Ce que mesure l’analyse
Le sulfate de DHEA (DHEA-S) est la forme de la déhydroépiandrostérone (DHEA) à laquelle un groupement sulfate est fixé. Les glandes surrénales, deux petites glandes posées sur les reins, fabriquent la DHEA en partie sous la commande de l’ACTH, une hormone de l’hypophyse. L’essentiel est sécrété sous forme sulfatée. La DHEA-S circule à une concentration plus de 100 fois supérieure à celle de la DHEA, car elle est liée beaucoup plus fortement à l’albumine (Mayo Clinic Laboratories).
Par elle-même, la DHEA a un très faible effet androgénique. Elle sert de précurseur à la plupart des hormones sexuelles. Dans des tissus comme la peau, la DHEA-S peut être reconvertie en DHEA, puis en androgènes plus puissants et en œstrogènes (Mayo).
Comment se passe le prélèvement
Une prise de sang suffit. Chez Mayo, le sérum se prélève sur tube avec gel séparateur (de préférence) ou tube rouge. Le sang très hémolysé est refusé. Le sérum se conserve 14 jours au réfrigérateur et 30 jours congelé. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun, sauf consigne contraire du laboratoire. Signalez vos compléments et médicaments.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime souvent en µmol/L en France, et en µg/dL aux États-Unis (1 µg/dL correspond à environ 0,027 µmol/L). Les repères dépendent beaucoup de l’âge et du sexe. Voici ceux de Mayo Clinic Laboratories, mesurés par immuno-enzymologie (Beckman Coulter Access) : chez l’homme de 18 à 30 ans, de 105 à 728 µg/dL, puis une baisse jusqu’à 6,6 à 162 µg/dL à partir de 71 ans. Chez la femme, de 83 à 377 µg/dL entre 18 et 30 ans, jusqu’à 5,3 à 124 µg/dL à partir de 71 ans. Le tableau détaillé figure dans les repères de cette fiche.
La DHEA-S augmente à la puberté, atteint un maximum vers 20 ans, puis décline pendant 40 à 60 ans jusqu’à environ 20 % du pic (Mayo). Une valeur basse pour un adulte de 60 ans peut donc être normale pour son âge. Ces repères sont ceux d’un laboratoire et d’une méthode : comparez toujours à ceux de votre compte rendu.
Ce qui compte vraiment : l’âge, le sexe, les compléments et le tableau clinique. Chez la femme, une valeur proche ou au-dessus de la limite supérieure est surveillée, surtout après la ménopause, si elle s’accompagne de signes d’excès d’androgènes.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « courant » (b). La DHEA-S sert à explorer un excès d’androgènes (avec les autres hormones sexuelles), à repérer des tumeurs surrénaliennes sécrétant des androgènes, à étayer le diagnostic d’une hyperplasie congénitale des surrénales (examen d’appoint) et à comprendre une adrénarche prématurée (Mayo). La plupart des élévations légères à modérées n’ont pas de cause retrouvée ; des élévations marquées font chercher une tumeur.
Ses usages hors diagnostic sont moins solides. Mayo écrit qu’il n’existe pas de recommandation établie pour la supplémentation en DHEA ou pour son suivi biologique, et que la valeur d’un traitement par DHEA est douteuse dans la plupart des situations. Les essais de remplacement chez les personnes âgées n’ont pas donné de bénéfices convaincants, et certaines études ont observé une amélioration de l’humeur, de l’énergie et de la libido chez des patients dont la surrénale ne fonctionne plus.
Les analyses à associer
La DHEA donne la forme non sulfatée. L’androstènedione et la 17-hydroxyprogestérone aident à explorer un excès d’androgènes ou une hyperplasie congénitale. La SHBG, protéine de transport, nuance l’effet des hormones sexuelles.
À retenir
- La DHEA-S est la forme stable et abondante de la DHEA, fabriquée par les surrénales.
- Ses repères changent fortement avec l’âge et le sexe : cherchez la ligne qui vous correspond.
- Elle aide surtout à explorer un excès d’androgènes et les tumeurs de la surrénale.
- Un complément de DHEA modifie le résultat, et la DHEA administrée est interdite en compétition.
- Discutez du résultat avec un médecin.