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Hormone lutéinisante

Aussi appelée LH · Lutéotropine · Luteinizing hormone · Hormone lutéostimulante

La LH est l'hormone hypophysaire qui déclenche l'ovulation chez la femme et stimule la production de testostérone chez l'homme. Elle se lit toujours avec la FSH, le moment du cycle et la méthode du laboratoire.

Prise de sangFamille : hormones sexuelles et fertilitéPreuve courante

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Fille de 6 à 10 ans moins de 3,1 UI/L

Enfant · Source des repères : Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — LH (2012), chimiluminescence Elecsys Roche.

UI/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

La LH est produite par l'hypophyse. Chez la femme, son pic déclenche l'ovulation. Chez l'homme, elle stimule la fabrication de testostérone par le testicule. Son dosage sert à explorer les règles absentes, la fertilité et l'axe hormonal.

À lire avec

Prise de sangBilan d'infertilité ; bilan d'aménorrhée ; test à la GnRH (LH-RH) ; surveillance d'une stimulation ovarienne.

UI/LPreuve courante3 sources

Profil sportif

Biomnis note que les androgènes anabolisants abaissent la LH, et que des valeurs basses chez une femme sans règles orientent vers une origine haute (hypothalamo-hypophysaire). Chez le sportif ou la sportive, un déficit énergétique prolongé ou un entraînement très lourd est une piste classique à discuter, sans que l'on puisse le conclure à partir de la seule LH.

Pourquoi on la demande

  • Explorer une absence de règles (aménorrhée) pour distinguer une origine ovarienne d'une origine hypothalamo-hypophysaire.
  • Bilan de première intention d'une hypofertilité, avec la FSH.
  • Aider à explorer un excès d'androgènes et un possible syndrome des ovaires polykystiques.
  • Surveiller l'induction de l'ovulation en procréation médicalement assistée.
  • Chez l'homme, chercher la cause d'un hypogonadisme ou d'une anomalie du spermogramme.
  • Explorer un retard ou une avance pubertaire.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Insuffisance gonadotrope : atteinte de l'hypothalamus ou de l'hypophyse, d'origine fonctionnelle ou tumorale.
  • Grossesse.
  • Contraception hormonale ou traitements freinateurs (GnRH, androgènes, corticoïdes).
  • Chez l'homme, insuffisance antéhypophysaire.

Causes d’une valeur haute

  • Ménopause ou périménopause, à partir de 35-40 ans la LH augmente progressivement.
  • Insuffisance ovarienne primaire (LH et FSH élevées, règles absentes).
  • Pic préovulatoire, au moment de l'ovulation.
  • Syndrome des ovaires polykystiques : élévation isolée de LH avec FSH et œstradiol normaux.
  • Chez l'homme, insuffisance testiculaire (syndrome de Klinefelter, par exemple).

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Moment du cycle : chez la femme réglée, dosage de base entre le 3e et le 5e jour ; la LH varie beaucoup au cours du cycle.
  • Sécrétion pulsatile : la valeur du moment dépend de la pulsation.
  • Contraception œstroprogestative, progestatifs, corticoïdes à forte dose, androgènes anabolisants : la LH baisse.
  • Agonistes ou antagonistes de la GnRH : la LH peut s'effondrer.
  • Citrate de clomifène : la LH monte.
  • Méthode de dosage : les résultats diffèrent d'un réactif à l'autre, à cause de la structure variable de la LH circulante.

Ce que mesure l’analyse

L’hormone lutéinisante (LH) est fabriquée par l’hypophyse, une glande située sous le cerveau. Elle est libérée par à-coups, de façon pulsatile, sous le contrôle de la GnRH, une hormone de l’hypothalamus. Sa demi-vie dans le sang est courte, de 20 à 30 minutes. Chez la femme, la LH commande la maturation des follicules et déclenche l’ovulation : quand l’estradiol dépasse un seuil critique, le pic de LH survient et l’ovule est libéré. Chez l’homme, elle stimule les cellules de Leydig du testicule, qui fabriquent la testostérone.

La LH est une glycoprotéine à deux sous-unités. La sous-unité alpha est commune à la FSH, à la TSH et à l’hCG ; la sous-unité bêta lui donne sa spécificité. Ses formes circulantes sont très variables, ce qui explique que le même sérum puisse donner des résultats différents selon le réactif.

Comment se passe le prélèvement

Il s’agit d’une prise de sang. Chez une femme réglée, le dosage de base se fait entre le 3e et le 5e jour du cycle. Chez une femme sans règles, il n’y a pas de jour particulier. En procréation médicalement assistée, on dose la LH en phase préovulatoire, toujours dans le même laboratoire, avec des résultats rendus en urgence. Pour un test dynamique à la GnRH, on prélève avant l’injection, puis à 30, 60, 90 et 120 minutes.

Signalez vos traitements : contraception, traitement hormonal, stimulation ovarienne, androgènes anabolisants, corticoïdes à forte dose. Tous peuvent modifier la valeur.

Comment lire le résultat

La LH s’exprime en UI/L. Les repères varient avec le sexe, l’âge, le moment du cycle et le réactif. Avec la technique Roche Elecsys, Biomnis donne chez la femme adulte, à titre indicatif : phase folliculaire 2,4 à 12,6 ; pic préovulatoire 14 à 95,6 ; phase lutéale 1 à 11,4 ; ménopause 7,7 à 58,5 UI/L. Chez l’homme, 1,7 à 8,6 UI/L. Avec une autre technique (IRMA), les fourchettes sont très différentes, ce qui montre pourquoi il faut utiliser les repères du laboratoire.

Le rapport LH/FSH est habituellement inférieur à 2, sauf à l’ovulation où il peut atteindre 4. Le début de la puberté est marqué par un pic de LH supérieur à 5 UI/L avec un rapport LH/FSH supérieur à 1.

Le sens des variations compte. LH et FSH toutes deux élevées chez une femme sans règles traduisent une insuffisance ovarienne primaire. Toutes deux basses orientent vers l’hypothalamus ou l’hypophyse. Une LH élevée isolée, avec FSH et œstradiol normaux, évoque un syndrome des ovaires polykystiques. Chez l’homme, une LH élevée signe une atteinte des cellules de Leydig, comme dans le syndrome de Klinefelter, et une LH basse une atteinte hypophysaire.

Ce que dit la science

La LH est un marqueur courant de l’axe gonadotrope, mais elle est rarement décisive seule. Pour la périménopause, à partir de 45 ans, l’ANAES (2004) a jugé que la LH n’apportait pas d’intérêt, et la FSH n’était pas recommandée pour diagnostiquer la périménopause : on s’appuie sur l’âge et les symptômes.

Dans le syndrome des ovaires polykystiques, la recommandation internationale de 2023 retient comme critères la dysovulation, l’hyperandrogénie, et des ovaires polykystiques à l’échographie ou une AMH élevée chez l’adulte. La LH n’en fait pas partie : elle sert, avec la FSH, la prolactine, la TSH et la 17-OHP, à écarter d’autres causes. L’hétérogénéité de la LH et sa sécrétion pulsatile limitent la valeur d’un dosage isolé : un niveau de preuve « courant », utile mais à replacer dans un bilan.

Les analyses à associer

  • La FSH, dosée avec la LH dans tout bilan gonadotrope.
  • L’œstradiol, qui déclenche le pic de LH.
  • La testostérone totale, chez l’homme.
  • La prolactine, qui peut freiner l’axe gonadotrope.

À retenir

  • La LH se lit avec la FSH, le sexe, l’âge, le moment du cycle et le réactif du laboratoire.
  • Un prélèvement entre le 3e et le 5e jour du cycle est la règle chez la femme réglée.
  • La contraception hormonale et les androgènes abaissent la LH.
  • Une LH élevée n’est pas, seule, un diagnostic de syndrome des ovaires polykystiques.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01À quel moment du cycle prélève-t-on habituellement une LH de base ?

  2. 02Une LH élevée suffit-elle à diagnostiquer un syndrome des ovaires polykystiques ?

  3. 03Selon Biomnis (Roche Elecsys), quelle est la fourchette de LH de la femme adulte en phase folliculaire ?

  4. 04Un contraceptif oral peut-il modifier la LH ?

  5. 05LH et FSH toutes deux élevées chez une femme sans règles orientent vers…

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Eurofins Biomnis, Précis de biopathologie — LH (2012)
  2. 2Teede HJ, Tay CT, Laven J, et al. Recommendations from the 2023 international evidence-based guideline for the assessment and management of polycystic ovary syndrome. Hum Reprod. 2023;38(9):1655-1679. doi:10.1093/humrep/dead156
  3. 3Synthèse de la recommandation PCOS 2023 pour les endocrinologues, PubMed Central PMC11898310

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.