Aller au contenu

SangÉlectrolytes et équilibre acide-basePreuve validée

Potassium

Aussi appelée Kaliémie · K · K+ · Potassium plasmatique

Les repères

  • Hypokaliémie sévère moins de 2,5 mmol/L
  • Sous la valeur de référence : hypokaliémie (Oxford) 2,5 à 3,5 mmol/L
  • Valeur de référence (Oxford, Pathology Harmony) 3,5 à 5,3 mmol/L
  • Au-dessus de la valeur de référence (Oxford) 5,3 à 5,5 mmol/L
  • Hyperkaliémie légère (UK Kidney Association) 5,5 à 6 mmol/L
  • Hyperkaliémie modérée (UK Kidney Association) 6 à 6,5 mmol/L
  • Hyperkaliémie sévère (UK Kidney Association) plus de 6,5 mmol/L

Source : Kardalas et al., Endocrine Connections 2018 ; Oxford University Hospitals, potassium sérique (référentiel Pathology Harmony) ; UK Kidney Association, recommandation sur l'hyperkaliémie aiguë de l'adulte. Les repères de votre laboratoire priment : ils dépendent de sa méthode et de son unité.

Le potassium est surtout logé dans les cellules, et le sang n'en contient qu'une petite part. C'est ce qui rend la kaliémie si précieuse pour le cœur et les muscles, mais aussi si facile à fausser lors du prélèvement.

Pourquoi on la demande

  • Surveiller un traitement qui modifie le potassium : diurétiques, inhibiteurs de l'enzyme de conversion, sartans, spironolactone
  • Suivre une maladie rénale chronique ou un diabète
  • Explorer des crampes, une faiblesse musculaire ou des palpitations
  • Rechercher une perte de potassium après des vomissements ou une diarrhée
  • Faire partie de l'ionogramme d'un bilan de routine ou d'urgence

Ce qui peut la fausser

  • Un poing serré ou pompé pendant la prise de sang, qui peut élever le résultat d'environ 1 mmol/L
  • Un garrot laissé plus d'une minute
  • Une hémolyse, les globules rouges étant très riches en potassium
  • Un tube conservé au réfrigérateur ou analysé tard, qui laisse le potassium sortir des cellules
  • Le type de tube : le sérum contient un peu plus de potassium que le plasma
  • Des plaquettes ou des globules blancs très nombreux, qui en libèrent dans le tube
  • Une contamination par l'anticoagulant EDTA si l'ordre des tubes n'est pas respecté
  • Un effort intense juste avant le prélèvement

Causes d’une valeur haute

  • Erreur de prélèvement ou de conservation (fausse hyperkaliémie)
  • Maladie rénale chronique
  • Médicaments : inhibiteurs de l'enzyme de conversion, sartans, antagonistes des minéralocorticoïdes, AINS, triméthoprime, amiloride, bêtabloquants, suppléments de potassium
  • Diabète
  • Effort maximal, de façon très passagère

Causes d’une valeur basse

  • Diurétiques thiazidiques et de l'anse
  • Vomissements et diarrhée
  • Consommation de réglisse (glycyrrhizine)
  • Insuline
  • Bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques (salbutamol, terbutaline) et théophylline
  • Quelques minutes après un effort intense, de façon passagère

Prise de sangIonogramme sanguin, bilan rénal, surveillance des traitements cardiovasculaires et diurétiques

mmol/LPreuve validée15 sources

Profil sportif

Le potassium sort des muscles pendant l'effort : après une minute de course épuisante, il atteignait 8,3 mmol/L dans le sang veineux de la cuisse, avant de redescendre sous sa valeur de départ trois minutes plus tard (Medbø et Sejersted, 1990). Au bras, après un sprint sur vélo, la hausse était de 38 à 61 % (Marcos et Ribas, 1995). La caféine atténue cette hausse à l'effort (Graham et al., 2000) ; évitez donc tout effort intense avant une prise de sang.

Ce que mesure l’analyse

Ce test mesure le potassium dans le sang, un minéral essentiel au fonctionnement des muscles et du cœur. Une valeur trop haute ou trop basse peut troubler le rythme cardiaque, mais une erreur de prélèvement peut aussi la faire monter.

Lire l’explication

À lire avec

Ce que mesure l’analyse

Le potassium est le principal minéral de l’intérieur des cellules. Le sang n’en contient qu’une petite partie, mais cette petite partie compte beaucoup : l’écart de potassium entre l’intérieur et l’extérieur des cellules règle l’excitabilité des nerfs, des muscles et du cœur.

Les reins ajustent en permanence son élimination, sous le contrôle d’une hormone, l’aldostérone. L’insuline et l’adrénaline, elles, le font entrer dans les cellules. Une kaliémie trop basse ou trop haute peut perturber le rythme cardiaque. La HAS rappelle d’ailleurs une relation en U entre la kaliémie et la mortalité (HAS, 2025).

Comment se passe le prélèvement

C’est sans doute l’analyse la plus sensible aux conditions de prélèvement. Comme les cellules regorgent de potassium, la moindre fuite vers le liquide du tube fait monter le chiffre (Asirvatham et al., 2013).

Ne serrez pas et ne pompez pas le poing. Ce geste fait travailler les muscles de l’avant-bras, qui libèrent du potassium ; une étude citée par Asirvatham et ses collègues mesurait une hausse d’environ 1 mmol/L. Le phénomène a été décrit dès 1990 dans le New England Journal of Medicine (Don et al., 1990). Un garrot laissé plus d’une minute, une hémolyse ou un ordre des tubes non respecté, qui contamine l’échantillon par un anticoagulant contenant du potassium, ont le même effet.

La conservation compte aussi. Au froid, le potassium sort des globules rouges : le laboratoire de Birmingham signale des valeurs faussement hautes à basse température, ou après plus de 8 heures de délai (UHB). Mayo Clinic Laboratories demande de centrifuger le tube dans les deux heures (Mayo).

Enfin, le sérum contient un peu plus de potassium que le plasma, de 0,36 mmol/L en moyenne, à cause des plaquettes qui en libèrent pendant la coagulation. Des plaquettes ou des globules blancs très nombreux accentuent cet écart (Asirvatham et al., 2013).

Comment lire le résultat

La kaliémie s’exprime en millimoles par litre (mmol/L). Le laboratoire d’Oxford retient 3,5 à 5,3 mmol/L sur sérum, selon le référentiel britannique commun Pathology Harmony (Oxford University Hospitals). Mayo Clinic Laboratories retient 3,6 à 5,2 mmol/L. Le référentiel français d’enseignement de l’internat en pharmacie donne un intervalle plus étroit, 3,5 à 4,5 mmol/L sur plasma (CSCIP, 2009).

Pour l’hyperkaliémie, la UK Kidney Association distingue trois degrés : légère de 5,5 à 5,9 mmol/L, modérée de 6,0 à 6,4, sévère à partir de 6,5 (UKKA). La HAS rapporte aussi une autre gradation, européenne, qui parle d’hyperkaliémie sévère au-delà de 6,0 mmol/L. Pour l’hypokaliémie, la limite basse habituelle est 3,5 mmol/L, et une valeur sous 2,5 mmol/L est jugée sévère (Kardalas et al., 2018 ; StatPearls).

Ce qui compte vraiment

Devant un potassium élevé et inattendu, chez une personne sans maladie rénale ni traitement en cause, la première question est celle du prélèvement. La recommandation britannique signale d’ailleurs des fausses hyperkaliémies en ville après un long transport des tubes. Un contrôle dans de bonnes conditions s’impose avant toute conclusion. Le contexte guide ensuite : fonction rénale, diabète, médicaments.

Ce que dit la science

Le dosage est validé et fait partie des examens de base. Niveau de preuve : validé.

Les médicaments sont une cause majeure de déséquilibre. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, les sartans, les antagonistes des minéralocorticoïdes, les AINS, le triméthoprime ou les suppléments de potassium peuvent l’élever, selon la UKKA et la HAS. À l’inverse, les diurétiques, la réglisse, l’insuline ou certains bronchodilatateurs peuvent l’abaisser (Kardalas et al., 2018). Une conférence internationale KDIGO a fait le point sur la prise en charge du potassium dans les maladies rénales (Clase et al., 2020).

Chez le sportif

À chaque contraction, les muscles laissent sortir du potassium. Après une minute de course épuisante, il atteignait 8,3 mmol/L dans le sang veineux de la cuisse, puis passait, trois minutes après l’arrêt, 0,5 mmol/L sous sa valeur de départ (Medbø et Sejersted, 1990). Ces mesures étaient faites par cathéter près du muscle. Au bras, après un sprint sur vélo, la hausse était de 61 % chez des sportifs entraînés et de 38 % chez des sédentaires, avant une baisse sous la valeur de repos (Marcos et Ribas, 1995).

Après un effort intense, la kaliémie descend souvent à 3 mmol/L ou moins pendant la récupération. L’ampleur de ces variations dépend de l’intensité, de l’entraînement, des bêtabloquants et de la caféine (Lindinger, 1995). La caféine atténue la hausse du potassium à l’effort (Graham et al., 2000).

Les analyses à associer

  • Créatinine : une baisse de la fonction rénale est une cause majeure de potassium élevé ;
  • Magnésium sérique : un magnésium bas accompagne souvent un potassium bas ;
  • Bicarbonates : les troubles acide-base déplacent le potassium entre cellules et sang ;
  • Plaquettes : très nombreuses, elles peuvent donner un potassium faussement élevé.

À retenir

  • Le potassium du sang règle l’excitabilité des muscles et du cœur ;
  • Les valeurs de référence se situent autour de 3,5 à 5,3 mmol/L sur sérum ;
  • Poing serré, garrot prolongé, hémolyse et froid peuvent le faire monter artificiellement ;
  • Un potassium élevé et inattendu doit d’abord être contrôlé ;
  • Un effort intense le fait monter puis baisser en quelques minutes.

Testez-vous

5 questions, chaque réponse expliquée

  1. 01Une kaliémie entre 3,5 et 5,3 mmol/L, c'est...

  2. 02Une kaliémie de 6,5 mmol/L ou plus, c'est...

  3. 03Sous quelle valeur l'hypokaliémie est-elle dite sévère ?

  4. 04Serrer le poing pendant la prise de sang peut-il faire monter la kaliémie ?

  5. 05Un tube gardé au réfrigérateur avant analyse peut-il fausser le résultat ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 15

  1. 1Oxford University Hospitals NHS. Biochemistry reference ranges (BIO-JCH-LD-RefRangesDoc, version 2.9) : potassium et bicarbonate sériques.
  2. 2Conseil scientifique des concours de l'internat en pharmacie. Valeurs biologiques usuelles, 9e édition, novembre 2009 (CNG).
  3. 3Mayo Clinic Laboratories. Potassium, Serum (KS), potentiométrie indirecte.
  4. 4University Hospitals Birmingham NHS. Potassium : valeurs Pathology Harmony, effet du délai et du froid.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.