Ce que mesure l’analyse
L’androstènedione est une hormone stéroïde, précurseur de la testostérone et de l’œstrone. Selon Mayo Clinic Laboratories, elle est sécrétée surtout par la glande surrénale, sous un contrôle en partie assuré par l’ACTH (l’hormone de l’hypophyse qui stimule les surrénales), et aussi par les gonades (testicules et ovaires). Elle est notamment issue de la coupure d’une molécule voisine, la 17-hydroxyprogestérone, par une enzyme (CYP17A1).
Chez l’enfant, elle suit le même profil que les autres précurseurs des androgènes : elle monte progressivement avec l’adrénarche (le réveil des surrénales avant la puberté) et plus vite à la puberté, pour atteindre les valeurs adultes vers 18 ans (Mayo).
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang. Mayo exige un sérum sur tube sec, sans gel, séparé après centrifugation ; un sérum fortement hémolysé ou lipémique (très chargé en graisses) est refusé. Signalez au laboratoire et au médecin la prise de compléments d’androstènedione ou de DHEA et celle de médicaments hormonaux. Suivez les consignes de jeûne et d’horaire de votre laboratoire.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en ng/dL chez Mayo ; d’autres laboratoires utilisent le ng/mL (1 ng/mL équivaut à 100 ng/dL) ou le nmol/L. Mayo donne, chez l’adulte, 40 à 150 ng/dL chez l’homme et 30 à 200 ng/dL chez la femme, par spectrométrie de masse (LC-MS/MS). Comparez toujours votre résultat à l’intervalle imprimé sur votre compte rendu.
Selon Mayo, un taux élevé signe une production accrue d’androgènes par la surrénale ou les gonades. La plupart des élévations légères à modérées n’ont pas de cause retrouvée. Des valeurs égales ou supérieures à 500 ng/dL peuvent faire évoquer une tumeur surrénalienne ou, plus rarement, gonadique sécrétant des androgènes ; elles dépassent le plus souvent largement ce seuil dans les tumeurs surrénaliennes bénignes productrices d’androgènes. Un taux bas n’a pas d’intérêt diagnostique en soi : il peut accompagner une insuffisance surrénalienne ou gonadique.
Chez l’enfant, de nombreuses formes d’hyperplasie congénitale des surrénales augmentent l’androstènedione ; le diagnostic suppose toujours de doser aussi la 17-hydroxyprogestérone, la DHEA-S et le cortisol (Mayo).
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « courant » (b). L’androstènedione fait partie des dosages utilisés en pratique, en association avec d’autres, pour explorer un excès d’androgènes et suivre une hyperplasie congénitale des surrénales (Mayo). Aucune recommandation officielle ne fixe de seuil propre : il s’agit d’intervalles de laboratoire.
Mayo prévient que les compléments d’androstènedione, et moins nettement ceux de DHEA-S, élèvent son taux ; à forte dose, il peut presque doubler. La testostérone augmente aussi, et chez l’homme l’estrone et l’estradiol, mais à un degré bien moindre. Les médicaments inducteurs enzymatiques, ceux qui agissent sur les lipides et d’autres hormones stéroïdiennes tendent plutôt à l’abaisser, sans que ces variations posent d’ordinaire un problème d’interprétation.
Les analyses à associer
La 17-hydroxyprogestérone, le sulfate de DHEA et le cortisol sanguin complètent l’exploration d’une anomalie des surrénales. La testostérone totale montre l’androgène principal, dont l’androstènedione est un précurseur.
À retenir
- L’androstènedione vient surtout des surrénales et se transforme en testostérone et en œstrone.
- La plupart des élévations légères à modérées n’ont pas de cause retrouvée.
- Les valeurs de 500 ng/dL et plus justifient une exploration médicale.
- Les compléments d’androstènedione ou de DHEA élèvent le résultat : signalez-les.