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Recherches santé · Femmes et hormones

Ménopause

Aussi : périménopause, préménopause, climatère, retour d'âge

La ménopause n'est pas une maladie, mais ses symptômes peuvent peser. Voici ce que recommandent les sociétés savantes, ce que montrent les études et les signes qui doivent faire consulter.

🔬 Ce que dit la science

Diagnostic sans prise de sang après 45 ans

Selon le CNGOF et le GEMVi, la ménopause se diagnostique après 12 mois consécutifs sans règles, après 45 ans. Aucun dosage hormonal ni échographie n'est utile dans ce cas classique.

Recommandé · CNGOF-GEMVi 2021

Activité physique régulière

Chez la femme ménopausée, l'endurance régulière réduit la mortalité globale et cardiovasculaire. Associée au renforcement musculaire et à des exercices avec impacts, elle préserve l'os et réduit la graisse du ventre.

Recommandé · CNGOF-GEMVi 2021

Thérapie cognitive et comportementale

Le NICE recommande une TCC adaptée à la ménopause pour les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, en complément d'un traitement hormonal ou à sa place. Il la propose aussi pour l'humeur et le sommeil.

Recommandé · NICE 2024

Traitement hormonal de la ménopause (THM)

Le THM reste le traitement le plus efficace des bouffées de chaleur. Il se discute dans les 10 ans qui suivent les dernières règles, en pesant bénéfices et risques avec le médecin.

Avec le médecin · Menopause Society 2023

Œstrogènes vaginaux contre la sécheresse

En cas de sécheresse vaginale ou de rapports douloureux, les œstrogènes appliqués localement améliorent les symptômes par rapport à un placebo (preuves de qualité faible). Crème, ovule et anneau se valent.

Avec le médecin · Cochrane 2016

Plantes et phyto-œstrogènes

Soja, extraits de soja et compléments à base de plantes, comme l'actée à grappes noires, ne sont pas recommandés contre les bouffées de chaleur, faute de preuves suffisantes ou concordantes.

Non démontré · Menopause Society 2023

🥗 Dans l’assiette · NutriLoupe

Calcium pour une portion, fruits et légumes de saison en octobre (Ciqual, ADEME). Après la ménopause, l'os s'affaiblit : les recommandations françaises conseillent de garder les produits laitiers, riches en calcium.

🔎 Les plus riches en calcium

☯️ La médecine chinoise

La tradition chinoise voit la ménopause comme un déclin naturel de l'Essence du Rein (Jing). Les troubles apparaissent quand ce déclin déséquilibre le Yin et le Yang : vide de Yin du Rein (chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse), vide de Yang du Rein (frilosité, fatigue) ou défaut d'harmonie entre le Rein et le Cœur (insomnie, palpitations).

Rehmannia préparée (racine) (shu di huang)

DouxLégèrement tièdeFoie · Rein

Science : ménopause : peu étudié

Baie de goji (gou qi zi)

DouxNeutreFoie · Rein

Science : peu étudié

Troène luisant (fruit) (nü zhen zi)

Doux, amerFraîcheFoie · Rein

Science : peu étudié
Tradition · pas une preuve d’efficacité

Consultez sans attendre si vous saignez après plus de 12 mois sans règles, si vos règles s'arrêtent avant 40 ans, si des saignements deviennent très abondants, prolongés ou surviennent après les rapports, ou, sous traitement hormonal, en cas de douleur ou de gonflement d'un mollet, d'essoufflement brutal, de douleur dans la poitrine ou de boule dans un sein.

Analyses à discuter avec votre médecin : Glycémie à jeun

Ce qui se passe dans le corps

La ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles. Les ovaires cessent de fonctionner et produisent beaucoup moins d’œstrogènes, les principales hormones féminines. Les années qui précèdent, souvent marquées par des cycles irréguliers, forment la périménopause.

Le diagnostic est clinique. Selon les recommandations françaises du CNGOF et du GEMVi (2021), on parle de ménopause après 12 mois consécutifs sans règles, après 45 ans. Aucun dosage hormonal ni échographie n’est utile dans ce cas classique. Les choses sont plus complexes sous contraception hormonale, après une hystérectomie (ablation de l’utérus) ou après un cancer.

Les causes les plus fréquentes

Dans la grande majorité des cas, la ménopause est naturelle et liée à l’âge. Elle peut aussi être provoquée par une chirurgie des ovaires ou par certains traitements, comme la chimiothérapie. Avant 40 ans, on parle d’insuffisance ovarienne prématurée : cette situation demande un avis médical.

Les symptômes varient beaucoup d’une femme à l’autre : bouffées de chaleur et sueurs nocturnes, troubles du sommeil, changements d’humeur, sécheresse vaginale, rapports douloureux. À plus long terme, la baisse des œstrogènes modifie la composition du corps : moins de muscle, plus de graisse, surtout autour du ventre, et un risque accru pour les os et le cœur, rappellent les recommandations françaises.

Ce qui aide, selon les études

L’hygiène de vie, d’abord

Les recommandations CNGOF-GEMVi insistent sur l’activité physique (Duclos, 2021). L’endurance pratiquée régulièrement réduit la mortalité globale et cardiovasculaire. Pour l’os, les exercices avec impacts associés au renforcement musculaire sont les plus efficaces. Le renforcement freine aussi la perte de muscle. Les effets demandent au moins 12 semaines et ne durent que si l’on continue. Réduire le temps passé assis aide aussi, quel que soit votre niveau d’activité.

Côté assiette, les mêmes recommandations (Lecerf, 2021) conseillent de préserver les apports en protéines et les produits laitiers, d’éviter les régimes restrictifs ou d’exclusion, et de privilégier une alimentation de type méditerranéen pour le cœur. En cas de prise de poids, un léger déficit calorique est conseillé, avec davantage d’activité physique.

Les symptômes gênants

Le NICE recommande, depuis sa mise à jour de 2024, une thérapie cognitive et comportementale (TCC) adaptée à la ménopause. Elle aide pour les bouffées de chaleur, l’humeur et le sommeil, en complément d’un traitement hormonal ou à sa place.

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) reste le plus efficace contre les bouffées de chaleur, selon la Menopause Society (2023). Il se discute dans les 10 ans qui suivent les dernières règles, au cas par cas, en pesant bénéfices et risques avec votre médecin.

Pour la sécheresse vaginale, les œstrogènes locaux (crème, ovule, anneau) améliorent les symptômes par rapport à un placebo, selon une revue Cochrane de 2016. Les différentes formes ont une efficacité comparable.

Les remèdes populaires

Soja, trèfle rouge, actée à grappes noires, compléments « spécial ménopause » : la Menopause Society ne les recommande pas contre les bouffées de chaleur. Les revues Cochrane sur les phyto-œstrogènes (2013) et sur l’actée à grappes noires (2012) ne trouvent pas de preuve concluante d’efficacité.

Ce que propose la médecine chinoise (une tradition)

En médecine chinoise, présentée ici comme une tradition, la ménopause traduit le déclin naturel de l’Essence du Rein. Les troubles apparaissent quand le Yin ou le Yang du Rein s’épuise. Le vide de Yin donnerait chaleur et sueurs nocturnes, le vide de Yang frilosité et fatigue. Les ouvrages de référence citent la rehmannia préparée (shu di huang), la baie de goji (gou qi zi) ou le fruit du troène luisant (nü zhen zi). Ces plantes restent peu étudiées pour la ménopause. Parlez-en à votre médecin avant d’en prendre, surtout si vous suivez un traitement.

Quand consulter

Consultez sans attendre si :

  • vous saignez après plus de 12 mois sans règles ;
  • vos règles s’arrêtent avant 40 ans ;
  • vos saignements deviennent très abondants, prolongés ou surviennent après les rapports ;
  • sous THM, vous avez une douleur ou un gonflement d’un mollet, un essoufflement brutal, une douleur dans la poitrine ou une boule dans un sein.

Un saignement après la ménopause doit toujours être exploré : le NICE le classe parmi les signes qui font rechercher un cancer de l’endomètre.

À retenir

  • Après 45 ans, 12 mois sans règles suffisent au diagnostic, sans prise de sang.
  • L’activité physique, avec impacts et renforcement, protège le cœur, les os et les muscles.
  • La TCC aide pour les bouffées, l’humeur et le sommeil.
  • Le THM est le plus efficace contre les bouffées ; il se discute avec le médecin.
  • Les compléments à base de plantes n’ont pas fait leurs preuves.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Après 45 ans, faut-il une prise de sang pour confirmer la ménopause ?

  2. 02L'activité physique est-elle utile après la ménopause ?

  3. 03Le soja ou l'actée à grappes noires ont-ils fait leurs preuves contre les bouffées ?

  4. 04La thérapie cognitive et comportementale (TCC) peut-elle aider ?

  5. 05Quel signe doit faire consulter sans attendre ?

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Envoyez-la : ce que dit la science, ce qui aide dans l’assiette, ce qu’en dit la tradition chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

Sources

  1. Rousset-Jablonski C. How to diagnose menopause? Postmenopausal women management: CNGOF and GEMVi clinical practice guidelines [article en français]. Gynecol Obstet Fertil Senol. 2021;49(5):318-328. doi:10.1016/j.gofs.2021.03.011
  2. Duclos M. Effects of physical activity and decreased sedentary behaviours in menopausal women. Postmenopausal women management: CNGOF and GEMVi clinical practice guidelines [article en français]. Gynecol Obstet Fertil Senol. 2021;49(5):335-348. doi:10.1016/j.gofs.2021.03.013
  3. Lecerf JM. Nutritional advices for postmenopausal woman. Postmenopausal women management: CNGOF and GEMVi clinical practice guidelines [article en français]. Gynecol Obstet Fertil Senol. 2021;49(5):349-357. doi:10.1016/j.gofs.2021.03.014
  4. NICE. Menopause: identification and management. NICE guideline NG23, 2015, mis à jour en novembre 2024
  5. The North American Menopause Society. The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause. 2023;30(6):573-590. doi:10.1097/GME.0000000000002200
  6. Lethaby A, Ayeleke RO, Roberts H. Local oestrogen for vaginal atrophy in postmenopausal women. Cochrane Database Syst Rev. 2016;(8):CD001500. doi:10.1002/14651858.CD001500.pub3
  7. Lethaby A, Marjoribanks J, Kronenberg F, Roberts H, Eden J, Brown J. Phytoestrogens for menopausal vasomotor symptoms. Cochrane Database Syst Rev. 2013;(12):CD001395. doi:10.1002/14651858.CD001395.pub4
  8. Leach MJ, Moore V. Black cohosh (Cimicifuga spp.) for menopausal symptoms. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD007244. doi:10.1002/14651858.CD007244.pub2
  9. NICE. Suspected cancer: recognition and referral. NICE guideline NG12, 2015, mis à jour
  10. Bensky D, Clavey S, Stöger E. Chinese Herbal Medicine: Materia Medica. 3e éd. (édition portable). Seattle : Eastland Press ; 2015. ISBN 978-0-939616-82-4
  11. Maciocia G. Obstetrics and Gynecology in Chinese Medicine. 2e éd. Édimbourg : Churchill Livingstone ; 2011. ISBN 978-0-443-10422-0
  12. Organisation mondiale de la santé. CIM-11, chapitre 26 : affections relevant de la médecine traditionnelle, module I

Cette page explique, elle ne remplace pas l’avis d’un médecin. La médecine chinoise y est présentée comme une tradition, pas comme une preuve d’efficacité.

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