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Recherches santé · Femmes et hormones

Syndrome prémenstruel

Aussi : SPM, trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), tension prémenstruelle, symptômes avant les règles

Irritabilité, seins tendus, ventre gonflé : le syndrome prémenstruel revient chaque mois. Voici ce qui aide selon les études, ce qu'en dit la médecine chinoise et quand consulter.

🔬 Ce que dit la science

Thérapie cognitive et comportementale

Dans les formes sévères, le Collège royal britannique des gynécologues (RCOG) recommande d'envisager systématiquement la TCC. C'est une psychothérapie courte, centrée sur les pensées et les comportements.

Recommandé · RCOG 2017

Antidépresseurs ISRS, avec le médecin

Dans 31 essais, les antidépresseurs de type ISRS réduisent les symptômes, pris en continu ou seulement en seconde partie de cycle. Les effets indésirables (nausées, fatigue, baisse du désir) sont fréquents.

Avec le médecin · Cochrane 2013

Activité physique régulière

Dans une méta-analyse de 15 essais, l'exercice pratiqué au moins huit semaines a réduit les symptômes. Mais la plupart des essais avaient un risque de biais élevé : l'effet est probable, pas certain.

Étudié · BJGP Open 2020

Gattilier (Vitex agnus-castus)

Presque tous les essais sont favorables, mais la plupart sont à risque de biais élevé et un biais de publication est probable. Les auteurs jugent l'effet réel sans doute surestimé.

Étudié · AJOG 2017

Apport de calcium : un essai

Dans un grand essai de 466 femmes, un apport de calcium a réduit les symptômes de 48 %, contre 30 % sous placebo. Ce résultat isolé reste à confirmer.

Peu étudié · AJOG 1998

Prendre de l'huile d'onagre

Les deux essais les mieux conduits n'ont montré aucun bénéfice. Les auteurs concluent qu'elle a peu d'intérêt dans le SPM.

Non démontré · Control Clin Trials 1996

🥗 Dans l’assiette · NutriLoupe

Calcium pour une portion, fruits et légumes de saison en octobre (Ciqual, ADEME). Dans une grande cohorte, les femmes qui mangeaient le plus de calcium développaient moins souvent un SPM.

🔎 Les plus riches en calcium

☯️ La médecine chinoise

La tradition chinoise relie surtout le SPM à une stagnation du Qi du Foie : le Foie, chargé de la libre circulation du Qi, se « bloque » avant les règles, d'où irritabilité, seins tendus et ballonnements. Elle décrit aussi un vide de Sang du Foie ou un vide de la Rate et du Rein. La formule classique Xiao yao san illustre cette approche.

Buplèvre (racine) (chai hu)

Amer, piquantFraîcheFoie · Vésicule biliaire

Science : SPM : peu étudié

Pivoine blanche (racine) (bai shao)

Amer, acideFraîcheFoie · Rate

Science : peu étudié

Bouton de rose (Rosa rugosa) (mei gui hua)

Doux, légèrement amerTièdeFoie · Rate

Science : peu étudié
Tradition · pas une preuve d’efficacité

Consultez sans attendre si vous avez des idées noires ou des idées de suicide (appelez le 3114, ou le 15 en cas de danger immédiat), si les symptômes vous empêchent de travailler ou de vivre normalement, ou s'ils persistent après les règles, sans aucune semaine de répit dans le mois.

Ce qui se passe dans le corps

Le syndrome prémenstruel (SPM) regroupe des symptômes qui reviennent chaque mois avant les règles, puis disparaissent quelques jours après leur début. Ils sont physiques (seins sensibles, ventre gonflé, fatigue), comportementaux ou psychiques (irritabilité, tristesse, anxiété). La forme la plus sévère, centrée sur l’humeur, s’appelle le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).

Ces symptômes surviennent pendant la phase lutéale, c’est-à-dire les deux semaines qui suivent l’ovulation et précèdent les règles, rappelle la Cochrane. Le plus souvent, ils restent légers. Environ 5 à 8 % des femmes ont une forme sévère, selon la méta-analyse de Verkaik et al. (2017).

Les causes les plus fréquentes

Le SPM est lié au cycle hormonal : il apparaît après l’ovulation et cède avec les règles. Son mécanisme exact reste discuté. Le Collège royal britannique des gynécologues (RCOG, 2017) recommande une approche globale, qui tient compte du corps, de l’humeur et du mode de vie.

Un point clé : le diagnostic repose sur un journal des symptômes. Le RCOG recommande de les noter au jour le jour pendant deux cycles, car les souvenirs sont peu fiables. Ce journal permet aussi de distinguer le SPM d’un autre trouble qui s’aggrave avant les règles, comme une dépression. Dans ce cas, les symptômes ne disparaissent pas après les règles et il n’y a pas de semaine de répit.

Ce qui aide, selon les études

Les approches recommandées

Pour les formes sévères, le RCOG conseille d’envisager systématiquement la thérapie cognitive et comportementale (TCC). C’est une psychothérapie courte, qui travaille sur les pensées et les comportements qui entretiennent la gêne.

L’activité physique est souvent conseillée. Une méta-analyse de 15 essais (BJGP Open, 2020) trouve moins de symptômes chez les femmes qui s’entraînent pendant au moins huit semaines. Mais 87 % des essais avaient un risque de biais élevé : l’effet est probable, pas certain.

Les médicaments, avec le médecin

Les antidépresseurs de la famille des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) ont montré leur efficacité dans 31 essais. Ils agissent qu’on les prenne en continu ou seulement en seconde partie de cycle. Leurs effets indésirables sont fréquents : nausées, fatigue, baisse du désir. Certaines pilules à la drospirénone ont aussi réduit les symptômes des formes sévères, avec un effet placebo important, selon une revue Cochrane de 2012. Ces options se discutent avec un médecin.

Les remèdes populaires

Le gattilier (Vitex agnus-castus) a été testé dans 17 essais. Presque tous sont favorables, mais la plupart sont à risque de biais élevé et un biais de publication est probable : les études négatives seraient moins publiées. Les auteurs estiment que l’effet réel est sans doute surestimé.

Le calcium a réduit les symptômes de 48 %, contre 30 % sous placebo, dans un grand essai de 466 femmes (1998). Une vaste cohorte américaine, la Nurses’ Health Study II, associe aussi un apport élevé de calcium par l’alimentation à un risque plus faible de développer un SPM. C’est encourageant, mais à confirmer.

L’huile d’onagre, en revanche, n’a pas convaincu : les deux essais les mieux conduits n’ont montré aucun bénéfice (Budeiri et al., 1996).

Ce que propose la médecine chinoise (une tradition)

Présentée ici comme une tradition, la médecine chinoise relie le SPM à une stagnation du Qi du Foie. Dans ce modèle, le Foie assure la libre circulation du Qi. S’il se bloque avant les règles, apparaissent irritabilité, seins tendus et ballonnements. Les ouvrages de référence citent la formule Xiao yao san, qui contient notamment le buplèvre (chai hu) et la pivoine blanche (bai shao), ou encore le bouton de rose (mei gui hua). Ces plantes restent peu étudiées dans le SPM. Demandez conseil à votre médecin avant d’en prendre, surtout si vous suivez un traitement.

Quand consulter

Consultez si les symptômes gênent votre travail, vos relations ou votre vie quotidienne. Le RCOG conseille un avis gynécologique quand les mesures simples ont échoué et que la sévérité le justifie. Consultez sans attendre si :

  • vous avez des idées noires ou des idées de suicide : appelez le 3114, 24 h/24, ou le 15 en cas de danger immédiat ;
  • les symptômes ne s’arrêtent pas après les règles, sans aucune semaine de répit ;
  • ils vous empêchent de travailler ou de vivre normalement.

À retenir

  • Le SPM revient avant les règles et disparaît avec elles.
  • Un journal des symptômes tenu sur deux cycles aide au diagnostic.
  • La TCC est recommandée dans les formes sévères ; l’activité physique aide probablement.
  • Gattilier et calcium sont prometteurs mais fragiles ; l’onagre n’a pas fait ses preuves.
  • Des idées noires imposent une aide immédiate : 3114.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01La thérapie cognitive et comportementale (TCC) peut-elle aider en cas de SPM sévère ?

  2. 02L'activité physique soulage-t-elle le SPM ?

  3. 03L'huile d'onagre a-t-elle fait ses preuves contre le SPM ?

  4. 04Le gattilier est-il efficace contre le SPM ?

  5. 05Quel signe doit faire consulter sans attendre ?

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Envoyez-la : ce que dit la science, ce qui aide dans l’assiette, ce qu’en dit la tradition chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

Sources

  1. Royal College of Obstetricians and Gynaecologists. Management of Premenstrual Syndrome: Green-top Guideline No. 48. BJOG. 2017;124(3):e73-e105. doi:10.1111/1471-0528.14260
  2. Marjoribanks J, Brown J, O'Brien PMS, Wyatt K. Selective serotonin reuptake inhibitors for premenstrual syndrome. Cochrane Database Syst Rev. 2013;(6):CD001396. doi:10.1002/14651858.CD001396.pub3
  3. Lopez LM, Kaptein AA, Helmerhorst FM. Oral contraceptives containing drospirenone for premenstrual syndrome. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(2):CD006586. doi:10.1002/14651858.CD006586.pub4
  4. Pearce E, Jolly K, Jones LL, Matthewman G, Zanganeh M, Daley A. Exercise for premenstrual syndrome: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. BJGP Open. 2020;4(3):bjgpopen20X101032. doi:10.3399/bjgpopen20X101032
  5. Verkaik S, Kamperman AM, van Westrhenen R, Schulte PFJ. The treatment of premenstrual syndrome with preparations of Vitex agnus castus: a systematic review and meta-analysis. Am J Obstet Gynecol. 2017;217(2):150-166. doi:10.1016/j.ajog.2017.02.028
  6. Thys-Jacobs S, Starkey P, Bernstein D, Tian J. Calcium carbonate and the premenstrual syndrome: effects on premenstrual and menstrual symptoms. Am J Obstet Gynecol. 1998;179(2):444-452. doi:10.1016/s0002-9378(98)70377-1
  7. Bertone-Johnson ER, Hankinson SE, Bendich A, Johnson SR, Willett WC, Manson JE. Calcium and vitamin D intake and risk of incident premenstrual syndrome. Arch Intern Med. 2005;165(11):1246-1252. doi:10.1001/archinte.165.11.1246
  8. Budeiri D, Li Wan Po A, Dornan JC. Is evening primrose oil of value in the treatment of premenstrual syndrome? Control Clin Trials. 1996;17(1):60-68. doi:10.1016/0197-2456(95)00082-8
  9. 3114, numéro national de prévention du suicide (France), 24 h/24 et 7 j/7
  10. Bensky D, Clavey S, Stöger E. Chinese Herbal Medicine: Materia Medica. 3e éd. (édition portable). Seattle : Eastland Press ; 2015. ISBN 978-0-939616-82-4
  11. Maciocia G. Obstetrics and Gynecology in Chinese Medicine. 2e éd. Édimbourg : Churchill Livingstone ; 2011. ISBN 978-0-443-10422-0
  12. Organisation mondiale de la santé. CIM-11, chapitre 26 : affections relevant de la médecine traditionnelle, module I

Cette page explique, elle ne remplace pas l’avis d’un médecin. La médecine chinoise y est présentée comme une tradition, pas comme une preuve d’efficacité.

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