Ce qui se passe dans le corps
Une bouffée de chaleur est une sensation soudaine de chaleur dans le haut du corps et le visage. Elle s’accompagne souvent de rougeur et de sueurs, parfois de palpitations, puis d’une sensation de froid. La nuit, elle prend la forme de sueurs nocturnes qui réveillent. Les médecins parlent de symptômes vasomoteurs : ils mettent en jeu les vaisseaux qui règlent la température de la peau.
Ces symptômes accompagnent la baisse des œstrogènes autour de la ménopause. Ils diminuent souvent avec les années. Dans les essais, leur fréquence baisse aussi nettement sous placebo : d’environ 58 % en moyenne dans la revue Cochrane sur le traitement hormonal. C’est pourquoi un remède doit être comparé à un placebo pour prouver son effet.
Les causes les plus fréquentes
La cause principale est la ménopause, naturelle ou provoquée (chirurgie des ovaires, chimiothérapie, certains traitements hormonaux). Mais toutes les bouffées ne viennent pas des hormones. Les recommandations françaises CNGOF-GEMVi (2021) demandent de penser à une autre cause quand elles :
- ne cèdent pas à un traitement hormonal adapté et bien pris ;
- apparaissent ou réapparaissent longtemps après la ménopause ;
- changent d’aspect ;
- s’accompagnent d’autres signes.
Le médecin cherche alors, par exemple, un trouble de la thyroïde, une infection ou l’effet d’un médicament.
Ce qui aide, selon les études
Les approches recommandées
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est le plus efficace. Dans 24 essais réunis par la Cochrane, il a réduit la fréquence des bouffées d’environ 75 % par rapport au placebo. Il se discute avec votre médecin, de préférence dans les 10 ans qui suivent les dernières règles, selon la Menopause Society (2023).
Sans hormones, deux approches psychologiques ont des preuves de bon niveau, selon la même société savante : la thérapie cognitive et comportementale (TCC) et l’hypnose clinique. Dans un essai de 187 femmes ménopausées, cinq séances d’hypnose ont réduit les bouffées de 74 % en 12 semaines, contre 17 % dans un groupe témoin. Le NICE recommande aussi une TCC adaptée à la ménopause.
Plusieurs médicaments non hormonaux sont aussi recommandés : certains antidépresseurs (ISRS, IRSN), la gabapentine, le fézolinétant ou l’oxybutynine. Ils concernent surtout les femmes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas prendre d’hormones. Leur choix se fait avec le médecin. La perte de poids figure aussi parmi les options, avec des preuves plus limitées.
Ce qui n’a pas fait ses preuves
Faute de preuves suffisantes, la Menopause Society ne recommande pas plusieurs habitudes très répandues pour réduire les bouffées : éviter les « déclencheurs », se rafraîchir, faire du sport, du yoga ou de la relaxation. Cela ne veut pas dire que ces gestes sont inutiles pour votre confort ou votre santé, seulement qu’ils n’ont pas montré d’effet net sur les bouffées.
Une revue Cochrane de 2014 n’a pas trouvé d’effet de l’exercice sur les bouffées. Les phyto-œstrogènes (soja, trèfle rouge) n’ont pas de preuve concluante dans 43 essais. L’actée à grappes noires ne fait pas mieux qu’un placebo sur la fréquence des bouffées, selon la Cochrane (2012).
Ce que propose la médecine chinoise (une tradition)
La médecine chinoise, présentée ici comme une tradition, voit dans les bouffées de chaleur un vide de Yin du Rein. Le Yin, principe « rafraîchissant », s’épuiserait et laisserait monter une chaleur dite « vide ». Les ouvrages de référence citent la formule Zhi bai di huang wan, qui associe notamment l’anémarrhène (zhi mu) et l’écorce de phellodendron (huang bai), ainsi que l’écorce de racine de lyciet (di gu pi) et le grain de blé léger (fu xiao mai) contre les sueurs. Ces plantes restent peu étudiées. L’acupuncture, elle, ne fait pas partie des options recommandées par la Menopause Society.
Quand consulter
Consultez sans attendre si les bouffées s’accompagnent de fièvre, d’une perte de poids inexpliquée, de palpitations, de diarrhée ou de malaises. Consultez aussi si elles apparaissent avant 40 ans, reviennent longtemps après la ménopause, changent d’aspect ou persistent malgré un traitement bien suivi.
À retenir
- Les bouffées de chaleur accompagnent la baisse des œstrogènes et diminuent souvent avec le temps.
- Le traitement hormonal reste le plus efficace ; il se discute avec le médecin.
- La TCC et l’hypnose clinique sont des options sans hormones bien étudiées.
- Soja, trèfle rouge, actée à grappes noires et sport n’ont pas montré d’effet net sur les bouffées.
- Des bouffées inhabituelles ou associées à d’autres signes doivent faire consulter.