Ce que mesure l’analyse
L’œstradiol (E2) est le principal œstrogène actif chez l’être humain non enceinte. Selon Mayo Clinic Laboratories, il est produit surtout dans les ovaires et les testicules par aromatisation de la testostérone (une enzyme transforme la testostérone en œstradiol), et en petite quantité dans les surrénales et certains tissus périphériques, notamment la graisse. Son activité est de 1,25 à 5 fois celle de l’œstrone (E1).
Avant la ménopause, l’œstradiol circule à une concentration 1,5 à 4 fois supérieure à celle de l’œstrone. Chez l’homme et la femme ménopausée, il est beaucoup plus bas, alors que l’œstrone varie moins : le rapport s’inverse (Mayo).
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang. Chez la femme réglée, la valeur dépend de la phase du cycle : demandez au médecin le jour du cycle souhaité. Mayo demande de séparer le sérum dans les 2 heures suivant le prélèvement ; le laboratoire s’en charge. Signalez toute prise de biotine, qui peut fausser certains immunodosages hormonaux (FDA ; Li et coll., JAMA 2017), ainsi que les traitements hormonaux et anti-œstrogènes.
Un dosage salivaire est parfois proposé. Nous n’avons pas trouvé de repère salivaire d’œstradiol validé par une autorité de santé ou par une publication de référence : aucun n’est donc donné ici, et un résultat salivaire ne se compare pas à un résultat sanguin.
Comment lire le résultat
L’unité est le pg/mL ; pour passer en pmol/L, multipliez par 3,676 (Mayo). Mayo Clinic Laboratories, qui dose l’œstradiol par spectrométrie de masse, donne 10 à 40 pg/mL chez l’homme adulte, 15 à 350 pg/mL avant la ménopause et moins de 10 pg/mL après. Ces valeurs dépendent de la méthode ; comparez toujours votre résultat à celui imprimé sur votre compte rendu.
Au cours du cycle, l’œstradiol peut être aussi bas que 15 pg/mL après les règles, monte pendant la phase folliculaire jusqu’à un pic préovulatoire souvent supérieur à 300 pg/mL (5 à 10 fois sa valeur initiale), puis redescend ; les règles surviennent typiquement quand il se situe autour de 50 à 100 pg/mL (Mayo). Une valeur isolée ne se lit donc pas sans connaître le jour du cycle.
Chez l’homme, un œstradiol normal ou haut peut s’associer à une féminisation ou à une gynécomastie si la testostérone biodisponible est basse (Mayo). Chez la femme, des règles irrégulières avec un œstradiol normal ou élevé peuvent faire évoquer un syndrome des ovaires polykystiques ou une tumeur productrice d’androgènes ou d’œstrogènes (Mayo).
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « courant » (b). Mayo indique que, pour la fonction ovarienne, un dosage moyennement sensible suffit, mais que les situations de faible concentration (homme, femme ménopausée, risque de fracture, suivi d’un traitement anti-œstrogène) demandent un dosage plus sensible ou un dosage associé de l’œstrone. Chez la femme ménopausée et chez l’homme âgé, la quartile la plus basse d’œstradiol est associée à un risque accru de fracture ostéoporotique, avec des valeurs en général inférieures à 5 pg/mL (Mayo).
Chez des sportives, un déficit énergétique prolongé peut perturber le cycle (triade de la sportive, ou RED-S ; Hackney, 2020). Nous n’avons pas trouvé de repère d’œstradiol propre aux sportifs.
Les analyses à associer
La FSH et la LH aident à distinguer une atteinte de l’ovaire d’une atteinte de l’hypophyse. La progestérone complète l’évaluation de l’ovulation. L’œstrone, dosée avec l’œstradiol, précise le profil œstrogénique quand les concentrations sont faibles.
À retenir
- L’œstradiol varie beaucoup au cours du cycle ; sa lecture dépend du jour de prélèvement.
- Les repères de Mayo sont de 10 à 40 pg/mL chez l’homme et de 15 à 350 pg/mL avant la ménopause.
- La biotine, les traitements hormonaux et la méthode de dosage peuvent changer le résultat.
- Un résultat anormal est une piste à discuter avec un médecin, jamais un diagnostic.