Ce qui se passe dans le corps
La libido désigne le désir sexuel. Elle varie naturellement selon les périodes de la vie, la fatigue, le stress ou la relation. Une baisse du désir n’est un problème que si elle vous pèse. Les médecins parlent de trouble du désir sexuel hypoactif quand ce manque de désir dure et cause une détresse. Selon la société internationale de santé sexuelle féminine (ISSWSH, 2018), il toucherait environ 10 % des femmes adultes et s’associe à des états émotionnels négatifs et à certaines maladies, dont la dépression.
Le désir dépend à la fois du corps (hormones, santé, douleur), de l’esprit (humeur, image de soi) et de la relation. C’est pourquoi l’ISSWSH recommande une évaluation dite « biopsychosociale », qui explore ces trois dimensions.
Les causes les plus fréquentes
- Les médicaments : de nombreux antidépresseurs provoquent des troubles sexuels. Selon une méta-analyse, 26 à 80 % des patients sont touchés selon la molécule, tandis que d’autres antidépresseurs n’en donnent pas plus qu’un placebo.
- L’humeur : la dépression pèse sur le désir.
- La ménopause : la sécheresse vaginale peut rendre les rapports douloureux, ce qui freine l’envie.
- La fatigue : manque de sommeil, charge mentale, manque de fer.
- La relation : conflits, routine, difficultés de communication.
- Les violences passées ou présentes, qui demandent une aide spécifique.
Ce qui aide, selon les études
Comprendre et agir sur les causes
L’ISSWSH propose de commencer par l’information et par la correction des facteurs modifiables : un médicament en cause, une douleur, une humeur dépressive, la fatigue ou des difficultés de couple. Si un médicament semble en cause, ne l’arrêtez jamais seule : parlez-en au médecin qui l’a prescrit.
Les thérapies psychologiques
La sexothérapie regroupe plusieurs approches : thérapie comportementale, thérapie cognitive et comportementale (TCC), pleine conscience. Une méta-analyse de 20 essais montre un bénéfice des interventions psychologiques, avec de bonnes preuves pour la baisse du désir chez la femme. Dans un essai de 117 femmes, quatre séances de groupe de 90 minutes, associant pleine conscience, thérapie cognitive et information, ont amélioré le désir et l’excitation.
Les traitements médicaux
Après la ménopause, la testostérone a été évaluée dans 36 essais. Chez les femmes gênées par une baisse du désir, elle améliore modestement le désir, le plaisir et la satisfaction. Elle peut donner de l’acné ou une pilosité accrue. Un consensus international de 2019 encadre son usage, et l’ISSWSH rappelle qu’il s’agit d’une prescription hors autorisation aux États-Unis. La décision revient à un médecin spécialisé.
Si des rapports douloureux liés à la sécheresse vaginale freinent le désir, les œstrogènes appliqués localement améliorent ces symptômes par rapport à un placebo, selon la Cochrane (2016).
Les remèdes populaires
La maca, une plante des Andes, est souvent vantée. Une revue systématique n’a trouvé que quatre essais, dont un chez des femmes ménopausées. Les preuves sont trop limitées pour conclure.
Ce que propose la médecine chinoise (une tradition)
Présentée ici comme une tradition, la médecine chinoise relie le désir à l’énergie du Rein et au « Feu de la Porte de la Vie » (Ming men). Une baisse du désir y est souvent décrite comme un vide de Yang du Rein, ou comme une stagnation du Qi du Foie liée aux tensions. Les ouvrages de référence citent l’épimède (yin yang huo), la graine de cuscute (tu si zi) ou la cistanche (rou cong rong). Ces plantes restent peu étudiées chez la femme. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant d’en prendre.
Quand consulter
Consultez si la baisse du désir vous pèse ou pèse sur votre couple. Consultez sans attendre si :
- elle s’accompagne de tristesse persistante ou d’idées noires : appelez le 3114, 24 h/24 ;
- vous avez des douleurs pendant les rapports ou des saignements inhabituels ;
- elle est apparue après le début d’un médicament ;
- vous subissez des violences ou des rapports non consentis : le 3919 est gratuit et anonyme.
À retenir
- Une baisse du désir n’est un trouble que si elle vous pèse.
- Ses causes sont souvent multiples : médicaments, humeur, douleur, fatigue, relation.
- La sexothérapie et les thérapies psychologiques ont fait leurs preuves.
- Après la ménopause, testostérone et œstrogènes locaux sont des options médicales à discuter.
- La maca n’a pas de preuve solide.

