Ce que mesure l’analyse
L’IGFBP-3 (protéine de liaison de l’IGF-1 de type 3) est un peptide de 264 acides aminés fabriqué par le foie. Selon Mayo Clinic Laboratories, c’est la plus abondante des protéines qui transportent l’IGF-1 dans le sang : elle contrôle sa disponibilité et sa durée de vie. L’IGF-1 libre disparaît en quelques minutes, alors que le complexe IGF-1/IGFBP-3 est éliminé beaucoup plus lentement (environ 12 heures).
La synthèse de l’IGFBP-3 est principalement commandée par l’hormone de croissance (GH). Son dosage reflète donc, comme celui de l’IGF-1, l’activité de la GH sur la durée.
Comment se passe le prélèvement
C’est une prise de sang veineuse. Mayo demande d’arrêter, 12 heures avant le prélèvement, les multivitamines et les compléments contenant de la biotine (vitamine B7), très fréquents dans les produits « cheveux, peau, ongles », car la biotine peut perturber l’immunodosage. Le sérum se conserve congelé de préférence ; à température ambiante ou au froid, il reste utilisable 72 heures. Un échantillon fortement hémolysé ou ictérique peut être refusé.
Comment lire le résultat
L’unité est le mg/L (équivalent à µg/mL). Mayo (immunodosage chimioluminescent, repères de Friedrich et al., 2014) donne, par exemple, 3,4 à 7,8 mg/L à 21-25 ans, 3,3 à 6,6 mg/L à 41-45 ans, 3,2 à 6,6 mg/L à 61-65 ans, 2,5 à 5,1 mg/L à 76-80 ans, 2,2 à 4,5 mg/L à 81-85 ans. Les repères changent beaucoup avec l’âge : un résultat se lit toujours selon l’âge, et avec les repères de la méthode utilisée.
Mayo précise que les taux d’IGF-1 et d’IGFBP-3 inférieurs au 2,5e percentile pour l’âge sont compatibles avec un déficit en GH ou une résistance sévère, mais que des déficits partiels peuvent donner des valeurs dans les repères. À l’inverse, des valeurs élevées indiquent une surproduction soutenue de GH ou un traitement excessif.
Ce que dit la science
Pour tous les usages, Mayo indique que l’IGF-1 a une meilleure sensibilité et spécificité que l’IGFBP-3, qui se combine donc habituellement avec lui. Pour l’acromégalie, l’IGFBP-3 n’apporte pratiquement rien de plus que l’IGF-1. En revanche, la combinaison des deux paraît supérieure à chaque dosage seul pour diagnostiquer un déficit ou une résistance à la GH et pour surveiller un traitement par GH, avec un objectif de valeurs dans les repères, de préférence entre le tiers moyen et le tiers supérieur.
L’étude de Friedrich et al. (2014) a établi des intervalles par âge et par sexe à partir de 14 970 sujets. Mayo ajoute que l’IGFBP-3 ne peut pas être utilisée de façon fiable comme marqueur pronostique des cancers du sein, du côlon, de la prostate ou du poumon. Aucun usage de bien-être n’est validé.
Les analyses à associer
L’IGF-1 est le partenaire naturel. L’hormone de croissance s’interprète lors de tests dynamiques. L’albumine et l’insuline à jeun aident à lire le contexte nutritionnel et métabolique.
À retenir
- L’IGFBP-3 transporte l’IGF-1 et reflète l’activité de la GH.
- L’IGF-1 est plus performante : on dose les deux ensemble.
- Arrêtez la biotine 12 heures avant le prélèvement, selon Mayo.
- Les repères dépendent de l’âge et de la méthode.
- Une valeur basse ou élevée se discute avec un médecin.