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Recherches santé · Femmes et hormones

Règles douloureuses

Aussi : dysménorrhée, douleurs de règles, crampes menstruelles, mal au ventre pendant les règles

Les règles douloureuses touchent de nombreuses femmes, et des solutions efficaces existent. Voici ce que montrent les études, ce que propose la médecine chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

🔬 Ce que dit la science

Anti-inflammatoires (AINS), avec un professionnel

Dans 80 essais, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) soulagent mieux qu'un placebo et que le paracétamol. Ils donnent plus d'effets indésirables, surtout digestifs : leur usage se discute avec un médecin ou un pharmacien.

Avec le médecin · Cochrane 2015

Pilule contraceptive combinée

Quelques essais montrent moins de douleur sous pilule œstroprogestative que sous placebo. Les preuves restent limitées, et le choix d'une contraception se fait avec un professionnel de santé.

Avec le médecin · Cochrane 2009

Activité physique régulière

Pratiquée environ trois fois par semaine, toute l'année, l'activité physique a nettement réduit la douleur dans des essais de qualité faible. Le type d'effort compte peu.

Étudié · Cochrane 2019

Chaleur sur le bas-ventre

Une bouillotte ou un patch chauffant a soulagé dans six petits essais, parfois autant que des antidouleurs. Les auteurs demandent des études plus solides.

Étudié · Sci Rep 2018

Gingembre en poudre

Quatre petits essais contre placebo montrent une baisse de la douleur pendant les premiers jours des règles. La qualité des preuves reste faible.

Peu étudié · Pain Med 2015

Compléments : vitamines, oméga-3, zinc, plantes

Vitamine E, huile de poisson, zinc, fenouil, camomille… Aucune preuve de bonne qualité ne montre leur efficacité, et leur sécurité est mal connue. La vitamine E n'a montré aucun effet.

Non démontré · Cochrane 2016

🥗 Dans l’assiette · NutriLoupe

Fer pour une portion, fruits et légumes de saison en octobre (Ciqual, ADEME). Les règles font perdre du fer, surtout quand elles sont abondantes : veillez à en manger assez.

🔎 Les plus riches en fer

☯️ La médecine chinoise

La médecine chinoise nomme ce trouble tong jing, la « douleur des règles ». Elle y voit surtout une stagnation du Qi et du Sang, une accumulation de Froid dans l'utérus ou, quand la douleur est sourde et traînante, un vide de Qi et de Sang. Le traitement traditionnel cherche à « faire circuler » et à « réchauffer ».

Angélique de Chine (racine) (dang gui)

Doux, piquantTièdeCœur · Foie · Rate

Science : règles douloureuses : peu étudié

Agripaume de Chine (partie aérienne) (yi mu cao)

Piquant, amerLégèrement froideFoie · Cœur (Péricarde) · Vessie

Science : peu étudié

Souchet rond (rhizome) (xiang fu)

Piquant, légèrement amer et douxNeutreFoie · Rate · Triple Réchauffeur

Science : peu étudié

Gingembre séché (gan jiang)

PiquantChaudeCœur · Poumon · Rate · Estomac · Rein

Science : règles douloureuses : quelques petits essais
Tradition · pas une preuve d’efficacité

Consultez sans attendre si la douleur est intense ou pire que d'habitude malgré les antidouleurs, si vos règles deviennent plus douloureuses, plus abondantes ou irrégulières, si vous saignez entre les règles, avez mal pendant les rapports, en urinant ou en allant à la selle, si votre ventre gonfle ou si vous maigrissez sans raison, et aussi en cas de fièvre ou si une grossesse est possible.

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Ce qui se passe dans le corps

Pendant les règles, la muqueuse de l’utérus libère des prostaglandines. Ce sont des substances qui font se contracter le muscle de l’utérus. Les femmes qui ont des règles douloureuses en produisent davantage, rappelle la revue Cochrane de 2015. Ces contractions donnent des crampes dans le bas-ventre, qui peuvent s’étendre au dos et aux cuisses.

Les médecins parlent de dysménorrhée. Elle est dite primaire quand aucune maladie ne l’explique, et secondaire quand une maladie en est la cause. Selon le NHS, la douleur commence autour du début des règles et dure en général jusqu’à trois jours.

Les causes les plus fréquentes

Le plus souvent, la douleur est primaire : elle vient des contractions de l’utérus, sans autre maladie. La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC, 2017) souligne qu’elle est fréquente et souvent insuffisamment traitée, alors que des traitements efficaces et peu coûteux existent.

Parfois, une maladie est en cause. Le NHS cite :

  • l’endométriose : un tissu proche de la muqueuse de l’utérus se développe en dehors de celui-ci ;
  • l’adénomyose : ce tissu s’installe dans le muscle de l’utérus ;
  • les fibromes, des tumeurs bénignes de l’utérus ;
  • une infection de l’utérus, des trompes et des ovaires.

Un stérilet peut aussi rendre les règles plus douloureuses, surtout pendant les trois à six premiers mois. En France, la HAS et le CNGOF ont publié en 2017 des recommandations sur l’endométriose. Elles insistent sur un parcours de soins coordonné et sur l’information des patientes.

Ce qui aide, selon les études

Les médicaments, avec un professionnel

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) bloquent la fabrication des prostaglandines. Dans 80 essais réunis par la Cochrane, ils soulagent mieux qu’un placebo et que le paracétamol. En contrepartie, ils donnent plus souvent des troubles digestifs, des maux de tête ou de la somnolence. Leur usage se discute avec un médecin ou un pharmacien.

La pilule contraceptive combinée (œstrogène et progestatif) semble aussi réduire la douleur. Une autre revue Cochrane juge toutefois ces preuves limitées. Le choix d’une contraception se fait avec un professionnel de santé.

Ce que vous pouvez faire vous-même

L’activité physique régulière est une option intéressante. Dans une revue Cochrane de 2019, des séances de 45 à 60 minutes, au moins trois fois par semaine, ont réduit la douleur d’environ 25 points sur une échelle de 0 à 100. L’intensité comptait peu : étirements, yoga, renforcement ou cardio. Les preuves sont de qualité faible, mais le sport a peu d’effets indésirables et bien d’autres bénéfices.

La chaleur sur le bas-ventre (bouillotte, patch chauffant) a soulagé dans six petits essais, parfois autant que des antidouleurs. Les auteurs de cette méta-analyse publiée en 2018 réclament des études plus solides. Une méta-analyse est une étude qui regroupe les résultats de plusieurs essais.

Les remèdes populaires

Le gingembre en poudre, pris les premiers jours des règles, a réduit la douleur dans quatre petits essais contre placebo (Daily et al., 2015). C’est encourageant, mais peu solide. Pour les autres compléments (vitamine E, huile de poisson, zinc, fenouil, camomille…), la Cochrane ne trouve aucune preuve de bonne qualité. La vitamine E n’a montré aucun effet.

Ce que propose la médecine chinoise (une tradition)

La médecine chinoise est une tradition, pas une preuve. Elle décrit la douleur des règles (tong jing) comme un blocage : stagnation du Qi et du Sang, Froid accumulé dans l’utérus, ou au contraire manque de Qi et de Sang. Les ouvrages de référence, comme la Materia Medica de Bensky ou le traité de gynécologie de Maciocia, citent l’angélique de Chine (dang gui), l’agripaume de Chine (yi mu cao), le souchet (xiang fu) ou le gingembre séché (gan jiang).

Côté science, seul le gingembre a fait l’objet de quelques essais. L’acupuncture a été évaluée par la Cochrane en 2016 : les données sont insuffisantes pour dire si elle soulage. Les plantes chinoises peuvent interagir avec des médicaments : parlez-en à votre médecin ou pharmacien avant d’en prendre.

Quand consulter

Consultez sans attendre si la douleur est intense ou pire que d’habitude et que les antidouleurs n’agissent pas. Le NHS conseille aussi de prendre rendez-vous si :

  • vos règles deviennent plus douloureuses, plus abondantes ou irrégulières ;
  • la douleur vous empêche de mener vos activités ;
  • vous avez mal pendant les rapports, en urinant ou en allant à la selle ;
  • vous saignez entre les règles ;
  • votre ventre gonfle, vous perdez l’appétit ou du poids sans raison.

Consultez aussi rapidement en cas de fièvre, ou si une grossesse est possible.

À retenir

  • Les règles douloureuses viennent surtout des prostaglandines, qui font se contracter l’utérus.
  • Le sport régulier et la chaleur sont des options simples, étudiées et peu risquées.
  • Les anti-inflammatoires sont le traitement le mieux étudié, à discuter avec un professionnel.
  • Aucun complément n’a de preuve solide ; le gingembre reste à confirmer.
  • Une douleur qui change, s’aggrave ou résiste aux antidouleurs doit faire consulter.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une bouillotte sur le ventre peut-elle soulager ?

  2. 02Le sport réduit-il les douleurs de règles ?

  3. 03Les compléments (vitamine E, oméga-3, zinc…) ont-ils fait leurs preuves ?

  4. 04Le gingembre a-t-il été étudié contre les règles douloureuses ?

  5. 05Quel signe doit faire consulter sans attendre ?

Pour aller plus loin

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Envoyez-la : ce que dit la science, ce qui aide dans l’assiette, ce qu’en dit la tradition chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

Sources

  1. Marjoribanks J, Ayeleke RO, Farquhar C, Proctor M. Nonsteroidal anti-inflammatory drugs for dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2015;(7):CD001751. doi:10.1002/14651858.CD001751.pub3
  2. Wong CL, Farquhar C, Roberts H, Proctor M. Oral contraceptive pill for primary dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2009;(4):CD002120. doi:10.1002/14651858.CD002120.pub3
  3. Armour M, Ee CC, Naidoo D, Ayati Z, Chalmers KJ, Steel KA, de Manincor MJ, Delshad E. Exercise for dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2019;9:CD004142. doi:10.1002/14651858.CD004142.pub4
  4. Jo J, Lee SH. Heat therapy for primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis of its effects on pain relief and quality of life. Sci Rep. 2018;8(1):16252. doi:10.1038/s41598-018-34303-z
  5. Daily JW, Zhang X, Kim DS, Park S. Efficacy of ginger for alleviating the symptoms of primary dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials. Pain Med. 2015;16(12):2243-2255. doi:10.1111/pme.12853
  6. Pattanittum P, Kunyanone N, Brown J, Sangkomkamhang US, Barnes J, Seyfoddin V, Marjoribanks J. Dietary supplements for dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2016;3:CD002124. doi:10.1002/14651858.CD002124.pub2
  7. Smith CA, Armour M, Zhu X, Li X, Lu ZY, Song J. Acupuncture for dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev. 2016;4:CD007854. doi:10.1002/14651858.CD007854.pub3
  8. Burnett M, Lemyre M. No. 345-Primary Dysmenorrhea Consensus Guideline. J Obstet Gynaecol Can. 2017;39(7):585-595. doi:10.1016/j.jogc.2016.12.023
  9. Haute Autorité de santé, Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Prise en charge de l'endométriose. Recommandation de bonne pratique, décembre 2017
  10. NHS (Royaume-Uni). Period pain. Page revue le 18 mars 2026
  11. Bensky D, Clavey S, Stöger E. Chinese Herbal Medicine: Materia Medica. 3e éd. (édition portable). Seattle : Eastland Press ; 2015. ISBN 978-0-939616-82-4
  12. Maciocia G. Obstetrics and Gynecology in Chinese Medicine. 2e éd. Édimbourg : Churchill Livingstone ; 2011. ISBN 978-0-443-10422-0
  13. Organisation mondiale de la santé. CIM-11, chapitre 26 : affections relevant de la médecine traditionnelle, module I

Cette page explique, elle ne remplace pas l’avis d’un médecin. La médecine chinoise y est présentée comme une tradition, pas comme une preuve d’efficacité.

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