Ce que mesure l’analyse
Le cortisol est l’hormone principale de la réponse au stress. Une toute petite quantité passe du sang dans le cheveu pendant qu’il pousse. Les cheveux poussent d’environ 1 cm par mois chez l’adulte (van den Akker et al., 2020). Un segment de quelques centimètres proche du cuir chevelu garde ainsi la trace de l’exposition au cortisol des derniers mois, là où le sang, la salive ou les urines ne reflètent que quelques heures ou une journée.
Comment se passe le prélèvement
Le préleveur coupe une mèche au ras du cuir chevelu, à l’arrière de la tête. Le laboratoire analyse le segment le plus proche, souvent sur 3 cm. Les lavages, les colorations, les décolorations et les soins thermiques peuvent modifier le résultat : signalez-les. Les corticoïdes aussi.
Comment lire le résultat
L’unité est le pg/mg de cheveu. L’étude de Fortuna et al. (2026), menée dans le nord de l’Italie chez des adultes sains par chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, selon une méthode normalisée (CLSI), propose un intervalle de référence de 0,84 à 8,07 pg/mg, avec une médiane de 2,41 pg/mg. Les auteurs présentent cette étude comme la première à établir un intervalle de référence adulte de ce type. Ils notent une association avec l’indice de masse corporelle et une association faible avec le stress perçu.
Ces valeurs ne se transposent pas à un autre laboratoire : la méta-analyse de Stalder et al. (2017) montre de grandes différences entre laboratoires, les immunodosages donnant des valeurs plus élevées que la spectrométrie de masse. Lisez donc le résultat avec les repères de votre compte rendu.
Ce que dit la science
La méta-analyse de Stalder et al. (2017) a regroupé 124 sous-échantillons issus de 66 études (10 289 personnes) et relie le cortisol capillaire à plusieurs déterminants de base et à des situations de stress chronique. Les repères restent peu standardisés et aucune société savante ne recommande ce test en routine. Chez l’enfant, des intervalles par âge existent en recherche : les valeurs sont élevées après la naissance puis chutent pendant les premiers mois (van den Akker et al., 2020).
Chez le sportif, Skoluda et al. (2012) ont trouvé des valeurs plus élevées chez 304 sportifs amateurs d’endurance que chez 70 témoins. Une revue de Gerber et al. (2012) met en garde : cette élévation n’est pas forcément pathologique et ne prouve pas un surentraînement.
Le test ne remplace pas une exploration médicale des surrénales. Il ne diagnostique ni un burn-out ni une « fatigue surrénalienne ».
Les analyses à associer
Le cortisol libre urinaire, le cycle du cortisol salivaire et la réponse du cortisol au réveil explorent d’autres aspects de la même hormone. Le cortisol sanguin reste la base d’un bilan surrénalien médical.
À retenir
- Le cortisol capillaire reflète une exposition cumulée sur plusieurs mois.
- C’est surtout un outil de recherche : les repères sont peu standardisés.
- Lavages, soins thermiques, indice de masse corporelle et méthode modifient le résultat.
- Une valeur élevée chez un sportif d’endurance n’est pas forcément pathologique.
- Un résultat se discute avec un médecin, avec les repères du laboratoire qui l’a produit.