Ce que mesure l’analyse
Le cortisol est l’hormone du stress, fabriquée par les surrénales. Dans le rein et d’autres tissus, une enzyme, la 11β-hydroxystéroïde déshydrogénase de type 2 (11β-HSD2), le transforme en cortisone. La cortisone est moins active, notamment sur le récepteur des minéralocorticoïdes, qui règle l’équilibre du sel et de l’eau (Mayo Clinic Laboratories).
Doser la cortisone avec le cortisol permet d’évaluer cet équilibre. Il dépend de l’activité des enzymes qui transforment l’une en l’autre, ce que ne montre pas le cortisol seul.
Comment se passe le prélèvement
Le dosage se fait dans trois milieux. Dans le sang, par une prise de sang le matin en général, selon la consigne du laboratoire. Dans la salive, par un recueil à domicile. Dans les urines, par un échantillon aléatoire ou un recueil sur papier filtre : le test DUTCH prévoit quatre prélèvements dans la journée (réveil, matin, après-midi, coucher), rapportés à la créatinine.
Suivez la notice. Signalez vos médicaments, notamment les corticoïdes, et votre consommation de réglisse.
Comment lire le résultat
L’unité dépend du milieu : nmol/L dans le sang ou la salive, ng/mg de créatinine dans les urines séchées. Pour le sang et la salive, nous n’avons pas trouvé de repère publié vérifiable : chaque laboratoire publie les siens. Pour les urines séchées, Precision Analytical donne, pour la somme des quatre prélèvements, de 220 à 450 ng/mg de créatinine chez la femme et de 220 à 550 chez l’homme.
Ces plages ne reprennent pas les percentiles classiques : le laboratoire explique avoir choisi d’autres percentiles, pour refléter une zone plus « optimale » en médecine fonctionnelle. Elles sont donc non consensuelles et propres à ce laboratoire. Une créatinine très basse (moins de 0,15 mg/mL chez la femme, moins de 0,2 chez l’homme) rend les valeurs moins fiables.
Ce qui compte vraiment : le rapport entre cortisol et cortisone, et le contexte. La réglisse en excès, la grossesse ou une maladie rénale changent les valeurs sans que ce soit une maladie des surrénales.
Ce que dit la science
Le niveau de preuve est « émergent » (c). Chez la plupart des patients atteints de syndrome de Cushing, le cortisol ou la cortisone urinaires sont augmentés (Mayo). Mais les autorités de santé ne recommandent pas la cortisone comme test de dépistage : l’Endocrine Society retient le cortisol libre urinaire, le cortisol salivaire de fin de soirée et le freinage à la dexaméthasone.
Limites : repères propres à chaque laboratoire et à chaque milieu, variations selon l’heure et le stress, influence de la réglisse, de la grossesse, d’une atteinte rénale et des corticoïdes. Sur échantillon urinaire aléatoire, un grand volume d’urine peut fausser le résultat à la hausse, et une maladie du rein à la baisse (Mayo).
Les analyses à associer
Le cortisol sanguin donne le cortisol au même instant. Le cortisol libre urinaire des 24 heures donne l’exposition sur la journée. La tétrahydrocortisone est le produit d’élimination de la cortisone. Le cycle du cortisol salivaire replace le tout dans le rythme du jour.
À retenir
- La cortisone est la forme moins active du cortisol, issue de la 11β-HSD de type 2.
- On la lit avec le cortisol : c’est leur équilibre qui renseigne.
- Réglisse, grossesse, maladie rénale et corticoïdes changent les valeurs.
- Les plages DUTCH sont propres à un laboratoire et non consensuelles.
- Ce dosage ne pose aucun diagnostic : parlez-en à un médecin.