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Aldostérone

Aussi appelée Aldostéronémie · Aldostérone plasmatique · Aldostérone sérique

L'aldostérone est l'hormone des surrénales qui règle le sel, le potassium et la tension artérielle. Son dosage, toujours lu avec celui de la rénine, sert surtout à dépister un excès de production d'origine surrénalienne chez les personnes hypertendues.

Prise de sangFamille : surrénales et stressPreuve validée

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Valeur de référence du laboratoire, le matin (à lire avec la moins de 21 ng/dL (1 ng/dL = 27,7 pmol/L)
  • Avec rénine basse : à répéter un autre jour si le contexte e 5 à 10 ng/dL (1 ng/dL = 27,7 pmol/L)
  • Dépistage positif si rénine basse (LC-MS/MS ; 208 pmol/L) plus de 7,5 ng/dL (1 ng/dL = 27,7 pmol/L)
  • Dépistage positif si rénine basse (immunodosage ; 277 pmol/L plus de 10 ng/dL (1 ng/dL = 27,7 pmol/L)
  • Aldostérone avec rapport aldostérone/rénine à 20 ou plus : a plus de 15 ng/dL (1 ng/dL = 27,7 pmol/L)

Source des repères : Mayo Clinic Laboratories, aldostérone sérique (ALDS), LC-MS/MS, prélèvement du matin, 11 ans et plus ; Endocrine Society, Primary Aldosteronism Clinical Practice Guideline 2025 (Adler et al.) ; Mayo Clinic Laboratories, aldostérone sérique (ALDS), LC-MS/MS.

ng/dL (1 ng/dL = 27,7 pmol/L)

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

L'aldostérone est une hormone surrénalienne qui fait retenir le sel et éliminer le potassium par les reins. Le dosage sanguin se lit avec la rénine et sert surtout à dépister une production excessive chez les personnes hypertendues.

À lire avec

Prise de sangBilan rénine-aldostérone avec calcul du rapport aldostérone/rénine et dosage du potassium ; en centre spécialisé, dosage sur les veines surrénaliennes.

ng/dL (1 ng/dL = 27,7 pmol/L)Preuve validée4 sources

Profil sportif

Un effort prolongé, la chaleur, une transpiration abondante ou un régime très pauvre en sel stimulent le système rénine-aldostérone. Mayo indique qu'en cas de déplétion en sodium, l'aldostérone peut dépasser plusieurs fois la limite haute habituelle. Évitez de faire doser l'aldostérone juste après une séance longue, sauf demande médicale, et signalez vos apports en sel et en boissons d'effort.

Pourquoi on la demande

  • Dépister un hyperaldostéronisme primaire chez une personne hypertendue, avec la rénine et le potassium.
  • Comprendre une hypertension difficile à contrôler malgré plusieurs traitements.
  • Explorer un potassium bas apparu spontanément ou sous diurétique.
  • Faire le bilan d'une fibrillation atriale sans cardiopathie évidente.
  • Chercher une cause surrénalienne en cas d'apnée du sommeil avec hypertension, ou d'hypertension précoce chez un parent proche.
  • Suivre un hyperaldostéronisme primaire traité : la rénine sert alors de repère pour régler le traitement.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Potassium bas non corrigé au moment du prélèvement.
  • Prélèvement couché ou en fin de journée.
  • Traitement par IEC ou sartan, qui peut abaisser l'aldostérone.
  • Excès de sel ou de volume sanguin.
  • Insuffisance surrénalienne (rare, à explorer avec d'autres analyses).

Causes d’une valeur haute

  • Prélèvement debout, après un régime pauvre en sel, une déshydratation ou une transpiration abondante (hausse physiologique).
  • Traitement diurétique.
  • Potassium sanguin élevé, qui stimule directement la surrénale.
  • Hyperaldostéronisme secondaire (rénine haute) : insuffisance cardiaque, cirrhose avec ascite, sténose de l'artère rénale, syndrome de Bartter, grossesse.
  • Hyperaldostéronisme primaire : production excessive et en partie autonome par un adénome ou une hyperplasie de la surrénale, avec une rénine basse.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • La position : selon Mayo Clinic Laboratories, les valeurs prélevées couché sont en moyenne plus basses que debout.
  • L'heure : le matin est la référence ; en fin de journée, les valeurs peuvent être nettement plus basses (Mayo).
  • Le sel : une restriction en sodium augmente l'aldostérone ; l'Endocrine Society demande de ne pas restreindre le sel les jours précédents.
  • Le potassium : un potassium bas peut abaisser faussement l'aldostérone.
  • Les médicaments : diurétiques, spironolactone, inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) et sartans modifient le couple rénine-aldostérone ; bêtabloquants et clonidine peuvent créer de faux positifs.
  • La maladie rénale chronique : l'aldostérone peut monter et la rénine baisser, ce qui augmente les faux positifs.
  • La méthode : l'immunodosage et la spectrométrie de masse (LC-MS/MS) donnent des valeurs différentes, donc des seuils différents.

Ce que mesure l’analyse

L’aldostérone est une hormone fabriquée par les glandes surrénales, situées au-dessus des reins. Elle fait retenir le sodium (le sel) et éliminer le potassium au niveau du rein. Elle règle ainsi le volume de sang et, en partie, la tension artérielle.

Son principal régulateur est le système rénine-angiotensine : quand la rénine (une enzyme du rein) monte, l’aldostérone monte. Une hausse du potassium dans le sang la stimule aussi directement (Mayo Clinic Laboratories). Dans l’hyperaldostéronisme primaire, les surrénales en produisent trop, en partie indépendamment de la rénine, dont le taux est alors freiné. Voilà pourquoi l’aldostérone se lit toujours avec la rénine.

Comment se passe le prélèvement

C’est une prise de sang veineuse. Pour le dépistage, l’Endocrine Society (2025) demande un prélèvement le matin, assis, sans restriction de sel les jours précédents, avec un dosage du potassium en même temps. Mayo Clinic Laboratories situe l’idéal vers 8 h, environ 2 heures après le lever, et au plus tard à 10 h.

Certains traitements modifient le couple rénine-aldostérone : diurétiques, spironolactone, inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), sartans, bêtabloquants. La recommandation décrit des stratégies avec ou sans arrêt de ces médicaments. Cette décision appartient au médecin : n’arrêtez rien de votre propre initiative.

Comment lire le résultat

L’unité est le ng/dL ou le pmol/L (1 ng/dL = 27,7 pmol/L). Pour un adulte, Mayo Clinic Laboratories indique une valeur de référence de 21 ng/dL au plus le matin, mesurée par LC-MS/MS (spectrométrie de masse). Mais cette valeur « normale » ne suffit pas : ce qui compte, c’est le rapport avec la rénine.

Selon l’Endocrine Society, le dépistage est positif quand la rénine est basse (activité inférieure ou égale à 1 ng/mL/h) et que l’aldostérone atteint 10 ng/dL (277 pmol/L) en immunodosage, ou 7,5 ng/dL (208 pmol/L) en LC-MS/MS. Entre 5 et 10 ng/dL avec une rénine basse, la recommandation suggère de répéter le test un autre jour si le contexte est évocateur. Mayo retient un seuil plus haut : une aldostérone de 15 ng/dL ou plus avec un rapport aldostérone/rénine de 20 ou plus. Les seuils dépendent donc de la méthode et du laboratoire, et la recommandation invite à privilégier les seuils locaux.

Ce que dit la science

En 2025, l’Endocrine Society a suggéré de dépister l’hyperaldostéronisme primaire chez toutes les personnes hypertendues (recommandation conditionnelle, niveau de preuve faible). Elle rappelle que cette maladie reste largement sous-diagnostiquée malgré sa fréquence et le surrisque de complications qu’elle entraîne. Les recommandations européennes de 2024 et américaines de 2025 sur l’hypertension restent, elles, centrées sur des groupes à risque, comme le souligne un éditorial du Cleveland Clinic Journal of Medicine (2026).

Les limites sont connues : aucun seuil n’est parfait, et les résultats varient avec la méthode, les médicaments, le potassium et la fonction rénale. Ce dosage ne mesure ni le stress ni une « fatigue surrénalienne » : il répond à une question précise sur la tension et le potassium.

Les analyses à associer

La rénine est indispensable. Le potassium aide à interpréter l’aldostérone. Le sodium urinaire renseigne sur les apports en sel. Le cortisol sanguin intervient en cas d’adénome surrénalien, car certains adénomes sécrètent aussi du cortisol.

À retenir

  • L’aldostérone se lit avec la rénine et le potassium, jamais seule.
  • Prélevez le matin, assis, sans régime sans sel.
  • Les seuils de dépistage varient selon la méthode (10 ou 7,5 ng/dL) et le laboratoire.
  • Ne modifiez aucun traitement sans avis médical.
  • Une aldostérone dans les valeurs de référence peut rester anormale si la rénine est très basse.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que faut-il doser avec l'aldostérone pour dépister un hyperaldostéronisme primaire ?

  2. 02Quel est le meilleur moment pour prélever lors du dépistage ?

  3. 03Avec une rénine basse, à partir de quelle aldostérone (immunodosage) le dépistage est-il positif selon l'Endocrine Society ?

  4. 04Un régime très pauvre en sel avant la prise de sang...

  5. 05Un potassium bas non corrigé peut-il fausser le dosage ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 4

  1. 1Adler GK, Stowasser M, Correa RR, et al. Primary Aldosteronism: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2025;110(9):2453-2495. doi:10.1210/clinem/dgaf284
  2. 2Endocrine Society, page de la recommandation sur l'aldostéronisme primaire (recommandations 1 à 10 et remarques techniques)
  3. 3Mayo Clinic Laboratories, Aldosterone, Serum (ALDS), méthode LC-MS/MS, valeurs de référence et mises en garde
  4. 4Sureshkumar NB, Linz MO, Rao PPR, Correa R. Primary aldosteronism: interpreting the 2025 Endocrine Society clinical practice guideline update. Cleve Clin J Med. 2026;93(9):515-522. doi:10.3949/ccjm.93a.25107

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.