Ce qui se passe dans le corps
Le syndrome prémenstruel (SPM) regroupe des symptômes qui reviennent chaque mois avant les règles, puis disparaissent quelques jours après leur début. Ils sont physiques (seins sensibles, ventre gonflé, fatigue), comportementaux ou psychiques (irritabilité, tristesse, anxiété). La forme la plus sévère, centrée sur l’humeur, s’appelle le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).
Ces symptômes surviennent pendant la phase lutéale, c’est-à-dire les deux semaines qui suivent l’ovulation et précèdent les règles, rappelle la Cochrane. Le plus souvent, ils restent légers. Environ 5 à 8 % des femmes ont une forme sévère, selon la méta-analyse de Verkaik et al. (2017).
Les causes les plus fréquentes
Le SPM est lié au cycle hormonal : il apparaît après l’ovulation et cède avec les règles. Son mécanisme exact reste discuté. Le Collège royal britannique des gynécologues (RCOG, 2017) recommande une approche globale, qui tient compte du corps, de l’humeur et du mode de vie.
Un point clé : le diagnostic repose sur un journal des symptômes. Le RCOG recommande de les noter au jour le jour pendant deux cycles, car les souvenirs sont peu fiables. Ce journal permet aussi de distinguer le SPM d’un autre trouble qui s’aggrave avant les règles, comme une dépression. Dans ce cas, les symptômes ne disparaissent pas après les règles et il n’y a pas de semaine de répit.
Ce qui aide, selon les études
Les approches recommandées
Pour les formes sévères, le RCOG conseille d’envisager systématiquement la thérapie cognitive et comportementale (TCC). C’est une psychothérapie courte, qui travaille sur les pensées et les comportements qui entretiennent la gêne.
L’activité physique est souvent conseillée. Une méta-analyse de 15 essais (BJGP Open, 2020) trouve moins de symptômes chez les femmes qui s’entraînent pendant au moins huit semaines. Mais 87 % des essais avaient un risque de biais élevé : l’effet est probable, pas certain.
Les médicaments, avec le médecin
Les antidépresseurs de la famille des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) ont montré leur efficacité dans 31 essais. Ils agissent qu’on les prenne en continu ou seulement en seconde partie de cycle. Leurs effets indésirables sont fréquents : nausées, fatigue, baisse du désir. Certaines pilules à la drospirénone ont aussi réduit les symptômes des formes sévères, avec un effet placebo important, selon une revue Cochrane de 2012. Ces options se discutent avec un médecin.
Les remèdes populaires
Le gattilier (Vitex agnus-castus) a été testé dans 17 essais. Presque tous sont favorables, mais la plupart sont à risque de biais élevé et un biais de publication est probable : les études négatives seraient moins publiées. Les auteurs estiment que l’effet réel est sans doute surestimé.
Le calcium a réduit les symptômes de 48 %, contre 30 % sous placebo, dans un grand essai de 466 femmes (1998). Une vaste cohorte américaine, la Nurses’ Health Study II, associe aussi un apport élevé de calcium par l’alimentation à un risque plus faible de développer un SPM. C’est encourageant, mais à confirmer.
L’huile d’onagre, en revanche, n’a pas convaincu : les deux essais les mieux conduits n’ont montré aucun bénéfice (Budeiri et al., 1996).
Ce que propose la médecine chinoise (une tradition)
Présentée ici comme une tradition, la médecine chinoise relie le SPM à une stagnation du Qi du Foie. Dans ce modèle, le Foie assure la libre circulation du Qi. S’il se bloque avant les règles, apparaissent irritabilité, seins tendus et ballonnements. Les ouvrages de référence citent la formule Xiao yao san, qui contient notamment le buplèvre (chai hu) et la pivoine blanche (bai shao), ou encore le bouton de rose (mei gui hua). Ces plantes restent peu étudiées dans le SPM. Demandez conseil à votre médecin avant d’en prendre, surtout si vous suivez un traitement.
Quand consulter
Consultez si les symptômes gênent votre travail, vos relations ou votre vie quotidienne. Le RCOG conseille un avis gynécologique quand les mesures simples ont échoué et que la sévérité le justifie. Consultez sans attendre si :
- vous avez des idées noires ou des idées de suicide : appelez le 3114, 24 h/24, ou le 15 en cas de danger immédiat ;
- les symptômes ne s’arrêtent pas après les règles, sans aucune semaine de répit ;
- ils vous empêchent de travailler ou de vivre normalement.
À retenir
- Le SPM revient avant les règles et disparaît avec elles.
- Un journal des symptômes tenu sur deux cycles aide au diagnostic.
- La TCC est recommandée dans les formes sévères ; l’activité physique aide probablement.
- Gattilier et calcium sont prometteurs mais fragiles ; l’onagre n’a pas fait ses preuves.
- Des idées noires imposent une aide immédiate : 3114.