Ce que mesure l’analyse
Le GLP-1 (glucagon-like peptide 1) est une hormone fabriquée par des cellules endocrines de la paroi de l’intestin, les cellules L, à partir du proglucagon, le précurseur qui donne aussi le glucagon. Après un repas, il stimule la sécrétion d’insuline (c’est ce qu’on appelle un effet « incrétine »), freine celle du glucagon, ralentit la vidange de l’estomac et participe à la régulation de l’appétit (Holst, 2007).
Sa durée de vie est très courte. Une enzyme, la DPP-4 (dipeptidyl peptidase 4), l’inactive en quelques minutes. Le fabricant ALPCO situe la demi-vie de la forme active, le GLP-1 (7-36) amide, entre une minute et demie et deux minutes. On distingue donc le GLP-1 actif, ses métabolites inactifs et le GLP-1 total, qui regroupe plusieurs formes.
Comment se passe le prélèvement
La fragilité du GLP-1 impose un prélèvement spécifique. Le sang est recueilli dans un tube EDTA contenant un inhibiteur de la DPP-4. Certains fabricants proposent un tube préparé, d’autres demandent d’ajouter l’inhibiteur à la main juste après le prélèvement. Le tube est ensuite placé sur la glace. Pour son kit de GLP-1 actif, ALPCO demande une centrifugation à froid dans l’heure. Sans inhibiteur, la forme active est détruite et le résultat est sous-estimé.
L’état à jeun ou après un repas change beaucoup la valeur : le moment du dernier repas doit être noté par le préleveur.
Comment lire le résultat
Il n’existe pas d’intervalle de référence reconnu pour le GLP-1. Cette fiche ne donne donc aucun repère chiffré. Le résultat s’exprime en pmol/L.
Les kits du commerce ne mesurent pas les mêmes formes. Une comparaison publiée a montré que le kit MSD « total » détectait les six formes de GLP-1, mais récupérait mal les formes inactives dans le plasma. Elle a montré que le kit Millipore « total » détectait surtout les formes amidées dans le plasma. Enfin, l’allure de la réponse après un repas était semblable d’un kit à l’autre, mais les concentrations absolues variaient (Bak et coll., 2014).
Ce qui compte : un protocole standardisé (repas test, heures de prélèvement fixes) et toujours le même kit. Une valeur isolée à jeun donne très peu d’information.
Ce que dit la science
La physiologie du GLP-1 est bien établie (Holst, 2007 ; Gribble et Reimann, 2021). Son rôle d’incrétine a conduit à des médicaments qui activent son récepteur ou qui ralentissent sa dégradation en bloquant la DPP-4. Chez des personnes traitées par un inhibiteur de la DPP-4, les kits ELISA du commerce peuvent sous-estimer l’activité des incrétines, d’après une étude comparant un bioessai à ces kits (Front Endocrinol, 2020).
Le dosage reste surtout expérimental : on le mesure dans des protocoles de repas test, par exemple pour comparer l’effet d’un régime ou d’un médicament. À notre connaissance, aucune recommandation officielle ne prévoit son dosage en pratique courante. Niveau de preuve : émergent.
Les analyses à associer
Le GLP-1 se lit avec le glucagon (que le GLP-1 freine après un repas), l’insuline à jeun, le peptide C (qui reflète la production d’insuline par le pancréas) et la ghréline, une autre hormone digestive qui agit sur l’appétit.
À retenir
- Le GLP-1 est détruit en quelques minutes : le tube doit contenir un inhibiteur de la DPP-4.
- Il augmente après un repas, donc l’heure du dernier repas compte.
- Les kits ne mesurent pas tous les mêmes formes et leurs résultats ne se comparent pas.
- Dosage de recherche, sans intervalle de référence reconnu.