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Testostérone totale

Aussi appelée Testostérone · Testostéronémie · T totale

La testostérone totale mesure toute la testostérone du sang, libre et liée à des protéines. C'est le premier dosage à faire devant la suspicion d'un déficit en testostérone chez l'homme.

Prise de sangPrélèvement de saliveFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Hypogonadisme probable si symptômes et deux dosages matinaux moins de 8 nmol/L
  • Zone grise : à interpréter avec les symptômes 8 à 12 nmol/L
  • Peu compatible avec un hypogonadisme plus de 12 nmol/L

Homme · Source des repères : Jayasena CN et al., Society for Endocrinology / ACB, Ann Clin Biochem 2023;60(4):223-227.

nmol/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La testostérone totale additionne la testostérone libre et celle qui est liée à des protéines porteuses. Elle aide à repérer un déficit chez l'homme ou un excès d'androgènes chez la femme.

À lire avec

Prise de sang · Prélèvement de saliveBilan hormonal sanguin (avec SHBG, LH, FSH) ; profils salivaires proposés par certains laboratoires, dont les repères leur sont propres. Mayo Clinic Laboratories propose aussi un profil combiné testostérone totale, biodisponible et libre (TTFB).

nmol/LPreuve validée12 sources

Profil sportif

Chez des sportifs, un entraînement excessif ou un apport énergétique insuffisant (RED-S) peut faire baisser la testostérone de façon passagère ; une forme durable, appelée « Exercise Hypogonadal Male Condition », est décrite chez des hommes très entraînés depuis des années (Hackney, 2020). Dosez-la au repos, le matin et à jeun, et discutez toute valeur basse avec un médecin du sport.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher un déficit en testostérone chez un homme qui a moins de désir sexuel, moins d'érections matinales ou une dysfonction érectile
  • Explorer un excès d'androgènes chez une femme (poils, acné, règles irrégulières ou absentes)
  • Chercher une cause à une anémie inexpliquée devant une suspicion de déficit en testostérone
  • Explorer une infertilité ou un trouble de la puberté, avec LH et FSH
  • Contrôler un traitement hormonal prescrit
  • Comprendre une baisse chez un sportif en surcharge d'entraînement ou en déficit énergétique, à discuter avec un médecin

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Hypogonadisme primaire (atteinte du testicule) ou secondaire (atteinte de l'hypophyse ou de l'hypothalamus)
  • Obésité et troubles métaboliques
  • Maladie aiguë ou chronique, manque de sommeil
  • Déficit énergétique ou surcharge d'entraînement chez le sportif
  • Certains médicaments (par exemple opioïdes, corticoïdes)
  • Baisse lente avec l'âge

Causes d’une valeur haute

  • Apport extérieur de testostérone ou d'anabolisants, y compris par des sportifs
  • SHBG élevée : le total monte sans que la fraction libre suive
  • Syndrome des ovaires polykystiques chez la femme, avec excès d'androgènes
  • Hyperplasie congénitale des surrénales
  • Tumeur surrénalienne, testiculaire ou ovarienne sécrétant des androgènes (rare)

À savoir : ce qui peut la fausser

  • L'heure : la testostérone est plus haute le matin. Chez l'homme de 30 à 40 ans, elle est de 20 à 25 % plus basse à 16 h qu'à 8 h (Brambilla et coll., 2009).
  • Le repas et le sommeil : la testostérone baisse après un repas et après une nuit courte ; il faut prélever à jeun, après une bonne nuit.
  • Une maladie aiguë : la testostérone baisse pendant une maladie, on ne doit pas diagnostiquer un hypogonadisme dans ce contexte.
  • Le travail de nuit : le rythme jour-nuit habituel n'existe pas chez les travailleurs postés, ce qui complique l'interprétation.
  • L'obésité : elle est associée à une testostérone plus basse.
  • La variation d'un jour à l'autre : une valeur basse isolée doit être confirmée par un second dosage.
  • La biotine (vitamine B8, parfois appelée B7) à forte dose, qui peut fausser certains immunodosages : signalez-la au laboratoire.
  • La méthode de dosage : la limite basse « normale » affichée par les laboratoires varie nettement d'un laboratoire à l'autre.

Ce que mesure l’analyse

La testostérone totale est la quantité de testostérone présente dans le sang, toutes formes confondues. Cette hormone sexuelle est fabriquée chez l’homme surtout par les cellules de Leydig des testicules et, en petite quantité, par la corticosurrénale (la couche externe des glandes surrénales), selon Mayo Clinic Laboratories. Dans le sang, la majeure partie (environ 60 à 90 %) est fortement liée à la SHBG, une protéine porteuse ; le reste est surtout lié à l’albumine, et seule une petite fraction (environ 0,5 à 2 %) circule sous forme libre (Labcorp). Le dosage « total » additionne ces trois formes.

Un hypogonadisme désigne une production insuffisante d’hormones sexuelles par les testicules ou les ovaires. C’est la question à laquelle ce dosage répond le plus souvent chez l’homme.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang. Pour un diagnostic de déficit en testostérone, l’Endocrine Society recommande un dosage le matin, à jeun, avec une méthode fiable, puis un second dosage pour confirmer (Bhasin et coll., 2018). La Society for Endocrinology et l’ACB précisent qu’un résultat obtenu après 11 h, hors jeûne ou pendant une maladie aiguë ne permet pas de poser le diagnostic (Jayasena et coll., 2023). La testostérone baisse après un repas et lors d’un sommeil restreint, et le rythme jour-nuit habituel n’existe pas chez les travailleurs de nuit.

Chez l’homme de 30 à 40 ans, la testostérone est de 20 à 25 % plus basse à 16 h qu’à 8 h ; l’écart se réduit avec l’âge (Brambilla et coll., 2009). Informez le laboratoire si vous prenez de la biotine (vitamine B8, parfois appelée B7), car elle peut fausser certains dosages hormonaux par immunodosage (FDA ; Li et coll., JAMA 2017).

Un dosage salivaire existe aussi. Il est corrélé à la testostérone libre calculée (r = 0,71 chez l’homme dans l’étude de Keevil et coll., 2014), mais cette étude a établi ses intervalles (93 à 378 pmol/L chez l’homme, 5 à 46 pmol/L chez la femme) avec une méthode et un laboratoire précis. Ils ne s’appliquent pas à un autre laboratoire ni à une autre technique. Nous ne donnons donc aucun repère salivaire.

Comment lire le résultat

L’unité est le nmol/L ; certains laboratoires utilisent le ng/dL (divisez par 28,8 environ pour passer en nmol/L). Chez l’homme, il n’existe pas de seuil unique. Voici les repères les plus utilisés :

  • Society for Endocrinology et ACB (2023) : avec des symptômes et deux dosages matinaux à jeun inférieurs à 8 nmol/L, un hypogonadisme est probable ; entre 8 et 12 nmol/L, le résultat peut être normal ou bas et se discute avec les symptômes ; au-delà de 12 nmol/L, un hypogonadisme est peu probable.
  • EAU (mise à jour 2026) : 12 nmol/L est le seuil retenu devant des symptômes, avec un dosage à répéter au moins deux fois si le résultat est inférieur, avant de discuter un traitement.
  • Endocrine Society (2018) : la limite basse de l’intervalle harmonisé de jeunes hommes en bonne santé non obèses est de 264 ng/dL (9,2 nmol/L) ; elle peut servir de limite basse dans les laboratoires locaux.
  • Étude EMAS (Wu et coll., 2010) : un déficit androgénique tardif se définit par trois symptômes sexuels avec une testostérone totale inférieure à 11 nmol/L et une testostérone libre inférieure à 220 pmol/L.

Ces valeurs sont des seuils d’action, pas des intervalles de référence. Au Royaume-Uni, la limite basse « normale » affichée par les laboratoires va de 4,9 à 11 nmol/L selon les méthodes (Jayasena et coll.) : comparez toujours votre résultat à l’intervalle imprimé sur votre compte rendu. À titre de repère de laboratoire, Mayo Clinic Laboratories donne 240 à 950 ng/dL (environ 8,3 à 33 nmol/L) chez l’homme de 19 ans et plus, et l’intervalle harmonisé de Travison et coll. (2017) va de 264 à 916 ng/dL (9,2 à 33 nmol/L) chez des hommes de 19 à 39 ans non obèses.

Chez la femme, les concentrations sont bien plus faibles : Mayo donne 8 à 60 ng/dL à partir de 19 ans. Un excès de production se manifeste par une virilisation (poils, acné, règles rares ou absentes, infertilité) selon Mayo. Demandez au laboratoire quelle méthode il utilise, car les faibles concentrations exigent un dosage sensible.

Ce que dit la science

Le niveau de preuve est élevé pour le diagnostic d’un hypogonadisme masculin. L’Endocrine Society recommande de ne poser ce diagnostic que devant des symptômes évocateurs et une testostérone franchement et constamment basse, et déconseille le dépistage systématique chez l’homme sans symptôme (Bhasin et coll., 2018).

Les limites sont connues : les seuils diffèrent selon les sociétés savantes, les symptômes sont peu spécifiques (l’étude EMAS ne retrouve de lien net avec la testostérone que pour trois symptômes sexuels) et une valeur isolée varie d’un jour à l’autre. La testostérone est aussi plus basse en cas d’obésité (Travison et coll., 2017). Enfin, quand la SHBG est hors de l’intervalle de référence, la testostérone libre calculée peut révéler un hypogonadisme malgré un total normal, ou l’écarter malgré un total bas (Jayasena et coll.).

Les analyses à associer

La SHBG et la testostérone libre corrigent l’effet de la protéine porteuse. La LH et la FSH, deux hormones de l’hypophyse, permettent de distinguer une atteinte du testicule d’une atteinte de l’hypophyse ou de l’hypothalamus (Bhasin et coll., 2018).

À retenir

  • Un diagnostic repose sur des symptômes et sur des dosages matinaux à jeun concordants, jamais sur une valeur isolée.
  • Les seuils de 8 et 12 nmol/L sont des seuils d’action, pas des valeurs normales universelles.
  • Le sommeil, le repas, une maladie, la biotine et la méthode de dosage peuvent changer le résultat.
  • Un résultat bas ou haut est une piste à discuter avec un médecin, jamais un diagnostic.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Quel seuil de testostérone totale (nmol/L) la Society for Endocrinology et l'ACB jugent-elles peu compatible avec un hypogonadisme ?

  2. 02Quand faut-il prélever la testostérone totale pour poser un diagnostic d'hypogonadisme ?

  3. 03Une testostérone totale basse sur un seul prélèvement suffit-elle à diagnostiquer un hypogonadisme ?

  4. 04Pourquoi mesurer la SHBG quand la testostérone totale est limite ?

  5. 05Une cure de biotine à forte dose peut-elle fausser un dosage de testostérone ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 12

  1. 1Bhasin S, Brito JP, Cunningham GR, et al. Testosterone Therapy in Men With Hypogonadism: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab 2018;103(5):1715-1744. doi:10.1210/jc.2018-00229
  2. 2Jayasena CN, de Silva NL, O'Reilly MW, et al. Standardising the biochemical confirmation of adult male hypogonadism; a joint position statement by the Society for Endocrinology and ACB. Ann Clin Biochem 2023;60(4):223-227. doi:10.1177/00045632231179022
  3. 3European Association of Urology, EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health, pocket guidelines (limited text update March 2026)
  4. 4Travison TG, Vesper HW, Orwoll E, et al. Harmonized reference ranges for circulating testosterone levels in men of four cohort studies in the United States and Europe. J Clin Endocrinol Metab 2017;102(4):1161-1173. doi:10.1210/jc.2016-2935

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.