Ce que mesure l’analyse
Le cortisol est une hormone fabriquée par les glandes surrénales, deux petites glandes au-dessus des reins. Il aide à mobiliser l’énergie, à maintenir la tension et à réagir au stress. Son taux suit un rythme sur 24 heures : maximal vers 8 h, minimal vers minuit (ANSM).
Le dosage sanguin mesure le cortisol total, dont une grande partie voyage lié à une protéine transporteuse (la CBG). Seule la fraction libre est active. Tout ce qui change la CBG, comme la grossesse ou les œstrogènes, change donc le total sans changer l’action de l’hormone.
Comment se passe le prélèvement
Une prise de sang suffit. L’heure est essentielle : pour une insuffisance surrénalienne, on prélève le matin vers 8 h ; pour un excès, on prélève parfois à minuit, après repos, ou après une prise de dexaméthasone. Mentionnez l’heure exacte du prélèvement sur le bon de laboratoire.
Signalez vos traitements : corticoïdes (comprimés, crèmes, injections), pilule, antiépileptiques. Évitez un effort intense juste avant et prévoyez quelques minutes de repos. Après plusieurs mois de corticoïdes, ne les arrêtez jamais seul : la décision revient au médecin.
Comment lire le résultat
Les unités les plus courantes sont le nmol/L et le µg/L ; 1 µg/dL équivaut à 27,6 nmol/L. Les plages dépendent de l’heure, du dosage et du laboratoire. Au CHU de Bordeaux (dosage Beckman Coulter Dxi800), l’intervalle de référence à 8 h est de 185 à 624 nmol/L. Pour le cortisol de minuit, la limite supérieure observée chez des sujets sans hypercorticisme est de 261 nmol/L (Lauro et al., 2018). Le laboratoire ARUP (immunodosage) donne 6,0 à 18,4 µg/dL entre 6 h et 10 h, et 2,7 à 10,5 µg/dL entre 16 h et 20 h.
Après 1 mg de dexaméthasone, un cortisol supérieur à 50 nmol/L (1,8 µg/dL) est évocateur d’un excès de cortisol (Endocrine Society, 2008). Ce résultat doit être confirmé par un endocrinologue.
Ce qui compte vraiment :
- l’heure du prélèvement, indissociable du chiffre ;
- le contexte : stress, maladie, grossesse, traitements ;
- la confirmation par un second test avant toute conclusion.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : validé, avec des limites. Les recommandations de l’Endocrine Society déconseillent d’utiliser un cortisol sanguin pris au hasard pour dépister un syndrome de Cushing. Elles préfèrent trois examens : le cortisol libre urinaire, le cortisol salivaire de fin de soirée et le test de freinage à 1 mg de dexaméthasone (Nieman et al., 2008). Elles listent aussi des situations où le cortisol est élevé sans syndrome de Cushing : grossesse, dépression, alcool, obésité sévère, diabète mal équilibré, stress physique, dénutrition et exercice intense chronique.
Pour une insuffisance surrénalienne, le cortisol du matin est un premier indice, mais le diagnostic repose sur des tests dynamiques, avec l’ACTH et le test au Synacthène. Les plages de référence sont propres à chaque dosage : les travaux de Lauro et al. montrent que celles des fabricants ne sont pas toujours adaptées, d’où l’intérêt d’une plage établie localement.
Les analyses à associer
- ACTH : elle précise si l’écart vient de l’hypophyse ou de la surrénale.
- Cortisol libre urinaire : mesure le cortisol actif sur 24 heures.
- Cycle du cortisol salivaire : montre le rythme du cortisol libre sur la journée.
- Sulfate de DHEA : un autre reflet de la fonction surrénalienne.
À retenir
- Le cortisol suit un rythme : maximal vers 8 h, minimal vers minuit.
- Un résultat se lit toujours avec son heure et avec la plage du laboratoire.
- Grossesse, pilule, stress et corticoïdes modifient le cortisol total.
- Un cortisol isolé ne diagnostique ni un excès ni un déficit : des tests de confirmation sont nécessaires.
- En cas de fatigue intense, de malaise ou de traitement par corticoïdes, consultez un médecin.