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Métanéphrines

Aussi appelée Normétanéphrine · Métanéphrines libres plasmatiques · Métanéphrines urinaires fractionnées

Les métanéphrines sont les dérivés de l'adrénaline et de la noradrénaline, fabriqués en continu par les cellules surrénaliennes ou tumorales. Leur dosage, dans le sang ou les urines de 24 heures, est le test de première intention recommandé pour chercher un phéochromocytome.

Prise de sangRecueil d’urinesFamille : surrénales et stressPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Normétanéphrine libre plasmatique (Mayo, LC-MS/MS) moins de 0,9 nmol/L (sang) ; µg/24 h (urine
  • Métanéphrine libre plasmatique (Mayo, LC-MS/MS) moins de 0,5 nmol/L (sang) ; µg/24 h (urine
  • Normétanéphrine, prélèvement couché (Lenders 2002, chromatog moins de 0,61 nmol/L (sang) ; µg/24 h (urine
  • Métanéphrine, prélèvement couché (Lenders 2002, chromatograp moins de 0,31 nmol/L (sang) ; µg/24 h (urine
  • Élévation isolée à 3 fois la limite supérieure ou plus : rar plus de 3 × limite supérieure du laborat

Source des repères : Mayo Clinic Laboratories, métanéphrines libres plasmatiques (PMET), LC-MS/MS ; Lenders et al., Endocrine Society 2014, tableau 4 (étude Lenders 2002) ; Lenders et al., Endocrine Society 2014.

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En bref

Les métanéphrines sont des dérivés de l'adrénaline et de la noradrénaline, produits en continu par les cellules qui fabriquent ces hormones. Leur dosage sert à chercher une tumeur rare de ces cellules, chez des personnes aux symptômes évocateurs.

À lire avec

Prise de sang · Recueil d’urinesBilan « phéochromocytome » : métanéphrines plasmatiques libres ou urinaires fractionnées (Mayo Clinic Laboratories : PMET et METAF), parfois avec la 3-méthoxytyramine et la chromogranine A.

nmol/L (sang) ; µg/24 h (urinePreuve validée3 sources

Profil sportif

Un effort intense, la déshydratation, le stress de compétition et les stimulants (caféine, pseudoéphédrine, compléments « brûle-graisses ») augmentent la libération de catécholamines et peuvent fausser les résultats. Informez le médecin de tout produit stimulant. Une valeur élevée chez un sportif doit d'abord être contrôlée dans de bonnes conditions (allongé, au repos, sans stimulant) avant d'être interprétée.

Pourquoi on la demande

  • Chercher un phéochromocytome ou un paragangliome devant une hypertension par crises avec maux de tête, sueurs et palpitations.
  • Explorer une masse découverte par hasard sur une surrénale (incidentalome).
  • Surveiller des personnes porteuses d'une prédisposition héréditaire (par exemple néoplasie endocrinienne multiple de type 2, maladie de von Hippel-Lindau, variants SDHx).
  • Vérifier l'absence de récidive après l'ablation d'une tumeur : l'Endocrine Society suggère un contrôle annuel à vie.
  • Comprendre des symptômes déclenchés par certains médicaments chez une personne à risque.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur haute

  • Prélèvement assis, stress ou douleur au moment de la prise de sang (faux positifs, les plus fréquents).
  • Médicaments qui augmentent les catécholamines ou gênent leur élimination.
  • Maladie aiguë grave, par exemple en réanimation.
  • Phéochromocytome : tumeur de la médullosurrénale sécrétant des catécholamines.
  • Paragangliome sécrétant : tumeur apparentée, située hors de la surrénale.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • La position : un prélèvement assis augmente les faux positifs ; l'Endocrine Society suggère un prélèvement allongé, avec des repères établis dans la même position.
  • Les médicaments : antidépresseurs tricycliques, labétalol, sotalol, méthyldopa, IMAO, sympathomimétiques (éphédrine, pseudoéphédrine), cocaïne, sulfasalazine, paracétamol selon la méthode.
  • Un traitement par métirosine, qui peut abaisser artificiellement les valeurs plasmatiques (Mayo).
  • La méthode : les immunodosages sous-estiment les concentrations ; la spectrométrie de masse (LC-MS/MS) est préférée.
  • Une maladie grave aiguë (réanimation) ou un stress physiologique intense.
  • Un recueil d'urines incomplet : la créatinine doit être dosée pour le vérifier.
  • L'alimentation : sans effet sur les métanéphrines elles-mêmes, elle compte seulement si la 3-méthoxytyramine est dosée (prélèvement à jeun).

Ce que mesure l’analyse

Les métanéphrines sont les dérivés de l’adrénaline (métanéphrine) et de la noradrénaline (normétanéphrine). Selon l’Endocrine Society (2014), elles sont fabriquées en continu à l’intérieur des cellules chromaffines, les cellules de la médullosurrénale qui produisent les catécholamines, ou des tumeurs qui en dérivent. Une enzyme, la COMT, les produit sans dépendre de la libération en à-coups des catécholamines. Cette production continue les rend plus fiables que les catécholamines pour repérer un phéochromocytome (tumeur de la médullosurrénale) ou un paragangliome (tumeur apparentée située hors de la surrénale).

Les métanéphrines « libres » se dosent dans le plasma, les métanéphrines « fractionnées » dans les urines de 24 heures.

Comment se passe le prélèvement

Pour le sang, l’Endocrine Society suggère un prélèvement allongé, après au moins 30 minutes de repos, avec des repères établis dans la même position. Un prélèvement assis augmente de 2,8 fois les faux positifs. Pour les urines, la collecte dure 24 heures : la créatinine doit être dosée pour vérifier que le recueil est complet. Suivez la notice du laboratoire pour le conservateur.

Informez le médecin de tout médicament. Les antidépresseurs tricycliques, le labétalol et le sotalol, la méthyldopa, les IMAO, les sympathomimétiques, la cocaïne et la sulfasalazine peuvent augmenter les résultats. Le paracétamol interfère avec certaines méthodes anciennes. Mayo signale qu’un traitement par métirosine peut abaisser artificiellement les valeurs plasmatiques.

Comment lire le résultat

L’unité est le nmol/L pour le sang. Mayo Clinic Laboratories (LC-MS/MS) indique une normétanéphrine libre inférieure à 0,90 nmol/L et une métanéphrine libre inférieure à 0,50 nmol/L. Pour un prélèvement couché, l’étude de Lenders (2002), citée dans la recommandation, retient 0,61 et 0,31 nmol/L. Les limites hautes issues de prélèvements assis peuvent être jusqu’à 2 fois plus élevées que celles obtenues couché : lisez toujours le résultat avec les repères du laboratoire et la position décrite.

La probabilité de tumeur est faible (0,2 à 0,6 % des hypertendus en consultation générale), donc les faux positifs dominent : la recommandation cite 19 à 21 % de faux positifs. Une élévation isolée à 3 fois la limite supérieure ou plus est rarement un faux positif, et l’élévation simultanée des deux métanéphrines l’est encore moins. Un résultat limite se répète d’abord allongé, avant toute autre démarche.

Ce que dit la science

L’Endocrine Society recommande, avec un niveau de preuve élevé, les métanéphrines plasmatiques libres ou urinaires fractionnées en première intention. Elle suggère la spectrométrie de masse ou la détection électrochimique plutôt que les immunodosages, qui sous-estiment les concentrations. Mayo indique que la sensibilité du dosage plasmatique approche 100 % : un résultat normal rend un phéochromocytome sécrétant très improbable.

Les limites : certains paragangliomas (base du crâne, cou) et ceux liés à des variants SDHx peuvent être biochimiquement silencieux, et seule l’imagerie les trouve. Un stress physiologique intense, comme en réanimation, peut aussi élever les valeurs. Une valeur basse n’a pas d’intérêt clinique propre.

Les analyses à associer

Les catécholamines urinaires servent d’appoint quand le doute persiste. La chromogranine A et l’acide vanillylmandélique sont des tests complémentaires. La créatinine valide la qualité du recueil urinaire.

À retenir

  • Les métanéphrines sont le test de première intention du phéochromocytome.
  • Prélevez allongé, au repos, avec des repères adaptés à cette position.
  • Beaucoup de résultats élevés sont des faux positifs : médicaments, stress, position assise.
  • Une élévation à 3 fois la limite supérieure ou plus justifie un bilan spécialisé.
  • Un résultat normal, avec une bonne méthode, écarte presque toujours une tumeur sécrétante.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Dans quelle position le prélèvement sanguin des métanéphrines est-il suggéré ?

  2. 02Pourquoi préfère-t-on les métanéphrines aux catécholamines pour chercher un phéochromocytome ?

  3. 03Une élévation isolée à 3 fois la limite supérieure ou plus est...

  4. 04Lequel de ces médicaments peut augmenter les métanéphrines ?

  5. 05Pourquoi dose-t-on la créatinine sur des urines de 24 heures ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Lenders JWM, Duh QY, Eisenhofer G, et al. Pheochromocytoma and paraganglioma: an Endocrine Society clinical practice guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2014;99(6):1915-1942. doi:10.1210/jc.2014-1498
  2. 2Mayo Clinic Laboratories, Metanephrines, Fractionated, Free, Plasma (PMET) : valeurs de référence, interprétation et mises en garde
  3. 3Lenders JWM, Pacak K, Walther MM, et al. Biochemical diagnosis of pheochromocytoma: which test is best? JAMA. 2002;287(11):1427-1434. doi:10.1001/jama.287.11.1427

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.