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Cycle du cortisol salivaire

Aussi appelée Rythme du cortisol · Cortisol sur 4 prélèvements · Profil du cortisol salivaire · Adrenocortex Stress Profile

Le cycle du cortisol salivaire mesure le cortisol libre à quatre moments de la journée, du matin au soir. Il montre si le rythme décroît normalement, mais ses plages dépendent du laboratoire et son intérêt hors recherche d'un excès de cortisol reste discuté.

Prélèvement de saliveFamille : surrénales et stressPreuve émergente

Testez-vous en 5 questions

Le cadran

  • Genova, 22 h à 24 h : plage du laboratoire moins de 0,94 nmol/L
  • Genova, 15 h à 17 h : plage du laboratoire 0,36 à 1,88 nmol/L
  • Genova, 11 h à 13 h : plage du laboratoire 0,75 à 2,93 nmol/L
  • Nutripath (Australie), 20 h : plage du laboratoire 1 à 8 nmol/L
  • Nutripath (Australie), 16 h : plage du laboratoire 2 à 11 nmol/L
  • Genova, 7 h à 9 h : plage du laboratoire (adultes de 18 à 65 2,68 à 9,3 nmol/L
  • Nutripath (Australie), 12 h : plage du laboratoire 4 à 14 nmol/L
  • Nutripath (Australie), total des quatre mesures : plage du l 11 à 76 nmol/L
  • Nutripath (Australie), 8 h : plage du laboratoire 12 à 48 nmol/L

Source des repères : Genova Diagnostics (Europe), Adrenal Stress Profile, immunodosage EIA, compte rendu type ; Nutripath, Adrenocortex Stress Profile, compte rendu type de décembre 2025.

nmol/L

Les seuils changent d’un laboratoire à l’autre : ceux de votre compte rendu passent avant. Rien n’est envoyé, le calcul se fait dans votre navigateur.

En bref

Le cortisol salivaire mesure l'hormone libre à quatre moments, du réveil au soir. Il visualise la baisse normale au fil de la journée. Les plages varient beaucoup d'un laboratoire à l'autre et ne servent pas à diagnostiquer une « fatigue surrénalienne ».

À lire avec

Prélèvement de saliveAdrenocortex Stress Profile (Genova Diagnostics, Nutripath), cortisol salivaire de fin de soirée pour la recherche d'un excès de cortisol, DUTCH Plus (cortisol salivaire au réveil).

nmol/LPreuve émergente6 sources

Profil sportif

Un entraînement intense, une compétition ou un jeûne prolongé peuvent faire monter le cortisol : prélevez un jour sans séance, à heures fixes. Les décalages horaires et les déplacements modifient le rythme. Aucune plage n'est propre aux sportifs, et une courbe aplatie ne prouve pas un surentraînement.

Pourquoi on la demande

  • Rechercher un excès de cortisol (syndrome de Cushing) grâce au cortisol salivaire de fin de soirée, mesuré au moins deux fois.
  • Visualiser la pente du rythme : cortisol élevé le matin, puis décroissance jusqu'au soir.
  • Explorer, avec prudence, une fatigue persistante, des troubles du sommeil ou un stress chronique.
  • Comparer le rythme avant et après un changement de mode de vie, sous avis médical.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Corticothérapie récente ou en cours, qui freine la production.
  • Insuffisance surrénalienne ou hypophysaire, rare.
  • Prélèvement hors fenêtre horaire ou quantité de salive insuffisante.
  • Certaines situations de stress chronique ou de douleur : des associations existent, sans valeur de diagnostic.

Causes d’une valeur haute

  • Stress aigu ou chronique, douleur, effort juste avant le prélèvement.
  • Sommeil perturbé, travail de nuit, tabac, alcool.
  • Obésité, dépression, grossesse.
  • Corticoïdes ou contamination de la salive par un produit contenant du cortisol.
  • Syndrome de Cushing, rare : un cortisol élevé le soir, retrouvé à deux reprises, motive un avis endocrinologique.

À savoir : ce qui peut la fausser

  • Non-respect des fenêtres horaires : les plages du laboratoire valent pour des prélèvements à 2 heures près.
  • Heure de réveil, sommeil écourté ou décalé, travail de nuit, voyages.
  • Stress aigu, douleur, effort intense, hypoglycémie : ils font monter le cortisol (compte rendu Genova).
  • Alcool, tabac, obésité, dépression, grossesse : ils font monter le cortisol.
  • Corticoïdes (comprimés, crèmes, inhalations) : ils faussent le dosage et freinent l'axe.
  • Salive souillée (sang des gencives, aliment, boisson) ou prélevée juste après un repas ou un café : suivez la notice du laboratoire.
  • Méthode de dosage et laboratoire : les plages diffèrent beaucoup d'un laboratoire à l'autre.

Ce que mesure l’analyse

Dans le sang, le cortisol circule surtout lié à une protéine. Une petite part reste libre et active. C’est cette fraction libre que l’on retrouve dans la salive. Le test prélève la salive à quatre moments de la journée, du matin au soir, pour dessiner la courbe du cortisol.

Le rythme normal est connu : un pic dans l’heure qui suit le réveil, une décroissance rapide en matinée, puis un lent déclin jusqu’à un creux nocturne (Genova). Une courbe qui reste haute le soir, ou qui s’aplatit, est parfois appelée « courbe plate » ou « pente aplatie ».

Comment se passe le prélèvement

Vous recueillez de la salive dans un tube ou sur un coton, à quatre moments. Genova indique des fenêtres de 7 h à 9 h, de 11 h à 13 h, de 15 h à 17 h et de 22 h à 24 h, à 2 heures près. Nutripath prévoit 8 h, 12 h, 16 h et 20 h. Notez l’heure réelle de chaque prélèvement et celle de votre réveil.

Suivez la notice du laboratoire : délai après un repas, un café ou le brossage des dents, absence de sang dans la salive. Signalez corticoïdes (comprimés, crèmes, inhalations), pilule, grossesse, travail de nuit et sommeil raccourci. Faites le test lors d’une journée habituelle, sans séance de sport intense.

Comment lire le résultat

L’unité est le nmol/L. Les plages dépendent du laboratoire et de la méthode. Genova (immunodosage EIA, adultes de 18 à 65 ans) donne 2,68 à 9,30 nmol/L pour le prélèvement du matin, 0,75 à 2,93 pour midi, 0,36 à 1,88 pour l’après-midi et une valeur inférieure ou égale à 0,94 le soir. Nutripath (Australie) donne 12,0 à 48,0 nmol/L le matin, 4,0 à 14,0 à midi, 2,0 à 11,0 l’après-midi et 1,0 à 8,0 le soir.

L’écart entre ces deux laboratoires, de l’ordre de quatre à cinq fois, montre pourquoi on ne compare jamais un résultat à la plage d’un autre laboratoire. Genova a d’ailleurs révisé certaines plages après un changement de fabricant de dosage.

Ce qui compte vraiment :

  • la forme générale de la courbe plus que chaque chiffre ;
  • le respect des horaires ;
  • la répétition du test avant toute conclusion, surtout pour le cortisol du soir.

Ce que dit la science

Niveau de preuve : émergent, sauf pour un usage précis. Pour la recherche d’un excès de cortisol (syndrome de Cushing), l’Endocrine Society recommande le cortisol salivaire de fin de soirée, mesuré au moins deux fois. Elle cite un seuil de 4 nmol/L (145 ng/dL) avec des méthodes validées pour cet usage (Nieman et al., 2008). Ce seuil n’a rien à voir avec les plages « normales » des laboratoires de médecine fonctionnelle, qui diffèrent selon la méthode.

Pour le reste, les données sont associatives. Une méta-analyse de 80 études trouve qu’une pente de cortisol plus plate va avec une moins bonne santé, avec un effet de taille faible à modérée (Adam et al., 2017). Cela ne permet pas de poser un diagnostic individuel. Quant à la « fatigue surrénalienne », fréquemment citée dans certains comptes rendus, une revue systématique conclut qu’aucune preuve ne la soutient comme maladie (Cadegiani et Kater, 2016).

Les analyses à associer

À retenir

  • Le test montre le rythme du cortisol libre : fort le matin, bas le soir.
  • Les plages diffèrent selon le laboratoire ; ne les comparez pas.
  • Respectez les horaires et signalez corticoïdes, pilule et sommeil décalé.
  • Un cortisol élevé le soir, retrouvé deux fois, justifie un avis d’endocrinologue.
  • La « fatigue surrénalienne » n’est pas une maladie reconnue : ne tirez pas de conclusion d’une courbe seule.

Testez-vous 5 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Peut-on comparer les valeurs de deux laboratoires pour le cortisol salivaire ?

  2. 02Peut-on prélever à n'importe quelle heure de la journée ?

  3. 03Quelle courbe est attendue au cours de la journée ?

  4. 04Le terme « fatigue surrénalienne » est-il reconnu comme une maladie ?

  5. 05Un cortisol salivaire élevé le soir suffit-il à diagnostiquer un syndrome de Cushing ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 6

  1. 1Genova Diagnostics (Europe). Adrenal Stress Profile (saliva), compte rendu type : fenêtres de prélèvement à 2 heures près, plages (EIA, nmol/L, adultes de 18 à 65 ans, intervalle à 95 %), commentaires sur la pente du rythme
  2. 2Nutripath (Melbourne, Australie). Adrenocortex Stress Profile, compte rendu type du 9 décembre 2025 : plages de cortisol salivaire à 8 h, 12 h, 16 h et 20 h
  3. 3Nieman LK, Biller BMK, Findling JW, Newell-Price J, Savage MO, Stewart PM, Montori VM. The diagnosis of Cushing's syndrome: an Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab 2008;93(5):1526-1540. DOI 10.1210/jc.2008-0125
  4. 4Adam EK, Quinn ME, Tavernier R, McQuillan MT, Dahlke KA, Gilbert KE. Diurnal cortisol slopes and mental and physical health outcomes: a systematic review and meta-analysis. Psychoneuroendocrinology 2017;83:25-41. DOI 10.1016/j.psyneuen.2017.05.018

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.