Ce que mesure l’analyse
Le cortisol est l’hormone du stress, fabriquée par les surrénales. Dans plusieurs tissus, dont le rein, une enzyme (la 11β-hydroxystéroïde déshydrogénase de type 2) le transforme en cortisone, une forme moins active (Mayo Clinic Laboratories). La cortisone est ensuite dégradée dans le foie en un produit d’élimination, la tétrahydrocortisone (THE), qui part dans les urines.
La THE appartient donc à la famille des « métabolites » du cortisol. Avec le tétrahydrocortisol (THF et ses formes α et β), elle forme le « cortisol métabolisé », que Precision Analytical présente comme le meilleur reflet de la production totale de cortisol.
Comment se passe le prélèvement
Dans le test DUTCH, vous déposez vos urines sur un papier filtre qui sèche, à quatre moments de la journée indiqués dans la notice : réveil, matin, après-midi et coucher. Les résultats sont rapportés à la créatinine, un déchet musculaire éliminé à débit à peu près stable, pour corriger la dilution.
Suivez la notice à la lettre. Signalez à votre médecin vos médicaments, notamment les corticoïdes, ainsi que votre consommation de réglisse.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en ng/mg de créatinine. À notre connaissance, il n’existe pas de repères consensuels pour la THE. Les plages publiées sont celles de Precision Analytical : de 1 550 à 3 800 ng/mg chez la femme, de 2 350 à 5 800 chez l’homme. Elles ne reprennent pas les percentiles classiques : le laboratoire explique avoir choisi d’autres percentiles, pour refléter une zone plus « optimale » en médecine fonctionnelle. Elles sont donc non consensuelles et propres à ce laboratoire.
Comme pour le THF, une créatinine très basse (moins de 0,15 mg/mL chez la femme, moins de 0,2 chez l’homme) rend les valeurs moins fiables, selon le laboratoire. Ce qui compte vraiment : le rapport entre THE et THF. Un rapport très en faveur de la THE signale que davantage de cortisol passe par la cortisone. Precision Analytical l’appelle la « préférence systémique ». Cette lecture reste une piste à discuter avec un médecin.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « émergent » (c). Le dosage des métabolites urinaires du cortisol relève de la recherche et de la médecine fonctionnelle. Les autorités de santé ne le recommandent pas pour diagnostiquer ou suivre un trouble du cortisol.
Limites : plages propres à un laboratoire, quatre prélèvements ponctuels, influence de la thyroïde, du foie, du poids et de médicaments sur la vitesse d’élimination, et peu d’études reliant ces plages à des critères cliniques. La réglisse en excès modifie l’activité de la 11β-HSD et donc l’équilibre cortisol-cortisone, sans que cela signale une maladie surrénalienne.
Les analyses à associer
Le tétrahydrocortisol est le jumeau de la THE. Le cortisol métabolisé additionne les métabolites. La cortisone et le cortisol libre urinaire renseignent sur ce qui circule avant l’élimination.
À retenir
- La THE est le produit d’élimination de la cortisone, dosé dans les urines.
- Elle se lit avec le THF, le cortisol libre et le cortisol métabolisé.
- Les plages DUTCH sont propres à un laboratoire et non consensuelles.
- Réglisse et corticoïdes peuvent changer le résultat : signalez-les.
- Ce test ne pose aucun diagnostic : discutez-en avec un médecin.