Ce que mesure l’analyse
L’IGF-1 (facteur de croissance analogue à l’insuline de type 1, ou somatomédine C) est un peptide de 70 acides aminés. Selon Mayo Clinic Laboratories, il est le principal médiateur des effets de l’hormone de croissance (GH), et le foie en est la source principale. La GH est sécrétée par l’hypophyse par à-coups, alors que l’IGF-1 circule de façon stable. Il circule surtout lié à une protéine porteuse, l’IGFBP-3.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang veineuse. Mayo n’impose pas de précaution d’horaire particulière pour l’IGF-1, car il varie peu au cours de la journée, contrairement à la GH. Suivez les consignes de votre laboratoire. Signalez tout traitement hormonal, notamment les œstrogènes par voie orale ou l’hormone de croissance.
Comment lire le résultat
L’unité est le µg/L (identique au ng/mL). Les repères dépendent de l’âge, du sexe et de la méthode. Mayo (spectrométrie de masse, LC/MS) donne, par exemple, 108 à 548 µg/L à 18-19 ans, 53 à 331 µg/L de 30 à 39 ans, 50 à 317 µg/L de 50 à 59 ans, 34 à 245 µg/L de 70 à 79 ans. Il exprime aussi le résultat en z-score, avec des limites de −2,0 à +2,0 écarts-types.
L’étude de Bidlingmaier et al. (2014), réalisée chez 15 014 personnes de 0 à 94 ans avec un immunodosage automatisé, montre un pic à la puberté (vers 15 ans), puis une baisse continue. Les femmes ont en moyenne des valeurs un peu plus basses. Ces repères sont propres à la méthode : n’utilisez jamais ceux d’un autre laboratoire.
Ce que dit la science
Pour l’acromégalie, l’Endocrine Society (2014) recommande l’IGF-1 comme test initial. Si l’IGF-1 est élevé ou douteux, on confirme par une charge orale en glucose avec dosage de la GH. Le consensus de 2023 (Giustina et al.) retient, parmi ses critères, un IGF-1 supérieur à 1,3 fois la limite supérieure pour l’âge. Pour le déficit en GH chez l’adulte, l’Endocrine Society (2011) indique qu’un IGF-1 bas augmente la probabilité du diagnostic, qui repose le plus souvent sur un test de stimulation.
L’IGF-1 est aussi un marqueur nutritionnel : Mayo indique que la malnutrition l’abaisse, qu’il remonte avec une alimentation adéquate et qu’il est plus sensible que la préalbumine pour suivre la renutrition. Les sources consultées ne valident aucune cible d’IGF-1 « optimale » pour la performance ou la longévité : un résultat dans les repères pour l’âge est le seul repère établi.
Les analyses à associer
L’IGFBP-3 complète l’IGF-1. L’hormone de croissance s’interprète lors de tests dynamiques. L’insuline à jeun et la TSH aident à comprendre une valeur basse.
À retenir
- L’IGF-1 est le test de première intention de l’acromégalie.
- Les repères dépendent de l’âge, du sexe et de la méthode.
- Dénutrition, maladie du foie et hypothyroïdie l’abaissent.
- Un IGF-1 bas ne suffit pas à diagnostiquer un déficit en hormone de croissance.
- Aucune cible « optimale » n’est validée : le repère est l’intervalle pour l’âge.