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Cortisol sanguin

Aussi appelée Cortisolémie · Cortisol plasmatique · Cortisol sérique · Cortisol de 8 h

Le cortisol est l'hormone du stress et de l'éveil, produite par les surrénales. Dans le sang, il est maximal le matin et minimal vers minuit : l'heure du prélèvement change tout.

Prise de sangFamille : surrénales et stressPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • 8 h : sous l'intervalle de référence (Beckman Coulter Dxi800 moins de 185 nmol/L (1 µg/dL = 27,6 nmol/L)
  • 16 h à 20 h : intervalle de référence (ARUP, immunodosage pa 2,7 à 10,5 µg/dL
  • 6 h à 10 h : intervalle de référence (ARUP, immunodosage par 6 à 18,4 µg/dL
  • Après 1 mg de dexaméthasone : cortisol évocateur d'un excès plus de 50 nmol/L (1 µg/dL = 27,6 nmol/L)
  • 8 h : intervalle de référence (Beckman Coulter Dxi800) 185 à 624 nmol/L (1 µg/dL = 27,6 nmol/L)
  • Minuit : limite supérieure chez des sujets sans hypercortici plus de 261 nmol/L (1 µg/dL = 27,6 nmol/L)
  • 8 h : au-dessus de l'intervalle de référence (Beckman Coulte plus de 624 nmol/L (1 µg/dL = 27,6 nmol/L)

Source des repères : Lauro et al., CHU de Bordeaux, Ann Endocrinol 2018 (DOI 10.1016/j.ando.2018.06.332) ; ARUP Laboratories, test 0070030 (Cortisol, Serum) ; Nieman et al., Endocrine Society, J Clin Endocrinol Metab 2008;93:1526-1540.

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Le cortisol est une hormone surrénalienne qui suit un rythme sur 24 heures. Le dosage sanguin se lit avec l'heure du prélèvement, la méthode et le contexte, pour chercher un déficit ou un excès de cortisol. Un chiffre isolé ne suffit pas.

À lire avec

Prise de sangTest de freinage à la dexaméthasone (1 mg) ; cortisol de minuit ; test au Synacthène ; cortisol libre urinaire ; cortisol salivaire de fin de soirée.

nmol/L (1 µg/dL = 27,6 nmol/L)Preuve validée4 sources

Profil sportif

Un entraînement intense et chronique peut s'accompagner d'un cortisol élevé sans maladie (Endocrine Society). Prélevez à distance d'une séance et à l'heure demandée, puis refaites le dosage dans des conditions identiques en cas de doute. Aucun cortisol isolé ne permet de poser un diagnostic de surentraînement : seul un médecin du sport peut interpréter l'ensemble.

Pourquoi on la demande

  • Chercher une insuffisance surrénalienne devant une fatigue profonde, une hypotension ou une perte de poids inexpliquées.
  • Explorer un excès de cortisol (syndrome de Cushing) avec le test de freinage à la dexaméthasone et le cortisol de minuit.
  • Vérifier le fonctionnement de l'axe du stress après une corticothérapie prolongée ou une atteinte hypophysaire.
  • Évaluer une masse surrénalienne découverte par hasard (incidentalome).
  • Compléter un dosage d'ACTH.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Prélèvement tardif dans la journée (valeur normalement plus basse).
  • Corticothérapie en cours ou récente, qui freine la production.
  • Insuffisance surrénalienne primaire (maladie d'Addison) ou secondaire (atteinte de l'hypophyse), rare.
  • Arrêt brutal d'une corticothérapie prolongée.

Causes d’une valeur haute

  • Stress physique ou psychique, douleur, maladie aiguë.
  • Grossesse ou pilule (cortisol total élevé sans excès de cortisol actif).
  • Dépression, alcool, obésité sévère, diabète déséquilibré (états pseudo-Cushing).
  • Prise de corticoïdes mesurés par le dosage.
  • Syndrome de Cushing (tumeur de l'hypophyse, de la surrénale ou ailleurs), rare.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Heure du prélèvement : le cortisol est maximal vers 8 h et minimal vers minuit (ANSM).
  • Stress du prélèvement, douleur, hospitalisation, chirurgie, effort intense.
  • Grossesse et œstrogènes (pilule) : elles élèvent la protéine qui transporte le cortisol (CBG), donc le cortisol total.
  • Corticoïdes (prednisone, hydrocortisone) : ils freinent l'axe et certains sont mesurés par le dosage.
  • Dépression, alcool, obésité sévère, diabète déséquilibré, dénutrition : ils peuvent élever le cortisol sans syndrome de Cushing (Endocrine Society).
  • Antiépileptiques accélérant l'élimination de la dexaméthasone : faux résultats au test de freinage.
  • Méthode de dosage : les plages dépendent de l'automate et du laboratoire.

Ce que mesure l’analyse

Le cortisol est une hormone fabriquée par les glandes surrénales, deux petites glandes au-dessus des reins. Il aide à mobiliser l’énergie, à maintenir la tension et à réagir au stress. Son taux suit un rythme sur 24 heures : maximal vers 8 h, minimal vers minuit (ANSM).

Le dosage sanguin mesure le cortisol total, dont une grande partie voyage lié à une protéine transporteuse (la CBG). Seule la fraction libre est active. Tout ce qui change la CBG, comme la grossesse ou les œstrogènes, change donc le total sans changer l’action de l’hormone.

Comment se passe le prélèvement

Une prise de sang suffit. L’heure est essentielle : pour une insuffisance surrénalienne, on prélève le matin vers 8 h ; pour un excès, on prélève parfois à minuit, après repos, ou après une prise de dexaméthasone. Mentionnez l’heure exacte du prélèvement sur le bon de laboratoire.

Signalez vos traitements : corticoïdes (comprimés, crèmes, injections), pilule, antiépileptiques. Évitez un effort intense juste avant et prévoyez quelques minutes de repos. Après plusieurs mois de corticoïdes, ne les arrêtez jamais seul : la décision revient au médecin.

Comment lire le résultat

Les unités les plus courantes sont le nmol/L et le µg/L ; 1 µg/dL équivaut à 27,6 nmol/L. Les plages dépendent de l’heure, du dosage et du laboratoire. Au CHU de Bordeaux (dosage Beckman Coulter Dxi800), l’intervalle de référence à 8 h est de 185 à 624 nmol/L. Pour le cortisol de minuit, la limite supérieure observée chez des sujets sans hypercorticisme est de 261 nmol/L (Lauro et al., 2018). Le laboratoire ARUP (immunodosage) donne 6,0 à 18,4 µg/dL entre 6 h et 10 h, et 2,7 à 10,5 µg/dL entre 16 h et 20 h.

Après 1 mg de dexaméthasone, un cortisol supérieur à 50 nmol/L (1,8 µg/dL) est évocateur d’un excès de cortisol (Endocrine Society, 2008). Ce résultat doit être confirmé par un endocrinologue.

Ce qui compte vraiment :

  • l’heure du prélèvement, indissociable du chiffre ;
  • le contexte : stress, maladie, grossesse, traitements ;
  • la confirmation par un second test avant toute conclusion.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : validé, avec des limites. Les recommandations de l’Endocrine Society déconseillent d’utiliser un cortisol sanguin pris au hasard pour dépister un syndrome de Cushing. Elles préfèrent trois examens : le cortisol libre urinaire, le cortisol salivaire de fin de soirée et le test de freinage à 1 mg de dexaméthasone (Nieman et al., 2008). Elles listent aussi des situations où le cortisol est élevé sans syndrome de Cushing : grossesse, dépression, alcool, obésité sévère, diabète mal équilibré, stress physique, dénutrition et exercice intense chronique.

Pour une insuffisance surrénalienne, le cortisol du matin est un premier indice, mais le diagnostic repose sur des tests dynamiques, avec l’ACTH et le test au Synacthène. Les plages de référence sont propres à chaque dosage : les travaux de Lauro et al. montrent que celles des fabricants ne sont pas toujours adaptées, d’où l’intérêt d’une plage établie localement.

Les analyses à associer

  • ACTH : elle précise si l’écart vient de l’hypophyse ou de la surrénale.
  • Cortisol libre urinaire : mesure le cortisol actif sur 24 heures.
  • Cycle du cortisol salivaire : montre le rythme du cortisol libre sur la journée.
  • Sulfate de DHEA : un autre reflet de la fonction surrénalienne.

À retenir

  • Le cortisol suit un rythme : maximal vers 8 h, minimal vers minuit.
  • Un résultat se lit toujours avec son heure et avec la plage du laboratoire.
  • Grossesse, pilule, stress et corticoïdes modifient le cortisol total.
  • Un cortisol isolé ne diagnostique ni un excès ni un déficit : des tests de confirmation sont nécessaires.
  • En cas de fatigue intense, de malaise ou de traitement par corticoïdes, consultez un médecin.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01À quel moment le cortisol sanguin est-il le plus élevé ?

  2. 02Une plage de référence du matin s'applique-t-elle à une prise de sang faite l'après-midi ?

  3. 03Un cortisol isolé suffit-il à diagnostiquer un syndrome de Cushing ?

  4. 04La pilule ou la grossesse peuvent-elles faire monter le cortisol total ?

  5. 05Après 1 mg de dexaméthasone, un cortisol au-dessus de 50 nmol/L (1,8 µg/dL) est…

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Nieman LK, Biller BMK, Findling JW, Newell-Price J, Savage MO, Stewart PM, Montori VM. The diagnosis of Cushing's syndrome: an Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab 2008;93(5):1526-1540. DOI 10.1210/jc.2008-0125
  2. 2Lauro C, Belaidi N, Georges A, Haissaguerre M, Tabarin A, Corcuff JB, Brossaud J. Valeurs de référence du cortisol sérique à minuit. Ann Endocrinol 2018 (résumé de congrès), DOI 10.1016/j.ando.2018.06.332
  3. 3ARUP Laboratories. Cortisol, Serum, test 0070030 (immunodosage quantitatif par électrochimiluminescence)
  4. 4ANSM. Contrôle national de qualité, opération 15HOR1 (hCG, cortisol, prolactine) : rythme du cortisol (maximum à 8 h, minimum à minuit)

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.