Ce que mesure l’analyse
Le cortisol est l’hormone du stress, fabriquée par les surrénales. Une fois son travail fait, l’organisme l’inactive, surtout dans le foie, puis l’élimine dans les urines. Le tétrahydrocortisol (THF) est l’un de ces produits de dégradation, appelés « métabolites ». Il existe sous deux formes, selon l’enzyme qui agit : le 5β-THF, le THF « classique » noté β-THF, et le 5α-THF, noté α-THF, formé par la 5α-réductase.
Le THF dérive du cortisol. Son jumeau, la tétrahydrocortisone (THE), dérive de la cortisone, la forme inactive du cortisol. Ensemble, ces métabolites forment ce que Precision Analytical appelle le « cortisol métabolisé », qu’il présente comme le meilleur reflet de la production totale de cortisol. Le cortisol libre, lui, reflète mieux ce que reçoivent les tissus.
Comment se passe le prélèvement
Dans le test DUTCH (Dried Urine Test for Comprehensive Hormones), vous déposez vos urines sur un papier filtre qui sèche, puis vous l’envoyez au laboratoire. La notice prévoit en général quatre prélèvements dans la journée : au réveil, le matin, l’après-midi et au coucher. Les résultats sont rapportés à la créatinine, un déchet musculaire éliminé à débit à peu près stable, ce qui corrige la dilution de l’urine.
Respectez les consignes de la notice : horaires, jeûne ou non, arrêt éventuel de certains produits. Signalez tout médicament, surtout les corticoïdes, ainsi que votre consommation de réglisse.
Comment lire le résultat
Le résultat s’exprime en ng/mg de créatinine. Il n’existe pas, à notre connaissance, de valeurs de référence consensuelles pour ce marqueur. Les seules plages publiées sont celles de Precision Analytical. Elles ne reprennent pas les percentiles classiques (5e et 95e) : le laboratoire explique avoir choisi d’autres percentiles, pour refléter une zone jugée plus « optimale » en médecine fonctionnelle. Ce sont donc des repères non consensuels, propres à ce laboratoire.
Elles dépendent du sexe. Pour le β-THF : de 1 050 à 2 500 chez la femme, de 1 750 à 4 000 chez l’homme. Pour l’α-THF : de 75 à 370 chez la femme, de 175 à 700 chez l’homme. Une même valeur peut donc être dans la plage d’un homme et au-dessus de celle d’une femme. Surveillez aussi la créatinine : si l’urine est très diluée (moins de 0,15 mg/mL chez la femme, moins de 0,2 chez l’homme), le laboratoire avertit que les valeurs sont moins fiables.
Ce qui compte vraiment : le THF se lit avec la THE, le cortisol libre et le cortisol métabolisé, jamais seul. Un écart entre production (métabolites) et exposition (cortisol libre) renseigne sur la vitesse d’élimination du cortisol. Precision Analytical le résume par un taux de clairance du cortisol.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « émergent » (c). Le dosage des métabolites urinaires du cortisol sert en recherche et en médecine fonctionnelle. Il n’est pas recommandé par les autorités de santé pour dépister ou suivre un excès ou un déficit de cortisol. Pour le syndrome de Cushing, l’Endocrine Society retient d’autres tests : cortisol libre urinaire des 24 heures, cortisol salivaire de fin de soirée, freinage à la dexaméthasone (Nieman et al., 2008).
Limites : quatre prélèvements ponctuels sur papier filtre plutôt qu’un recueil de 24 heures, plages propres à un laboratoire, influence possible de la thyroïde, du foie, du poids ou de médicaments sur l’élimination du cortisol, et peu d’études reliant ces plages à des critères cliniques.
Les analyses à associer
La tétrahydrocortisone complète le THF. Le cortisol métabolisé additionne les métabolites. Le cortisol libre urinaire donne l’exposition en cortisol actif. La cortisone éclaire l’équilibre entre cortisol et cortisone.
À retenir
- Le THF est un métabolite urinaire du cortisol, sous deux formes : β-THF et α-THF.
- Il se lit avec la THE, le cortisol libre et le cortisol métabolisé.
- Les plages DUTCH sont propres à un laboratoire et non consensuelles.
- Une créatinine très basse rend les valeurs moins fiables.
- Il ne pose aucun diagnostic : parlez de votre résultat à un médecin.