations par l'iode ont souvent été méconnues dans les laboratoires.
  • L'unité de rendu : l'OMS recommande le µg/L ; un résultat rapporté à la créatinine peut induire en erreur.
  • La grossesse et l'allaitement : les repères ne sont pas les mêmes que chez l'adulte.

Ce que mesure l’analyse

L’iodurie mesure la quantité d’iode éliminée dans les urines. L’iode est un oligo-élément (un minéral dont le corps n’a besoin qu’en très petite quantité) indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Le corps n’en contient que 15 à 20 mg environ, selon le précis de biopathologie d’Eurofins Biomnis.

Comme l’essentiel de l’iode ingéré finit dans les urines, l’iodurie est l’indicateur le plus utilisé pour estimer les apports en iode d’une population (Biomnis). Elle reflète l’exposition récente, pas la réserve de la thyroïde (INRS).

Comment se passe le prélèvement

Deux formules existent. Le recueil des urines de 24 heures est la mesure de référence, mais il est difficile à réaliser et, à domicile, il expose à des contaminations (INRS). Plus simple, l’échantillon ponctuel est prélevé à n’importe quel moment de la journée.

Prévenez le laboratoire et le médecin de tout produit iodé récent : produit de contraste d’un scanner, antiseptique à base d’iode, amiodarone (un médicament riche en iode), algues ou compléments contenant de l’iode. N’arrêtez aucun médicament de votre propre initiative. Utilisez le flacon fourni et respectez les consignes de conservation et de délai d’acheminement du laboratoire.

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en µg/L. Le guide d’enquête de Nutrition International, qui reprend la recommandation de l’OMS, déconseille de le rapporter à la créatinine, car ce ratio peut induire en erreur.

Les seuils de l’OMS (2013) portent sur la médiane, c’est-à-dire la valeur du milieu d’un groupe de personnes. Pour des adultes non enceintes :

  • moins de 20 µg/L : carence sévère ;
  • 20 à 49 : carence modérée ;
  • 50 à 99 : carence légère ;
  • 100 à 199 : apport adéquat ;
  • 200 à 299 : au-dessus des besoins ;
  • 300 et plus : excessif.

Chez la femme enceinte, l’OMS retient 150 à 249 µg/L comme adéquat, 250 à 499 comme au-dessus des besoins et 500 et plus comme excessif. Pour les femmes qui allaitent et les enfants de moins de 2 ans, un seuil de 100 µg/L et plus est jugé adéquat.

Attention : l’OMS précise qu’un échantillon isolé ne permet pas de classer une personne en carence ou en apport suffisant. Un chiffre bas ou haut est une piste, pas un diagnostic. À titre d’exemple, l’étude française ENNS (2006-2007) a trouvé une médiane de 140 µg/L chez les hommes adultes et de 125 µg/L chez les femmes adultes, soit dans la zone « adéquate » à l’échelle du groupe (Santé publique France). Le précis de Biomnis évoque une surcharge en iode au-delà de 400 µg par 24 heures ; ce seuil de laboratoire s’applique à un recueil de 24 heures et non à un résultat exprimé en µg/L.

Une iodurie basse ne dit pas si votre thyroïde manque réellement d’iode, et une iodurie haute ne dit pas qu’elle est en difficulté. C’est la TSH et la T4 libre qui montrent le fonctionnement de la glande.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est bon à l’échelle d’une population. Une analyse de 48 populations (Delange et coll., 2002) a montré que, lorsque la médiane dépasse 100 µg/L, les valeurs individuelles très basses restent rares ; les auteurs ont conclu que le seuil de 100 µg/L n’avait pas besoin d’être relevé.

À l’échelle d’une personne, la preuve est plus fragile : l’iodurie varie d’un jour à l’autre et reflète surtout les derniers repas. D’autres marqueurs sont étudiés, comme la thyroglobuline (une protéine fabriquée par la thyroïde). Une étude de 2025 rappelle que l’OMS considère l’iodurie comme le marqueur de référence de l’apport récent et qu’il n’existe pas de seuil de thyroglobuline établi (Sivalogan et coll., 2025). L’OMS travaille d’ailleurs à une mise à jour de ses seuils : ceux cités ici pourront évoluer.

Les analyses à associer

La TSH et la T4 libre montrent comment la thyroïde fonctionne réellement. La thyroglobuline est un marqueur étudié pour estimer l’état en iode d’un groupe. Les anticorps anti-thyroperoxydase aident à repérer une thyroïdite auto-immune, que l’OMS associe à un excès d’iode au niveau des populations.

À retenir

  • L’iodurie reflète les apports récents en iode, pas la réserve de la thyroïde.
  • Les seuils de l’OMS valent pour la médiane d’un groupe, pas pour un échantillon isolé.
  • Signalez tout produit iodé : contraste, antiseptique, algues, compléments, amiodarone.
  • Un résultat anormal se discute avec un médecin, avec la TSH et la T4 libre.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Selon l'OMS, quelle médiane d'iodurie (µg/L) indique un apport adéquat dans une population d'adultes ?

  2. 02À partir de quelle médiane d'iodurie (µg/L) l'OMS parle-t-elle d'apport excessif chez l'adulte non enceinte ?

  3. 03Un échantillon d'urine isolé suffit-il à classer l'apport en iode d'une personne ?

  4. 04Quelle unité l'OMS recommande-t-elle pour rendre l'iodurie ?

  5. 05Pendant la grossesse, quelle médiane d'iodurie (µg/L) l'OMS juge-t-elle adéquate ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 9

  1. 1OMS, Urinary iodine concentrations for determining iodine status in populations, WHO/NMH/NHD/EPG/13.1, 2013
  2. 2Delange F, de Benoist B, Burgi H; ICCIDD Working Group. Determining median urinary iodine concentration that indicates adequate iodine intake at population level. Bull World Health Organ 2002;80(8):633-636. PMID 12219154
  3. 3OMS, eCatalogue of indicators for micronutrient programmes, Urinary iodine concentrations
  4. 4OMS, Expert Group for Updating Guidance on Indicators for the Assessment of Iodine Status

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.