Ce que mesure l’analyse
La dihydrotestostérone (DHT) est l’androgène le plus puissant. Une enzyme, la 5α-réductase, la fabrique à partir de la testostérone dans la peau, le follicule pileux et la prostate. Le 5α-androstanediol est l’un de ses métabolites, c’est-à-dire un produit de sa transformation. Precision Analytical (test DUTCH) le considère comme la meilleure image de l’activité de la DHT dans les tissus.
Dans le sang, on dose surtout sa forme liée à un sucre, l’androstanediol glucuronide (aussi noté 3α-diol G). Elle est étudiée depuis les années 1980 comme marqueur de l’action périphérique des androgènes, notamment dans l’hirsutisme, c’est-à-dire l’excès de poils chez la femme (Horton et al., J Clin Invest 1982).
Comment se passe le prélèvement
Deux voies existent. Dans le test DUTCH, vous recueillez quatre échantillons d’urine répartis sur une journée, séchés sur papier filtre. Le résultat est rapporté à la créatinine.
Pour le dosage sanguin, une simple prise de sang suffit. Certains laboratoires acceptent le sérum ou le plasma EDTA, et l’analyse est confiée à un laboratoire spécialisé : comptez plusieurs jours à quelques semaines (Michigan Medicine – MLabs). Signalez vos traitements : finastéride, dutasteride, testostérone, DHEA, pilule.
Comment lire le résultat
Dans les urines, Precision Analytical donne 30 à 250 ng/mg de créatinine chez l’homme et 6 à 30 ng/mg chez la femme. Dans le sang, Mayo Clinic Laboratories (HPLC/spectrométrie de masse en tandem) donne 112 à 1 046 ng/dL chez l’homme adulte et 11 à 249 ng/dL chez la femme adulte.
Ces chiffres ne sont pas interchangeables : unités, liquides et méthodes diffèrent. Les plages DUTCH reposent de plus sur des percentiles choisis par le laboratoire. Mayo précise enfin que des femmes sans excès de poils peuvent dépasser nettement la plage.
Ce qui compte vraiment :
- l’interprétation avec la testostérone, la DHEA-S et les symptômes ;
- les traitements qui agissent sur la 5α-réductase ;
- le même laboratoire et la même méthode d’un contrôle à l’autre.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : émergent. Dans l’étude de Horton, l’androstanediol glucuronide plasmatique était nettement augmenté dans l’hirsutisme idiopathique, alors que le 3α-diol libre ne discriminait pas. À l’inverse, une étude de 1992 sur 23 femmes avec hirsutisme facial n’a trouvé aucune corrélation entre ce marqueur et le degré d’hirsutisme, et aucun apport par rapport aux androgènes usuels (J Am Acad Dermatol 1992).
Le test reste donc un complément, pas un examen de référence. Aucune autorité de santé ne le recommande pour décider d’un traitement. Dans le sport, il fait partie des stéroïdes quantifiés en antidopage (Piper et al., 2021), un contexte réglementaire distinct du soin.
Les analyses à associer
- Testostérone totale : le point de départ de la voie.
- Dihydrotestostérone : l’androgène actif dont il est le métabolite.
- Androstérone : un autre reflet de la voie 5α.
- SHBG : la protéine qui lie la testostérone dans le sang.
À retenir
- Le 5α-androstanediol est un métabolite de la DHT, formé dans les tissus.
- Urines et sang ne se comparent pas : unités et plages sont différentes.
- Chez la femme, un chiffre élevé ne prouve pas un hirsutisme.
- Les inhibiteurs de la 5α-réductase peuvent modifier le résultat.
- Faites interpréter le résultat par un médecin avec la testostérone et le contexte clinique.