Ce qui se passe dans le corps
La ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles. Les ovaires cessent de fonctionner et produisent beaucoup moins d’œstrogènes, les principales hormones féminines. Les années qui précèdent, souvent marquées par des cycles irréguliers, forment la périménopause.
Le diagnostic est clinique. Selon les recommandations françaises du CNGOF et du GEMVi (2021), on parle de ménopause après 12 mois consécutifs sans règles, après 45 ans. Aucun dosage hormonal ni échographie n’est utile dans ce cas classique. Les choses sont plus complexes sous contraception hormonale, après une hystérectomie (ablation de l’utérus) ou après un cancer.
Les causes les plus fréquentes
Dans la grande majorité des cas, la ménopause est naturelle et liée à l’âge. Elle peut aussi être provoquée par une chirurgie des ovaires ou par certains traitements, comme la chimiothérapie. Avant 40 ans, on parle d’insuffisance ovarienne prématurée : cette situation demande un avis médical.
Les symptômes varient beaucoup d’une femme à l’autre : bouffées de chaleur et sueurs nocturnes, troubles du sommeil, changements d’humeur, sécheresse vaginale, rapports douloureux. À plus long terme, la baisse des œstrogènes modifie la composition du corps : moins de muscle, plus de graisse, surtout autour du ventre, et un risque accru pour les os et le cœur, rappellent les recommandations françaises.
Ce qui aide, selon les études
L’hygiène de vie, d’abord
Les recommandations CNGOF-GEMVi insistent sur l’activité physique (Duclos, 2021). L’endurance pratiquée régulièrement réduit la mortalité globale et cardiovasculaire. Pour l’os, les exercices avec impacts associés au renforcement musculaire sont les plus efficaces. Le renforcement freine aussi la perte de muscle. Les effets demandent au moins 12 semaines et ne durent que si l’on continue. Réduire le temps passé assis aide aussi, quel que soit votre niveau d’activité.
Côté assiette, les mêmes recommandations (Lecerf, 2021) conseillent de préserver les apports en protéines et les produits laitiers, d’éviter les régimes restrictifs ou d’exclusion, et de privilégier une alimentation de type méditerranéen pour le cœur. En cas de prise de poids, un léger déficit calorique est conseillé, avec davantage d’activité physique.
Les symptômes gênants
Le NICE recommande, depuis sa mise à jour de 2024, une thérapie cognitive et comportementale (TCC) adaptée à la ménopause. Elle aide pour les bouffées de chaleur, l’humeur et le sommeil, en complément d’un traitement hormonal ou à sa place.
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) reste le plus efficace contre les bouffées de chaleur, selon la Menopause Society (2023). Il se discute dans les 10 ans qui suivent les dernières règles, au cas par cas, en pesant bénéfices et risques avec votre médecin.
Pour la sécheresse vaginale, les œstrogènes locaux (crème, ovule, anneau) améliorent les symptômes par rapport à un placebo, selon une revue Cochrane de 2016. Les différentes formes ont une efficacité comparable.
Les remèdes populaires
Soja, trèfle rouge, actée à grappes noires, compléments « spécial ménopause » : la Menopause Society ne les recommande pas contre les bouffées de chaleur. Les revues Cochrane sur les phyto-œstrogènes (2013) et sur l’actée à grappes noires (2012) ne trouvent pas de preuve concluante d’efficacité.
Ce que propose la médecine chinoise (une tradition)
En médecine chinoise, présentée ici comme une tradition, la ménopause traduit le déclin naturel de l’Essence du Rein. Les troubles apparaissent quand le Yin ou le Yang du Rein s’épuise. Le vide de Yin donnerait chaleur et sueurs nocturnes, le vide de Yang frilosité et fatigue. Les ouvrages de référence citent la rehmannia préparée (shu di huang), la baie de goji (gou qi zi) ou le fruit du troène luisant (nü zhen zi). Ces plantes restent peu étudiées pour la ménopause. Parlez-en à votre médecin avant d’en prendre, surtout si vous suivez un traitement.
Quand consulter
Consultez sans attendre si :
- vous saignez après plus de 12 mois sans règles ;
- vos règles s’arrêtent avant 40 ans ;
- vos saignements deviennent très abondants, prolongés ou surviennent après les rapports ;
- sous THM, vous avez une douleur ou un gonflement d’un mollet, un essoufflement brutal, une douleur dans la poitrine ou une boule dans un sein.
Un saignement après la ménopause doit toujours être exploré : le NICE le classe parmi les signes qui font rechercher un cancer de l’endomètre.
À retenir
- Après 45 ans, 12 mois sans règles suffisent au diagnostic, sans prise de sang.
- L’activité physique, avec impacts et renforcement, protège le cœur, les os et les muscles.
- La TCC aide pour les bouffées, l’humeur et le sommeil.
- Le THM est le plus efficace contre les bouffées ; il se discute avec le médecin.
- Les compléments à base de plantes n’ont pas fait leurs preuves.