Ce que mesure l’analyse
L’œstrone (E1) est l’un des deux œstrogènes actifs du corps avec l’œstradiol (E2). Selon Mayo Clinic Laboratories, la plus grande partie de l’œstrone circulante provient de la transformation périphérique de l’androstènedione, surtout d’origine surrénalienne. L’œstradiol et l’œstrone peuvent se transformer l’un en l’autre, et tous deux sont inactivés par hydroxylation et conjugaison (deux étapes de dégradation dans le foie). L’œstradiol est 1,25 à 5 fois plus puissant que l’œstrone.
Chez la femme non enceinte avant la ménopause, l’œstradiol circule à une concentration 1,5 à 4 fois supérieure à celle de l’œstrone. Chez l’homme et la femme ménopausée, l’œstradiol est beaucoup plus bas, alors que l’œstrone varie moins : le rapport s’inverse (Mayo).
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang. Mayo demande de séparer le sérum dans les 2 heures suivant le prélèvement ; le laboratoire s’en charge. Chez la femme réglée, le médecin précise parfois le jour du cycle souhaité. Signalez les traitements hormonaux (œstrogènes, anti-œstrogènes) et les compléments d’androstènedione ou de DHEA, qui peuvent modifier le résultat.
L’estrone et ses métabolites sont aussi dosés dans les urines par des laboratoires spécialisés (profils hormonaux urinaires). Les repères de ces profils sont propres à chaque laboratoire et à sa méthode. Nous n’avons pas trouvé de source vérifiable pour ces repères : aucun n’est donné ici.
Comment lire le résultat
L’unité est le pg/mL ; pour passer en pmol/L, multipliez par 3,704 (Mayo). Mayo Clinic Laboratories, qui dose l’œstrone par spectrométrie de masse, donne 10 à 60 pg/mL chez l’homme adulte, 17 à 200 pg/mL chez la femme avant la ménopause et 7 à 40 pg/mL chez la femme ménopausée. Ces intervalles dépendent de la méthode ; comparez toujours votre résultat à celui imprimé sur votre compte rendu.
Chez la femme, des règles irrégulières ou absentes avec un œstradiol normal ou élevé, et souvent une œstrone élevée, peuvent faire évoquer un syndrome des ovaires polykystiques, une tumeur productrice d’androgènes ou une tumeur productrice d’œstrogènes (Mayo). Chez l’homme, des taux normaux d’œstrone et d’œstradiol peuvent être associés à une féminisation ou à une gynécomastie si la testostérone biodisponible est basse (Mayo).
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « courant » (b) pour le dosage sanguin et plus limité pour le dosage urinaire. Aucune recommandation officielle ne fixe de seuil d’œstrone : il s’agit d’intervalles de laboratoire. Mayo la propose dans le suivi d’un traitement hormonal de la ménopause à faible dose et d’un traitement anti-œstrogène, dans l’exploration des troubles de la puberté et des maladies du métabolisme des hormones sexuelles, et lorsque les concentrations sont trop faibles pour un dosage d’œstradiol standard.
Mayo rappelle que, chez la femme ménopausée traitée par hormones, l’objectif est d’utiliser les doses les plus faibles possibles et que l’œstradiol et l’œstrone sont idéalement maintenus près de la limite basse des valeurs d’avant la ménopause. Cette décision relève du médecin prescripteur.
Mayo précise que des taux d’androstènedione élevés ou des compléments d’androstènedione et de DHEA peuvent faire monter un peu l’œstrone et l’œstradiol chez l’homme, à un degré bien moindre que l’androstènedione elle-même.
Les analyses à associer
L’œstradiol se dose le plus souvent avec l’œstrone dans un même profil. L’androstènedione explique une partie de la production d’œstrone, et la FSH situe la fonction ovarienne. Les métabolites urinaires des œstrogènes offrent une autre lecture, dont les repères dépendent du laboratoire.
À retenir
- L’œstrone domine l’œstradiol après la ménopause : le rapport entre les deux s’inverse.
- Les repères de Mayo sont de 10 à 60 pg/mL chez l’homme et de 17 à 200 pg/mL avant la ménopause.
- Les faibles concentrations exigent une méthode sensible ; les repères urinaires sont propres à chaque laboratoire.
- Un résultat anormal se discute avec un médecin ; il ne permet pas de diagnostic à lui seul.