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Hormone folliculostimulante

Aussi appelée FSH · Follitropine · Folliculostimuline · Follicle stimulating hormone

La FSH est l'hormone hypophysaire qui stimule les follicules de l'ovaire et la spermatogenèse. Son dosage aide à comprendre une absence de règles, une baisse de réserve ovarienne ou une infertilité masculine.

Prise de sangFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Garçon de 14 à 17 ans 1,5 à 12,9 UI/L
  • Fille de 14 à 17 ans 1,6 à 17 UI/L

Adolescent · Source des repères : Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — FSH (2012), chimiluminescence Elecsys Roche.

UI/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La FSH est produite par l'hypophyse. Chez la femme, elle fait croître et mûrir les follicules ; chez l'homme, elle soutient la production de spermatozoïdes. Son taux monte quand l'ovaire ou le testicule répond moins bien : il aide à repérer l'origine d'un trouble hormonal.

À lire avec

Prise de sangBilan d'infertilité féminine et masculine ; bilan d'aménorrhée ; évaluation de la réserve ovarienne ; test à la GnRH.

UI/LPreuve courante3 sources

Profil sportif

Biomnis note que les androgènes anabolisants diminuent la FSH et la LH. Chez un sportif qui en a pris, une FSH basse peut donc traduire un freinage de l'axe hormonal. Chez une sportive aux règles absentes, une FSH basse oriente vers une origine haute (hypothalamo-hypophysaire), dont le déficit énergétique est une piste à discuter avec un médecin.

Pourquoi on la demande

  • Explorer une absence de règles (aménorrhée) ou des cycles irréguliers.
  • Évaluer la réserve ovarienne d'une femme réglée, avec l'estradiol, l'AMH et parfois l'inhibine B.
  • Rechercher une insuffisance ovarienne prématurée avant 40 ans.
  • Chez l'homme, chercher la cause d'une infertilité ou d'un hypogonadisme.
  • Explorer un retard ou une avance pubertaire.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Insuffisance antéhypophysaire (tumeur, nécrose, chirurgie) ou hypothalamique.
  • Grossesse.
  • Contraception hormonale, androgènes anabolisants, agonistes de la GnRH.

Causes d’une valeur haute

  • Ménopause ou périménopause.
  • Insuffisance ovarienne prématurée.
  • Réserve ovarienne diminuée chez la femme réglée (FSH élevée et estradiol bas).
  • Castration chirurgicale, chimiothérapie ou radiothérapie.
  • Chez l'homme, atteinte testiculaire : syndrome de Klinefelter, cryptorchidie, irradiation, chimiothérapie.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Jour du cycle : chez la femme réglée, dosage entre le 3e et le 5e jour (3e jour pour la réserve ovarienne).
  • Réactif : les résultats varient d'un immunodosage à l'autre, d'où l'importance de suivre une patiente dans le même laboratoire.
  • Contraception œstroprogestative, progestatifs, androgènes anabolisants, corticoïdes à forte dose : la FSH baisse.
  • Agonistes ou antagonistes de la GnRH : la FSH peut s'effondrer.
  • Citrate de clomifène : la FSH augmente.
  • Traitements hormonaux : à suspendre avant le dosage si une insuffisance ovarienne est suspectée (selon la consigne du médecin).

Ce que mesure l’analyse

La FSH (follicle stimulating hormone) est une hormone de l’hypophyse. Elle est libérée par à-coups sous le contrôle de la GnRH, et freinée par l’estradiol, la progestérone et l’inhibine. Chez la femme, avec la LH, elle fait croître et mûrir les follicules de l’ovaire et stimule la production d’œstrogènes. Chez l’homme, elle soutient la production de spermatozoïdes et agit sur la sécrétion de testostérone.

Sa structure est proche de celle de la LH : une sous-unité alpha commune à la LH, à la TSH et à l’hCG, et une sous-unité bêta spécifique. Ses formes circulantes sont très hétérogènes, ce qui explique des écarts entre les immunodosages. C’est pourquoi les repères doivent toujours être précisés avec la technique utilisée.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang. Chez une femme réglée, le dosage se fait entre le 3e et le 5e jour du cycle, et plutôt le 3e jour pour évaluer la réserve ovarienne. Chez une femme sans règles, il n’y a pas de jour particulier. Si vous suivez une réserve ovarienne ou une procréation médicalement assistée, faites vos dosages toujours dans le même laboratoire, avec la même technique.

Signalez la contraception, les traitements hormonaux, les corticoïdes à forte dose et les androgènes anabolisants. Si une insuffisance ovarienne est suspectée, votre médecin peut vous demander de suspendre un traitement hormonal avant le dosage.

Comment lire le résultat

La FSH s’exprime en UI/L. Avec la technique Roche Elecsys, Biomnis donne chez la femme adulte, à titre indicatif : phase folliculaire 3,5 à 12,5 ; pic préovulatoire 4,7 à 21,5 ; phase lutéale 1,7 à 7,7 ; ménopause 26 à 135 UI/L. Chez l’homme, 1,5 à 12,4 UI/L.

Pour la réserve ovarienne, plusieurs équipes de procréation médicalement assistée retiennent 10 UI/L au 3e jour du cycle : au-delà, les chances de grossesse seraient jugées insuffisantes pour tenter une PMA. Ce n’est pas une frontière absolue. Biomnis rappelle qu’un résultat anormal ne signe pas une stérilité définitive, car ce processus évolue sur plusieurs mois. L’estradiol, l’inhibine B et l’AMH complètent le bilan.

Le sens des variations est utile. Une FSH élevée avec une LH élevée, chez une femme sans règles, évoque une insuffisance ovarienne. Les deux basses orientent vers l’hypothalamus ou l’hypophyse. Chez l’homme, une FSH élevée avec une testostérone normale oriente vers une anomalie de la lignée germinale ou des tubes séminifères ; une FSH normale est plutôt en faveur d’un obstacle sur les voies génitales.

Ce que dit la science

Pour l’insuffisance ovarienne prématurée (perte de l’activité ovarienne avant 40 ans), la recommandation ESHRE de 2015 exigeait des cycles perturbés pendant au moins 4 mois et une FSH supérieure à 25 UI/L mesurée à deux reprises, à plus de 4 semaines d’intervalle. La mise à jour de 2024 (ESHRE, ASRM, CRE-WHiRL, IMS) ne demande plus qu’un seul dosage de FSH supérieur à 25 UI/L, et indique que l’AMH ou un nouveau dosage de FSH peuvent aider dans les cas incertains.

Pour la périménopause, la position française est plus prudente. L’ANAES a précisé en 2004 que la FSH n’était pas recommandée pour diagnostiquer la périménopause ou la ménopause, qu’elle ne devait pas décider d’un traitement hormonal substitutif et qu’elle n’était pas utile pour arrêter la contraception. Elle garde un intérêt dans des situations précises, comme l’hystérectomie, une aménorrhée sans trouble du climatère ou le suivi de certains traitements. Niveau de preuve « courant » : utile et recommandée dans le cadre de l’insuffisance ovarienne prématurée, mais à ne pas utiliser seule.

Les analyses à associer

  • La LH, dosée avec la FSH.
  • L’œstradiol, indispensable pour interpréter une FSH.
  • L’AMH, marqueur de réserve ovarienne plus stable.
  • L’inhibine B, chez l’homme et dans certains bilans de réserve.

À retenir

  • Une FSH isolée ne donne pas le diagnostic : elle se lit avec la LH, l’œstradiol, l’âge et le tableau clinique.
  • Les repères changent d’un réactif à l’autre : comparez avec ceux de votre compte rendu.
  • Au-delà de 25 UI/L chez une femme de moins de 40 ans avec cycles perturbés, parlez-en rapidement à votre médecin.
  • La FSH n’est pas recommandée pour diagnostiquer la ménopause après 45 ans.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Au-delà de quelle valeur de FSH évoque-t-on une insuffisance ovarienne prématurée chez une femme de moins de 40 ans avec des cycles perturbés ?

  2. 02Faut-il doser la FSH pour diagnostiquer la ménopause après 45 ans ?

  3. 03Quand dose-t-on la FSH pour évaluer la réserve ovarienne d'une femme réglée ?

  4. 04Les androgènes anabolisants peuvent-ils abaisser la FSH ?

  5. 05Chez l'homme, une FSH élevée avec LH normale et testostérone normale oriente vers…

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — FSH (2012)
  2. 2ESHRE, ASRM, CRE-WHiRL, IMS. Evidence-based guideline: premature ovarian insufficiency. Hum Reprod Open. 2024;2024(4):hoae065. doi:10.1093/hropen/hoae065
  3. 3ESHRE Guideline Group on POI, Webber L, Davies M, Anderson R, et al. ESHRE Guideline: management of women with premature ovarian insufficiency. Hum Reprod. 2016;31(5):926-937 ; résumé de la recommandation (2015)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.