Ce que mesure l’analyse
La FSH (follicle stimulating hormone) est une hormone de l’hypophyse. Elle est libérée par à-coups sous le contrôle de la GnRH, et freinée par l’estradiol, la progestérone et l’inhibine. Chez la femme, avec la LH, elle fait croître et mûrir les follicules de l’ovaire et stimule la production d’œstrogènes. Chez l’homme, elle soutient la production de spermatozoïdes et agit sur la sécrétion de testostérone.
Sa structure est proche de celle de la LH : une sous-unité alpha commune à la LH, à la TSH et à l’hCG, et une sous-unité bêta spécifique. Ses formes circulantes sont très hétérogènes, ce qui explique des écarts entre les immunodosages. C’est pourquoi les repères doivent toujours être précisés avec la technique utilisée.
Comment se passe le prélèvement
Il s’agit d’une prise de sang. Chez une femme réglée, le dosage se fait entre le 3e et le 5e jour du cycle, et plutôt le 3e jour pour évaluer la réserve ovarienne. Chez une femme sans règles, il n’y a pas de jour particulier. Si vous suivez une réserve ovarienne ou une procréation médicalement assistée, faites vos dosages toujours dans le même laboratoire, avec la même technique.
Signalez la contraception, les traitements hormonaux, les corticoïdes à forte dose et les androgènes anabolisants. Si une insuffisance ovarienne est suspectée, votre médecin peut vous demander de suspendre un traitement hormonal avant le dosage.
Comment lire le résultat
La FSH s’exprime en UI/L. Avec la technique Roche Elecsys, Biomnis donne chez la femme adulte, à titre indicatif : phase folliculaire 3,5 à 12,5 ; pic préovulatoire 4,7 à 21,5 ; phase lutéale 1,7 à 7,7 ; ménopause 26 à 135 UI/L. Chez l’homme, 1,5 à 12,4 UI/L.
Pour la réserve ovarienne, plusieurs équipes de procréation médicalement assistée retiennent 10 UI/L au 3e jour du cycle : au-delà, les chances de grossesse seraient jugées insuffisantes pour tenter une PMA. Ce n’est pas une frontière absolue. Biomnis rappelle qu’un résultat anormal ne signe pas une stérilité définitive, car ce processus évolue sur plusieurs mois. L’estradiol, l’inhibine B et l’AMH complètent le bilan.
Le sens des variations est utile. Une FSH élevée avec une LH élevée, chez une femme sans règles, évoque une insuffisance ovarienne. Les deux basses orientent vers l’hypothalamus ou l’hypophyse. Chez l’homme, une FSH élevée avec une testostérone normale oriente vers une anomalie de la lignée germinale ou des tubes séminifères ; une FSH normale est plutôt en faveur d’un obstacle sur les voies génitales.
Ce que dit la science
Pour l’insuffisance ovarienne prématurée (perte de l’activité ovarienne avant 40 ans), la recommandation ESHRE de 2015 exigeait des cycles perturbés pendant au moins 4 mois et une FSH supérieure à 25 UI/L mesurée à deux reprises, à plus de 4 semaines d’intervalle. La mise à jour de 2024 (ESHRE, ASRM, CRE-WHiRL, IMS) ne demande plus qu’un seul dosage de FSH supérieur à 25 UI/L, et indique que l’AMH ou un nouveau dosage de FSH peuvent aider dans les cas incertains.
Pour la périménopause, la position française est plus prudente. L’ANAES a précisé en 2004 que la FSH n’était pas recommandée pour diagnostiquer la périménopause ou la ménopause, qu’elle ne devait pas décider d’un traitement hormonal substitutif et qu’elle n’était pas utile pour arrêter la contraception. Elle garde un intérêt dans des situations précises, comme l’hystérectomie, une aménorrhée sans trouble du climatère ou le suivi de certains traitements. Niveau de preuve « courant » : utile et recommandée dans le cadre de l’insuffisance ovarienne prématurée, mais à ne pas utiliser seule.
Les analyses à associer
- La LH, dosée avec la FSH.
- L’œstradiol, indispensable pour interpréter une FSH.
- L’AMH, marqueur de réserve ovarienne plus stable.
- L’inhibine B, chez l’homme et dans certains bilans de réserve.
À retenir
- Une FSH isolée ne donne pas le diagnostic : elle se lit avec la LH, l’œstradiol, l’âge et le tableau clinique.
- Les repères changent d’un réactif à l’autre : comparez avec ceux de votre compte rendu.
- Au-delà de 25 UI/L chez une femme de moins de 40 ans avec cycles perturbés, parlez-en rapidement à votre médecin.
- La FSH n’est pas recommandée pour diagnostiquer la ménopause après 45 ans.