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Mélatonine salivaire

Aussi appelée DLMO (dim light melatonin onset) · Début de sécrétion de la mélatonine en lumière tamisée · Mélatonine salivaire nocturne

La mélatonine salivaire permet de repérer l'heure à laquelle l'horloge interne déclenche la sécrétion nocturne de mélatonine, le DLMO. C'est une référence en chronobiologie, mais l'usage clinique reste spécialisé.

Prélèvement de saliveFamille : croissance, appétit et métabolismePreuve émergente

Testez-vous en 4 questions

Le cadran

  • Seuil fixe du DLMO salivaire : premier échantillon qui dépas plus de 3 pg/mL

Source des repères : Benloucif S et coll., Measuring melatonin in humans, J Clin Sleep Med 2008;4(1):66-69.

pg/mL

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En bref

La mélatonine salivaire sert à repérer l'heure où l'horloge interne déclenche la sécrétion nocturne de mélatonine. Le recueil se fait en lumière tamisée, plusieurs fois dans la soirée.

À lire avec

Prélèvement de saliveProtocole en plusieurs prélèvements de salive dans la soirée, réalisé en centre du sommeil ou de chronobiologie, parfois avec un profil salivaire du cortisol.

pg/mLPreuve émergente3 sources

Profil sportif

Il n'existe pas de repère propre au sportif. Un athlète qui voyage beaucoup ou s'entraîne tard peut avoir un rythme décalé : le DLMO sert alors à situer l'horloge interne, pas à mesurer la qualité du sommeil ni la récupération.

Pourquoi on la demande

  • Situer l'heure de l'horloge interne devant un endormissement très tardif ou très précoce.
  • Documenter un décalage de l'horloge biologique avant de choisir une prise en charge avec un spécialiste du sommeil.
  • Étudier l'effet d'un travail de nuit ou d'un décalage horaire sur le rythme circadien (cadre spécialisé ou recherche).
  • Comprendre des difficultés d'endormissement ou de maintien du sommeil lorsqu'une hypothèse de décalage circadien est posée.

Valeur basse, valeur haute

Causes d’une valeur basse

  • Prélèvement fait avant le début de la sécrétion (physiologique)
  • Horloge interne en retard (DLMO tardif)
  • Exposition à la lumière pendant la collecte
  • Faible sécréteur de mélatonine (profil individuel)
  • Certains médicaments

Causes d’une valeur haute

  • Prélèvement fait après le début de la sécrétion nocturne (physiologique)
  • Horloge interne en avance (DLMO précoce)
  • Prise de mélatonine en complément
  • Contamination de l'échantillon

À savoir : ce qui peut la fausser

  • La lumière : au-dessus de 30 lux, elle freine la sécrétion de mélatonine et fausse le résultat.
  • La contamination de la salive par des particules alimentaires, des colorants ou du sang.
  • Une prise de mélatonine en complément, qui rend le résultat ininterprétable.
  • La fréquence des échantillons : toutes les heures ou toutes les demi-heures, l'heure estimée peut varier.
  • Le seuil choisi pour définir le DLMO (seuil fixe ou seuil relatif).
  • Certains médicaments et la caféine peuvent modifier la sécrétion : suivez la liste du laboratoire.
  • Un profil de « faible sécréteur » : pour certaines personnes, aucun seuil ne fonctionne bien.

Ce que mesure l’analyse

La mélatonine est l’hormone de la nuit biologique. La glande pinéale la fabrique sous le contrôle de l’horloge principale du cerveau, le noyau suprachiasmatique. Sa concentration commence à monter environ deux à trois heures avant l’heure habituelle d’endormissement, atteint son maximum au petit matin, puis retombe vers le réveil (Molina et Burgess, 2011).

Le DLMO (dim light melatonin onset, soit début de sécrétion de la mélatonine en lumière tamisée) est l’heure à laquelle la mélatonine salivaire commence à monter le soir. C’est le marqueur le plus fiable de la phase de l’horloge interne chez l’humain. Il dit à quelle heure biologique se trouve la personne, pas combien de temps elle dort.

Comment se passe le prélèvement

On recueille la salive toutes les 30 à 60 minutes dans la soirée, en lumière tamisée (moins de 30 lux), depuis au moins une heure avant et pendant toute la montée de la mélatonine (Benloucif et coll., 2008). La lumière freine la sécrétion et fausse le résultat. Il faut aussi éviter toute contamination de l’échantillon par des particules alimentaires, des colorants ou du sang. Ne prenez pas de mélatonine en complément avant le test sans l’avis du laboratoire.

Le recueil peut se faire à domicile avec des consignes précises. Dans une étude de 24 personnes se plaignant de difficultés de sommeil, le DLMO obtenu à domicile différait en moyenne de 37 minutes de celui obtenu en laboratoire avec un seuil fixe, et il était exact chez 62,5 % des participants (Sleep Med, 2012).

Comment lire le résultat

Le résultat s’exprime en pg/mL. On ne lit pas une valeur isolée mais la courbe : l’heure où la concentration dépasse un seuil et y reste. Benloucif et coll. (2008) retiennent pour la salive un seuil fixe de 3 pg/mL (le DLMO est le premier échantillon qui dépasse ce seuil et reste au-dessus). Ils retiennent aussi un seuil relatif, deux écarts-types au-dessus de la moyenne des trois premiers points de la journée. Dans le plasma, les concentrations sont environ trois fois plus élevées que dans la salive : 3 pg/mL dans la salive correspondent à environ 10 pg/mL dans le plasma.

Le choix du seuil modifie l’heure obtenue. Le seuil relatif donne un DLMO plus précoce de 22 à 24 minutes en moyenne que le seuil de 3 pg/mL. Le seuil fixe varie moins d’une personne à l’autre mais s’éloigne du début réel de la montée (Molina et Burgess, 2011). Un prélèvement toutes les heures donne en moyenne un DLMO de 6 à 8 minutes plus tôt qu’un prélèvement toutes les demi-heures, mais dans une minorité de cas, jusqu’à 19 %, l’écart dépasse 30 minutes. Certaines personnes sont de « faibles sécréteurs » : pour elles, aucun seuil ne fonctionne bien (Sleep Med, 2012).

Ce que dit la science

Le DLMO est la référence en chronobiologie pour estimer la phase circadienne, et il sert de point de départ à de nombreux travaux. En 2008, un groupe d’experts a proposé par consensus (méthode RAND modifiée) des recommandations de recueil pour les cliniciens et les chercheurs (Benloucif et coll., 2008). Son usage clinique reste spécialisé. À notre connaissance, aucune recommandation officielle française n’en fait un examen de routine.

Un DLMO très tardif ou très précoce peut documenter un décalage de l’horloge interne, mais ne suffit pas à conclure à un trouble du sommeil : l’interprétation revient à un spécialiste, avec l’histoire du sommeil et l’agenda de la personne. Niveau de preuve : émergent, au sens d’un usage surtout de recherche et d’expertise.

Les analyses à associer

Le DLMO se lit avec la 6-sulfatoxymélatonine urinaire (qui estime la mélatonine produite sur toute la nuit), le cycle du cortisol salivaire et la réponse du cortisol au réveil, deux profils qui suivent eux aussi un rythme de 24 heures.

À retenir

  • Le DLMO situe l’horloge interne : il ne mesure ni la durée ni la qualité du sommeil.
  • Le recueil se fait en lumière tamisée, sans contamination de la salive ni complément de mélatonine.
  • Le seuil le plus utilisé dans la salive est 3 pg/mL ; le choix du seuil et de la fréquence de prélèvement modifie l’heure obtenue.
  • L’interprétation revient à un spécialiste du sommeil.

Testez-vous 4 questions pour vérifier ce que vous avez retenu

Une question à la fois, la réponse expliquée tout de suite.

  1. 01Que signifie DLMO ?

  2. 02Pourquoi faut-il rester en lumière tamisée pendant le recueil ?

  3. 03Selon Benloucif et coll. (2008), quel seuil fixe définit le DLMO dans la salive ?

  4. 04Un DLMO très tardif permet-il, à lui seul, de conclure à un trouble du sommeil ?

Un proche attend ses résultats ?

Envoyez-lui cette fiche : les repères selon le profil, ce qui peut fausser le chiffre et les sources.

Sources · 3

  1. 1Benloucif S, Burgess HJ, Klerman EB, Lewy AJ, Middleton B, Murphy PJ, Parry BL, Revell VL. Measuring melatonin in humans. J Clin Sleep Med 2008;4(1):66-69. PMID 18350967.
  2. 2Molina TA, Burgess HJ. Calculating the dim light melatonin onset: the impact of threshold and sampling rate. Chronobiol Int 2011;28(8):714-718. PMID 21823817.
  3. 3Laboratory validation of an in-home method for assessing circadian phase using dim light melatonin onset (DLMO). Sleep Med 2012;13(6):703-706. doi:10.1016/j.sleep.2011.11.008. PMID 22445311.

Une analyse se lit avec votre médecin : cette fiche explique, elle ne remplace ni un diagnostic ni les normes de votre laboratoire.