Ce que mesure l’analyse
Dans le sang, le cortisol circule surtout lié à une protéine. Une petite part reste libre et active. C’est cette fraction libre que l’on retrouve dans la salive. Le test prélève la salive à quatre moments de la journée, du matin au soir, pour dessiner la courbe du cortisol.
Le rythme normal est connu : un pic dans l’heure qui suit le réveil, une décroissance rapide en matinée, puis un lent déclin jusqu’à un creux nocturne (Genova). Une courbe qui reste haute le soir, ou qui s’aplatit, est parfois appelée « courbe plate » ou « pente aplatie ».
Comment se passe le prélèvement
Vous recueillez de la salive dans un tube ou sur un coton, à quatre moments. Genova indique des fenêtres de 7 h à 9 h, de 11 h à 13 h, de 15 h à 17 h et de 22 h à 24 h, à 2 heures près. Nutripath prévoit 8 h, 12 h, 16 h et 20 h. Notez l’heure réelle de chaque prélèvement et celle de votre réveil.
Suivez la notice du laboratoire : délai après un repas, un café ou le brossage des dents, absence de sang dans la salive. Signalez corticoïdes (comprimés, crèmes, inhalations), pilule, grossesse, travail de nuit et sommeil raccourci. Faites le test lors d’une journée habituelle, sans séance de sport intense.
Comment lire le résultat
L’unité est le nmol/L. Les plages dépendent du laboratoire et de la méthode. Genova (immunodosage EIA, adultes de 18 à 65 ans) donne 2,68 à 9,30 nmol/L pour le prélèvement du matin, 0,75 à 2,93 pour midi, 0,36 à 1,88 pour l’après-midi et une valeur inférieure ou égale à 0,94 le soir. Nutripath (Australie) donne 12,0 à 48,0 nmol/L le matin, 4,0 à 14,0 à midi, 2,0 à 11,0 l’après-midi et 1,0 à 8,0 le soir.
L’écart entre ces deux laboratoires, de l’ordre de quatre à cinq fois, montre pourquoi on ne compare jamais un résultat à la plage d’un autre laboratoire. Genova a d’ailleurs révisé certaines plages après un changement de fabricant de dosage.
Ce qui compte vraiment :
- la forme générale de la courbe plus que chaque chiffre ;
- le respect des horaires ;
- la répétition du test avant toute conclusion, surtout pour le cortisol du soir.
Ce que dit la science
Niveau de preuve : émergent, sauf pour un usage précis. Pour la recherche d’un excès de cortisol (syndrome de Cushing), l’Endocrine Society recommande le cortisol salivaire de fin de soirée, mesuré au moins deux fois. Elle cite un seuil de 4 nmol/L (145 ng/dL) avec des méthodes validées pour cet usage (Nieman et al., 2008). Ce seuil n’a rien à voir avec les plages « normales » des laboratoires de médecine fonctionnelle, qui diffèrent selon la méthode.
Pour le reste, les données sont associatives. Une méta-analyse de 80 études trouve qu’une pente de cortisol plus plate va avec une moins bonne santé, avec un effet de taille faible à modérée (Adam et al., 2017). Cela ne permet pas de poser un diagnostic individuel. Quant à la « fatigue surrénalienne », fréquemment citée dans certains comptes rendus, une revue systématique conclut qu’aucune preuve ne la soutient comme maladie (Cadegiani et Kater, 2016).
Les analyses à associer
- Réponse du cortisol au réveil : la montée du cortisol juste après le réveil.
- Cortisol sanguin : le cortisol total, pour confirmer un résultat.
- Cortisol libre urinaire : une autre mesure du cortisol libre sur 24 heures.
- Mélatonine salivaire : elle suit le rythme du sommeil, en miroir du cortisol.
À retenir
- Le test montre le rythme du cortisol libre : fort le matin, bas le soir.
- Les plages diffèrent selon le laboratoire ; ne les comparez pas.
- Respectez les horaires et signalez corticoïdes, pilule et sommeil décalé.
- Un cortisol élevé le soir, retrouvé deux fois, justifie un avis d’endocrinologue.
- La « fatigue surrénalienne » n’est pas une maladie reconnue : ne tirez pas de conclusion d’une courbe seule.