Ce que mesure l’analyse
L’hormone lutéinisante (LH) est fabriquée par l’hypophyse, une glande située sous le cerveau. Elle est libérée par à-coups, de façon pulsatile, sous le contrôle de la GnRH, une hormone de l’hypothalamus. Sa demi-vie dans le sang est courte, de 20 à 30 minutes. Chez la femme, la LH commande la maturation des follicules et déclenche l’ovulation : quand l’estradiol dépasse un seuil critique, le pic de LH survient et l’ovule est libéré. Chez l’homme, elle stimule les cellules de Leydig du testicule, qui fabriquent la testostérone.
La LH est une glycoprotéine à deux sous-unités. La sous-unité alpha est commune à la FSH, à la TSH et à l’hCG ; la sous-unité bêta lui donne sa spécificité. Ses formes circulantes sont très variables, ce qui explique que le même sérum puisse donner des résultats différents selon le réactif.
Comment se passe le prélèvement
Il s’agit d’une prise de sang. Chez une femme réglée, le dosage de base se fait entre le 3e et le 5e jour du cycle. Chez une femme sans règles, il n’y a pas de jour particulier. En procréation médicalement assistée, on dose la LH en phase préovulatoire, toujours dans le même laboratoire, avec des résultats rendus en urgence. Pour un test dynamique à la GnRH, on prélève avant l’injection, puis à 30, 60, 90 et 120 minutes.
Signalez vos traitements : contraception, traitement hormonal, stimulation ovarienne, androgènes anabolisants, corticoïdes à forte dose. Tous peuvent modifier la valeur.
Comment lire le résultat
La LH s’exprime en UI/L. Les repères varient avec le sexe, l’âge, le moment du cycle et le réactif. Avec la technique Roche Elecsys, Biomnis donne chez la femme adulte, à titre indicatif : phase folliculaire 2,4 à 12,6 ; pic préovulatoire 14 à 95,6 ; phase lutéale 1 à 11,4 ; ménopause 7,7 à 58,5 UI/L. Chez l’homme, 1,7 à 8,6 UI/L. Avec une autre technique (IRMA), les fourchettes sont très différentes, ce qui montre pourquoi il faut utiliser les repères du laboratoire.
Le rapport LH/FSH est habituellement inférieur à 2, sauf à l’ovulation où il peut atteindre 4. Le début de la puberté est marqué par un pic de LH supérieur à 5 UI/L avec un rapport LH/FSH supérieur à 1.
Le sens des variations compte. LH et FSH toutes deux élevées chez une femme sans règles traduisent une insuffisance ovarienne primaire. Toutes deux basses orientent vers l’hypothalamus ou l’hypophyse. Une LH élevée isolée, avec FSH et œstradiol normaux, évoque un syndrome des ovaires polykystiques. Chez l’homme, une LH élevée signe une atteinte des cellules de Leydig, comme dans le syndrome de Klinefelter, et une LH basse une atteinte hypophysaire.
Ce que dit la science
La LH est un marqueur courant de l’axe gonadotrope, mais elle est rarement décisive seule. Pour la périménopause, à partir de 45 ans, l’ANAES (2004) a jugé que la LH n’apportait pas d’intérêt, et la FSH n’était pas recommandée pour diagnostiquer la périménopause : on s’appuie sur l’âge et les symptômes.
Dans le syndrome des ovaires polykystiques, la recommandation internationale de 2023 retient comme critères la dysovulation, l’hyperandrogénie, et des ovaires polykystiques à l’échographie ou une AMH élevée chez l’adulte. La LH n’en fait pas partie : elle sert, avec la FSH, la prolactine, la TSH et la 17-OHP, à écarter d’autres causes. L’hétérogénéité de la LH et sa sécrétion pulsatile limitent la valeur d’un dosage isolé : un niveau de preuve « courant », utile mais à replacer dans un bilan.
Les analyses à associer
- La FSH, dosée avec la LH dans tout bilan gonadotrope.
- L’œstradiol, qui déclenche le pic de LH.
- La testostérone totale, chez l’homme.
- La prolactine, qui peut freiner l’axe gonadotrope.
À retenir
- La LH se lit avec la FSH, le sexe, l’âge, le moment du cycle et le réactif du laboratoire.
- Un prélèvement entre le 3e et le 5e jour du cycle est la règle chez la femme réglée.
- La contraception hormonale et les androgènes abaissent la LH.
- Une LH élevée n’est pas, seule, un diagnostic de syndrome des ovaires polykystiques.