Ce que mesure l’analyse
Le cortisol est l’hormone du stress, fabriquée par les surrénales. Après avoir agi, il est inactivé, surtout dans le foie, puis éliminé dans les urines sous forme de produits de dégradation, les « métabolites ». Le cortisol métabolisé est la somme de ces métabolites : le tétrahydrocortisol sous ses deux formes (α-THF et β-THF) et la tétrahydrocortisone (β-THE). Dans les rapports d’exemple publiés par Precision Analytical, le total est bien égal à la somme de ces trois valeurs.
Precision Analytical le présente comme le meilleur reflet de la production totale de cortisol, alors que le cortisol libre reflète mieux ce que reçoivent les tissus. Les deux ne disent pas la même chose : l’un indique ce qui a été fabriqué, l’autre ce qui a agi.
Comment se passe le prélèvement
Dans le test DUTCH, vous déposez vos urines sur un papier filtre qui sèche, à quatre moments de la journée : réveil, matin, après-midi et coucher. Le laboratoire rapporte les résultats à la créatinine, un déchet musculaire éliminé à débit à peu près stable, pour corriger la dilution de l’urine.
Suivez la notice. Signalez vos médicaments, notamment les corticoïdes, et votre consommation de réglisse. Si l’urine est très diluée, les valeurs sont moins fiables.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en ng/mg de créatinine. À notre connaissance, il n’existe pas de repères consensuels. Les plages de Precision Analytical sont de 2 750 à 6 500 chez la femme et de 4 550 à 10 000 chez l’homme. Le laboratoire explique ne pas utiliser les percentiles classiques (5e et 95e) mais d’autres, qu’il juge plus « optimaux » pour la médecine fonctionnelle. Ce sont des repères non consensuels, propres à ce laboratoire.
Ce qui compte vraiment : comparer ce total au cortisol libre et à la cortisone libre. Precision Analytical en tire un taux de clairance du cortisol (métabolites divisés par cortisol et cortisone libres). Selon le laboratoire, une valeur élevée signale une élimination plus rapide, une valeur basse une élimination plus lente. Ces lectures sont des pistes à discuter avec un médecin, pas des diagnostics.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « émergent » (c). Le cortisol métabolisé est utilisé en recherche et en médecine fonctionnelle. Les autorités de santé ne recommandent pas ce dosage. Pour dépister un excès de cortisol, l’Endocrine Society (Nieman et al., 2008) retient le cortisol libre urinaire des 24 heures, le cortisol salivaire de fin de soirée ou le freinage à la dexaméthasone.
Limites : plages propres à un laboratoire, prélèvements ponctuels, influence de la thyroïde, du foie, du poids et de médicaments sur la vitesse d’élimination, et peu d’études reliant ces plages à des critères cliniques. La réglisse en excès modifie l’équilibre cortisol-cortisone (Mayo).
Les analyses à associer
Le tétrahydrocortisol et la tétrahydrocortisone sont les deux composantes du total. Le cortisol libre urinaire donne l’exposition en cortisol actif. La cortisone complète la lecture de l’équilibre cortisol-cortisone.
À retenir
- Le cortisol métabolisé additionne α-THF, β-THF et β-THE dans les urines.
- Il reflète la production totale de cortisol, alors que le cortisol libre reflète le niveau dans les tissus.
- Les plages DUTCH sont propres à un laboratoire et non consensuelles.
- Il ne pose aucun diagnostic : d’autres tests sont recommandés pour dépister un excès de cortisol.
- Discutez toujours du résultat avec un médecin.