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Recherches santé · Femmes et hormones

Bouffées de chaleur

Aussi : bouffées vasomotrices, sueurs nocturnes, symptômes vasomoteurs, coups de chaleur

Les bouffées de chaleur gâchent les journées et les nuits de nombreuses femmes. Voici ce qui marche selon les études, ce qui n'a pas fait ses preuves et quand consulter.

🔬 Ce que dit la science

Traitement hormonal (THM), avec le médecin

Dans 24 essais, le traitement hormonal par voie orale a réduit la fréquence des bouffées d'environ 75 % par rapport au placebo. Bénéfices et risques se discutent avec le médecin.

Avec le médecin · Cochrane 2004

TCC ou hypnose clinique

La Menopause Society recommande la thérapie cognitive et comportementale (TCC) et l'hypnose clinique, avec des preuves de bon niveau. Ce sont des options sans hormones.

Recommandé · Menopause Society 2023

Médicaments non hormonaux

Certains antidépresseurs, la gabapentine, le fézolinétant ou l'oxybutynine sont recommandés quand les hormones sont contre-indiquées ou non souhaitées. Le choix se fait avec le médecin.

Avec le médecin · Menopause Society 2023

Soja, trèfle rouge, phyto-œstrogènes

Dans 43 essais, aucune preuve concluante d'efficacité, avec un effet placebo important. Seuls des extraits concentrés en génistéine mériteraient d'être mieux étudiés.

Non démontré · Cochrane 2013

Actée à grappes noires

Dans les essais, elle ne fait pas mieux qu'un placebo sur la fréquence des bouffées. Les données sur sa sécurité sont mal rapportées.

Non démontré · Cochrane 2012

Faire du sport contre les bouffées

Une revue Cochrane n'a pas trouvé d'effet de l'exercice sur les bouffées par rapport à l'absence d'activité. L'activité physique reste utile pour la santé en général.

Non démontré · Cochrane 2014

☯️ La médecine chinoise

La tradition chinoise décrit surtout les bouffées de chaleur comme un vide de Yin du Rein : le Yin, qui « rafraîchit », s'épuise et laisse monter une chaleur-vide. Elle évoque aussi un défaut d'harmonie entre le Rein et le Cœur, avec agitation, palpitations et insomnie. La formule classique Zhi bai di huang wan illustre cette approche.

Anémarrhène (rhizome) (zhi mu)

Amer, douxFroidePoumon · Estomac · Rein

Science : bouffées : peu étudié

Écorce de phellodendron (huang bai)

AmerFroideRein · Vessie

Science : peu étudié

Écorce de racine de lyciet (di gu pi)

DouxFroidePoumon · Foie · Rein

Science : peu étudié

Grain de blé léger (fu xiao mai)

DouxFraîcheCœur

Science : sueurs : peu étudié
Tradition · pas une preuve d’efficacité

Consultez sans attendre si les bouffées s'accompagnent de fièvre, d'une perte de poids inexpliquée, de palpitations, de diarrhée ou de malaises, si elles apparaissent avant 40 ans ou reviennent longtemps après la ménopause, si elles changent d'aspect, ou si elles persistent malgré un traitement bien suivi.

Ce qui se passe dans le corps

Une bouffée de chaleur est une sensation soudaine de chaleur dans le haut du corps et le visage. Elle s’accompagne souvent de rougeur et de sueurs, parfois de palpitations, puis d’une sensation de froid. La nuit, elle prend la forme de sueurs nocturnes qui réveillent. Les médecins parlent de symptômes vasomoteurs : ils mettent en jeu les vaisseaux qui règlent la température de la peau.

Ces symptômes accompagnent la baisse des œstrogènes autour de la ménopause. Ils diminuent souvent avec les années. Dans les essais, leur fréquence baisse aussi nettement sous placebo : d’environ 58 % en moyenne dans la revue Cochrane sur le traitement hormonal. C’est pourquoi un remède doit être comparé à un placebo pour prouver son effet.

Les causes les plus fréquentes

La cause principale est la ménopause, naturelle ou provoquée (chirurgie des ovaires, chimiothérapie, certains traitements hormonaux). Mais toutes les bouffées ne viennent pas des hormones. Les recommandations françaises CNGOF-GEMVi (2021) demandent de penser à une autre cause quand elles :

  • ne cèdent pas à un traitement hormonal adapté et bien pris ;
  • apparaissent ou réapparaissent longtemps après la ménopause ;
  • changent d’aspect ;
  • s’accompagnent d’autres signes.

Le médecin cherche alors, par exemple, un trouble de la thyroïde, une infection ou l’effet d’un médicament.

Ce qui aide, selon les études

Les approches recommandées

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est le plus efficace. Dans 24 essais réunis par la Cochrane, il a réduit la fréquence des bouffées d’environ 75 % par rapport au placebo. Il se discute avec votre médecin, de préférence dans les 10 ans qui suivent les dernières règles, selon la Menopause Society (2023).

Sans hormones, deux approches psychologiques ont des preuves de bon niveau, selon la même société savante : la thérapie cognitive et comportementale (TCC) et l’hypnose clinique. Dans un essai de 187 femmes ménopausées, cinq séances d’hypnose ont réduit les bouffées de 74 % en 12 semaines, contre 17 % dans un groupe témoin. Le NICE recommande aussi une TCC adaptée à la ménopause.

Plusieurs médicaments non hormonaux sont aussi recommandés : certains antidépresseurs (ISRS, IRSN), la gabapentine, le fézolinétant ou l’oxybutynine. Ils concernent surtout les femmes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas prendre d’hormones. Leur choix se fait avec le médecin. La perte de poids figure aussi parmi les options, avec des preuves plus limitées.

Ce qui n’a pas fait ses preuves

Faute de preuves suffisantes, la Menopause Society ne recommande pas plusieurs habitudes très répandues pour réduire les bouffées : éviter les « déclencheurs », se rafraîchir, faire du sport, du yoga ou de la relaxation. Cela ne veut pas dire que ces gestes sont inutiles pour votre confort ou votre santé, seulement qu’ils n’ont pas montré d’effet net sur les bouffées.

Une revue Cochrane de 2014 n’a pas trouvé d’effet de l’exercice sur les bouffées. Les phyto-œstrogènes (soja, trèfle rouge) n’ont pas de preuve concluante dans 43 essais. L’actée à grappes noires ne fait pas mieux qu’un placebo sur la fréquence des bouffées, selon la Cochrane (2012).

Ce que propose la médecine chinoise (une tradition)

La médecine chinoise, présentée ici comme une tradition, voit dans les bouffées de chaleur un vide de Yin du Rein. Le Yin, principe « rafraîchissant », s’épuiserait et laisserait monter une chaleur dite « vide ». Les ouvrages de référence citent la formule Zhi bai di huang wan, qui associe notamment l’anémarrhène (zhi mu) et l’écorce de phellodendron (huang bai), ainsi que l’écorce de racine de lyciet (di gu pi) et le grain de blé léger (fu xiao mai) contre les sueurs. Ces plantes restent peu étudiées. L’acupuncture, elle, ne fait pas partie des options recommandées par la Menopause Society.

Quand consulter

Consultez sans attendre si les bouffées s’accompagnent de fièvre, d’une perte de poids inexpliquée, de palpitations, de diarrhée ou de malaises. Consultez aussi si elles apparaissent avant 40 ans, reviennent longtemps après la ménopause, changent d’aspect ou persistent malgré un traitement bien suivi.

À retenir

  • Les bouffées de chaleur accompagnent la baisse des œstrogènes et diminuent souvent avec le temps.
  • Le traitement hormonal reste le plus efficace ; il se discute avec le médecin.
  • La TCC et l’hypnose clinique sont des options sans hormones bien étudiées.
  • Soja, trèfle rouge, actée à grappes noires et sport n’ont pas montré d’effet net sur les bouffées.
  • Des bouffées inhabituelles ou associées à d’autres signes doivent faire consulter.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Le soja ou le trèfle rouge réduisent-ils les bouffées de chaleur ?

  2. 02L'hypnose peut-elle aider ?

  3. 03Le sport fait-il diminuer les bouffées de chaleur ?

  4. 04L'actée à grappes noires est-elle efficace ?

  5. 05Quand faut-il consulter sans attendre ?

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Envoyez-la : ce que dit la science, ce qu’en dit la tradition chinoise et les signes qui doivent faire consulter.

Sources

  1. MacLennan AH, Broadbent JL, Lester S, Moore V. Oral oestrogen and combined oestrogen/progestogen therapy versus placebo for hot flushes. Cochrane Database Syst Rev. 2004;(4):CD002978. doi:10.1002/14651858.CD002978.pub2
  2. The North American Menopause Society. The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause. 2023;30(6):573-590. doi:10.1097/GME.0000000000002200
  3. Elkins GR, Fisher WI, Johnson AK, Carpenter JS, Keith TZ. Clinical hypnosis in the treatment of postmenopausal hot flashes: a randomized controlled trial. Menopause. 2013;20(3):291-298. doi:10.1097/gme.0b013e31826ce3ed
  4. NICE. Menopause: identification and management. NICE guideline NG23, 2015, mis à jour en novembre 2024
  5. Lethaby A, Marjoribanks J, Kronenberg F, Roberts H, Eden J, Brown J. Phytoestrogens for menopausal vasomotor symptoms. Cochrane Database Syst Rev. 2013;(12):CD001395. doi:10.1002/14651858.CD001395.pub4
  6. Leach MJ, Moore V. Black cohosh (Cimicifuga spp.) for menopausal symptoms. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD007244. doi:10.1002/14651858.CD007244.pub2
  7. Daley A, Stokes-Lampard H, Thomas A, MacArthur C. Exercise for vasomotor menopausal symptoms. Cochrane Database Syst Rev. 2014;(11):CD006108. doi:10.1002/14651858.CD006108.pub4
  8. Maitrot-Mantelet L, Perol S, Plu-Bureau G. Differential diagnosis of vasomotor symptoms. Postmenopausal women management: CNGOF and GEMVi clinical practice guidelines [article en français]. Gynecol Obstet Fertil Senol. 2021;49(5):329-334. doi:10.1016/j.gofs.2021.03.012
  9. Bensky D, Clavey S, Stöger E. Chinese Herbal Medicine: Materia Medica. 3e éd. (édition portable). Seattle : Eastland Press ; 2015. ISBN 978-0-939616-82-4
  10. Maciocia G. Obstetrics and Gynecology in Chinese Medicine. 2e éd. Édimbourg : Churchill Livingstone ; 2011. ISBN 978-0-443-10422-0
  11. Organisation mondiale de la santé. CIM-11, chapitre 26 : affections relevant de la médecine traditionnelle, module I

Cette page explique, elle ne remplace pas l’avis d’un médecin. La médecine chinoise y est présentée comme une tradition, pas comme une preuve d’efficacité.

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