Ce que mesure l’analyse
L’aldostérone est une hormone fabriquée par les glandes surrénales, situées au-dessus des reins. Elle fait retenir le sodium (le sel) et éliminer le potassium au niveau du rein. Elle règle ainsi le volume de sang et, en partie, la tension artérielle.
Son principal régulateur est le système rénine-angiotensine : quand la rénine (une enzyme du rein) monte, l’aldostérone monte. Une hausse du potassium dans le sang la stimule aussi directement (Mayo Clinic Laboratories). Dans l’hyperaldostéronisme primaire, les surrénales en produisent trop, en partie indépendamment de la rénine, dont le taux est alors freiné. Voilà pourquoi l’aldostérone se lit toujours avec la rénine.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang veineuse. Pour le dépistage, l’Endocrine Society (2025) demande un prélèvement le matin, assis, sans restriction de sel les jours précédents, avec un dosage du potassium en même temps. Mayo Clinic Laboratories situe l’idéal vers 8 h, environ 2 heures après le lever, et au plus tard à 10 h.
Certains traitements modifient le couple rénine-aldostérone : diurétiques, spironolactone, inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), sartans, bêtabloquants. La recommandation décrit des stratégies avec ou sans arrêt de ces médicaments. Cette décision appartient au médecin : n’arrêtez rien de votre propre initiative.
Comment lire le résultat
L’unité est le ng/dL ou le pmol/L (1 ng/dL = 27,7 pmol/L). Pour un adulte, Mayo Clinic Laboratories indique une valeur de référence de 21 ng/dL au plus le matin, mesurée par LC-MS/MS (spectrométrie de masse). Mais cette valeur « normale » ne suffit pas : ce qui compte, c’est le rapport avec la rénine.
Selon l’Endocrine Society, le dépistage est positif quand la rénine est basse (activité inférieure ou égale à 1 ng/mL/h) et que l’aldostérone atteint 10 ng/dL (277 pmol/L) en immunodosage, ou 7,5 ng/dL (208 pmol/L) en LC-MS/MS. Entre 5 et 10 ng/dL avec une rénine basse, la recommandation suggère de répéter le test un autre jour si le contexte est évocateur. Mayo retient un seuil plus haut : une aldostérone de 15 ng/dL ou plus avec un rapport aldostérone/rénine de 20 ou plus. Les seuils dépendent donc de la méthode et du laboratoire, et la recommandation invite à privilégier les seuils locaux.
Ce que dit la science
En 2025, l’Endocrine Society a suggéré de dépister l’hyperaldostéronisme primaire chez toutes les personnes hypertendues (recommandation conditionnelle, niveau de preuve faible). Elle rappelle que cette maladie reste largement sous-diagnostiquée malgré sa fréquence et le surrisque de complications qu’elle entraîne. Les recommandations européennes de 2024 et américaines de 2025 sur l’hypertension restent, elles, centrées sur des groupes à risque, comme le souligne un éditorial du Cleveland Clinic Journal of Medicine (2026).
Les limites sont connues : aucun seuil n’est parfait, et les résultats varient avec la méthode, les médicaments, le potassium et la fonction rénale. Ce dosage ne mesure ni le stress ni une « fatigue surrénalienne » : il répond à une question précise sur la tension et le potassium.
Les analyses à associer
La rénine est indispensable. Le potassium aide à interpréter l’aldostérone. Le sodium urinaire renseigne sur les apports en sel. Le cortisol sanguin intervient en cas d’adénome surrénalien, car certains adénomes sécrètent aussi du cortisol.
À retenir
- L’aldostérone se lit avec la rénine et le potassium, jamais seule.
- Prélevez le matin, assis, sans régime sans sel.
- Les seuils de dépistage varient selon la méthode (10 ou 7,5 ng/dL) et le laboratoire.
- Ne modifiez aucun traitement sans avis médical.
- Une aldostérone dans les valeurs de référence peut rester anormale si la rénine est très basse.