Ce que mesure l’analyse
L’hormone de croissance (GH, ou somatotropine) est fabriquée par l’hypophyse, une petite glande à la base du cerveau. Selon Mayo Clinic Laboratories, elle est libérée en réponse à l’exercice, au sommeil profond, à l’hypoglycémie et à la prise de protéines. Elle stimule la production d’IGF-1 par le foie et mobilise les graisses. Sa sécrétion est pulsatile : le taux sanguin varie fortement d’un moment à l’autre, et une mesure isolée est de peu de valeur.
Comment se passe le prélèvement
Mayo exige un jeûne avant le prélèvement. Pour un test de freinage (charge orale en glucose) ou de stimulation (hypoglycémie insulinique, glucagon, macimorelin), plusieurs prélèvements sont faits à des horaires précis, en centre spécialisé et sous surveillance. Selon le consensus de 2023 (Giustina et al.), les œstrogènes par voie orale peuvent être arrêtés environ 4 semaines avant la charge en glucose, sur avis médical.
Comment lire le résultat
L’unité est le µg/L (ng/mL). Mayo (immunodosage ultrasensible, adulte à jeun) donne 0,02 à 0,97 ng/mL chez l’homme et 0,02 à 3,61 ng/mL chez la femme. Ces valeurs de base n’ont pas de sens diagnostique par elles-mêmes.
Pour l’acromégalie, l’Endocrine Society (2014) confirme le diagnostic, quand l’IGF-1 est élevé ou douteux, par l’absence de freinage de la GH sous 1 µg/L après une charge en glucose. Le consensus de 2023 évoque des seuils plus bas avec les dosages ultrasensibles : moins de 0,4 µg/L pour un IMC inférieur à 25, moins de 0,2 µg/L pour un IMC de 25 ou plus. Mayo cite aussi un seuil de nadir de 0,53 ng/mL (Bancos et al., 2013) pour distinguer rémission et maladie active.
Pour le déficit en GH de l’adulte, l’algorithme de l’AACE/ACE 2019 (repris par ARUP) retient un pic de GH inférieur ou égal à 5,0 µg/L après hypoglycémie insulinique, 3,0 µg/L au glucagon pour un IMC inférieur à 25, 1,0 µg/L au glucagon en cas d’obésité, et 2,8 µg/L après macimorelin.
Ce que dit la science
L’Endocrine Society (2014) déconseille de se fier à une GH isolée pour dépister l’acromégalie, en raison de la sécrétion par pics. Pour le déficit en GH, l’Endocrine Society (2011) recommande des tests de stimulation et suggère de les doubler dans certaines situations en raison d’un taux de faux positifs. L’IGF-1 reste le premier dosage : Mayo indique qu’il est le test recommandé pour apprécier la sécrétion de GH chez l’enfant bien portant.
Les dosages de GH vendus sans cadre médical n’ont pas de valeur démontrée pour évaluer la performance, le sommeil ou le vieillissement. La GH est aussi une substance interdite par l’Agence mondiale antidopage.
Les analyses à associer
L’IGF-1 et l’IGFBP-3 sont les analyses de base de cet axe. La glycémie à jeun et l’hyperglycémie provoquée par voie orale interviennent dans les tests de freinage.
À retenir
- La GH est sécrétée par à-coups : une mesure isolée est peu informative.
- L’IGF-1 se dose en premier pour dépister l’acromégalie.
- Le freinage de la GH sous 1 µg/L après une charge en glucose est le repère de l’Endocrine Society.
- Le déficit en GH de l’adulte se confirme par un test de stimulation, en centre spécialisé.
- Effort, sommeil, jeûne et alimentation modifient fortement le résultat.